La France a dĂ©missionnĂ© de son rĂ´le dans la lutte contre l’antisĂ©mitisme

Capture écran France 24 -Sarah Halimi ZAL

La communautĂ© juive est furieuse de la dĂ©cision des juges de ne pas poursuivre le meurtrier islamiste de l’enseignante juive Sarah Halimi ZAL .

Les critiques, la colère et les points d’interrogation parmi les membres de la communautĂ© juive en France Ă  la suite de la dĂ©cision des juges d’ enquĂŞ-ter sur le meurtre de l’enseignante juive Sarah Halimi en France, selon lesquels son meurtrier musulman n’Ă©tait pas responsable de ses actes pendant le meurtre. Cela est dĂ», entre autres, Ă  la consommation de cannabis.

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Les juges ont notĂ© qu’il avait perdu son « sens de l’auto-jugement » en utilisant des opinions psychiatriques. En pratique, selon les juges, le meurtre n’était pas antisĂ©mite, comme l’avait initialement dĂ©terminĂ© l’accusation. La dĂ©cision a suscitĂ© une grande colère dans la communautĂ© juive, le ministère public a interjetĂ© l’appel et une nouvelle audience aura lieu en prĂ©sence de trois juges.

Francis Kalifa, chef de l’organisation du CRIF, l’organisation française qui chapeaute les organisations juives, a rĂ©pondu Ă  la question sur « IsraĂ«l aujourd’hui » lors d’un point de presse qu’il a donnĂ© aux bureaux de l’Agence juive Ă  Paris. « Nous avons anticipĂ© la dĂ©cision des juges et ce n’est pas une surprise. »

« Ce qui nous surprend légalement, c’est que si un conducteur est impliqué dans un accident pour cette même raison, il est jugé responsable, mais ici, dans le cas d’un meurtre, le fait de tuer un être humain qui implique des drogues abolit complètement la responsabilité du meurtrier. »

« De notre point de vue, il s’agit sans aucun doute d’un Ă©vĂ©nement antisĂ©mite, mais le meurtrier a appelĂ© plusieurs fois, notamment » Allah Akbar « avant de la tuer.

Le dĂ©putĂ© Meir Habib a adressĂ© Ă  IsraĂ«l Hayom des propos plus durs : « J’ai honte et je suis triste car j’estime qu’au-delĂ  des grands discours, la France a renoncĂ© Ă  son rĂ´le dans » la lutte contre l’antisĂ©mitisme « .

« De plus en plus de Juifs français pensent qu’ils n’ont pas d’avenir dans leur pays, et la dĂ©cision des juges de cette semaine ne fait que renforcer leur revendication. En tant que membre du Parlement, je n’ai pas tendance Ă  critiquer les dĂ©cisions judiciaires, mais en tant que personne, je suis choquĂ© par la dĂ©cision des juges de ne pas reconnaĂ®tre l’antisĂ©mitisme et de ne pas poursuivre le meurtrier odieux de Sarah Halimi », a dĂ©clarĂ© Habib.

Meir Habib a ajoutĂ© : « Il ne fait aucun doute que le meurtre a pour toile de fond une motivation antisĂ©mite et je pense qu’il est inconcevable qu’il n’y ait pas de procès pour ce crime grave. La torturant d’une manière très difficile, en disant «Allah Akbah» et finalement la jetter par la fenĂŞtre de sa maison.

« De nombreux points d’interrogation dĂ©coulent de la conduite de ce procès. Comment ce meurtrier a-t-il Ă©tĂ© libĂ©rĂ© après quelques mois dans un hĂ´pital psychiatrique ?  Qu’est-ce qui la rendu fou, tout comme le meurtrier toulousain et les meurtriers de Charly Hebdo, l’hyper-casher, mais est-ce que cela signifie qu’ils ne sont pas responsable de leurs  actes ? »

« Lorsqu’une personne se saoule et commet un dĂ©lit, il s’agit d’une circonstance aggravante. Lorsqu’une personne a besoin de drogue et tue une femme, elle n’est pas responsable de ses actes. Bienvenue dans un monde fou. »

Le directeur d’une grande synagogue du centre de Paris (qui a demandĂ© que son nom ne soit pas mentionnĂ©) a parlĂ© avec la mĂŞme sĂ©vĂ©ritĂ© :

« Beaucoup de mes collègues ont perdu confiance quand il est devenu clair, mĂŞme au dĂ©but, que la police avait Ă©tĂ© convoquĂ©e par des tĂ©moins oculaires et avait entendu le meurtre. Ils sont restĂ©s derrière la porte pendant environ 17 minutes sans aider Mme Halimi et attendirent un soutien supplĂ©mentaire. Nous ne semblons pas sĂ©rieux, et le manque mĂ©diatique n’a fait qu’ajouter Ă  ce sentiment. « 

Le musulman islamiste a longtemps maltraitĂ© Halimi en criant «Allah est Akbar» et «Satan» en arabe. Après lui avoir Ă©crasĂ© le visage et fracassĂ© le crâne avec ses poings, il l’a jetĂ©e Ă  par la fenĂŞtre du troisième Ă©tage.

Il y a deux ans, les voisins de Halimi, tĂ©moins du meurtre, ont dĂ©clarĂ© que les policiers qui s’Ă©taient rendus sur les lieux avaient entendu les cris de Halimi, mais n’Ă©taient pas intervenus.