Jour 15 : missiles à sous-munitions sur Nes Tsiona, un enfant blessé à Eilat, un immeuble rasé

Le quinzième jour de la guerre a confirmé ce que beaucoup redoutaient : l’Iran ne relâche pas la pression, et les armes qu’il utilise deviennent de plus en plus préoccupantes. Ce samedi 14 mars, des tirs de missiles iraniens ont frappé plusieurs régions d’Israël simultanément — le centre du pays, le nord, Jérusalem, Eilat — causant des dégâts matériels significatifs et des blessés civils, dont un enfant.

À Nes Tsiona, une maison résidentielle a été entièrement détruite par l’impact. Le maire de la ville, Shmuel Bukser, a confirmé les faits avec un soulagement mêlé d’effroi : personne ne se trouvait dans le bâtiment au moment de la frappe. La maison, construite en 1950, n’a pas résisté. Une témoin oculaire présente sur les lieux a décrit le moment de l’impact : une détonation d’une violence extrême, puis la perte de conscience. Un chauffeur de taxi l’a relevée. Le parking attenant a également subi des dégâts.

À Eilat, l’armée israélienne estime que le missile utilisé transportait des sous-munitions — technique qui consiste à disperser de petites bombes sur une large superficie au moment de l’explosion. Des habitations ont été endommagées dans la ville. Un enfant a été blessé modérément par des éclats d’un missile intercepté.

missiles eilat

La menace des missiles à sous-munitions : un tournant dans le conflit

Ce détail technique mérite qu’on s’y arrête. L’armée israélienne estime que l’un des missiles tirés vers le centre du pays lors de cette salve transportait également des sous-munitions — le quinzième de ce type à avoir traversé les défenses israéliennes depuis le début du conflit. À titre de comparaison, lors de la précédente campagne militaire, seuls trois missiles à sous-munitions avaient réussi à pénétrer le dispositif défensif.

Les chiffres révèlent une réalité alarmante : sur l’ensemble des quelque 250 missiles lancés par l’Iran vers Israël depuis le début de cette guerre, environ la moitié seraient des missiles à sous-munitions. Des experts soulignent que l’utilisation de ce type d’armement contre des populations civiles constitue une violation grave du droit international des conflits armés. Les sous-munitions sont moins létales qu’un missile conventionnel à condition que les civils se soient réfugiés dans des abris — ce qui reste le message central des autorités israéliennes à la population.

Jérusalem, les Qrayot, le Golan : une géographie de la terreur

La salve du jour n’a pas épargné d’autres régions. Des alertes ont retenti dans les Qrayot, dans la région de Haïfa. Des fragments d’interception sont tombés en plusieurs points de Jérusalem, endommageant des biens et des infrastructures, selon la police. La route 4 en direction du sud, au niveau de Kafr Masrik, a dû être fermée à la circulation après la chute d’un élément d’armement. Des alertes ont également été activées à Safed et dans ses environs, ainsi que dans de nombreuses localités du Golan et de la Galilée supérieure, en raison de menaces de drones.

L’Iran vise les intérêts américains dans le Golfe

Sur un autre front, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a revendiqué ce samedi des attaques contre des succursales de banques américaines dans la région du Golfe. Le porte-parole du CGRI a présenté ces frappes comme des représailles directes aux attaques américaines contre des banques iraniennes. L’avertissement est explicite : si ces frappes se répètent, toutes les implantations bancaires américaines dans la région seront considérées comme des cibles légitimes.

Allègement des restrictions dans le Sud dès lundi

Au milieu de ce contexte tendu, le commandement du front intérieur a annoncé un assouplissement partiel des restrictions dans le sud du pays à partir de lundi matin. Les activités éducatives dans les zones disposant d’abris accessibles seront autorisées. Les rassemblements jusqu’à 100 personnes à l’intérieur de bâtiments seront permis. L’armée précise toutefois que des alertes restent possibles dans le Sud, même si la probabilité d’une menace y est désormais évaluée comme plus faible.

Un témoignage vidéo de la chute à Nes Tsiona a circulé sur les réseaux sociaux, partagé par Haaretz News : https://twitter.com/haaretznewsvid/status/1 — [תיעוד: נפילה במרכז הארץ לאחר שיגור מאיראן]

logo alerte infos