La France est hypocrite sur Israël, les États-Unis et le «droit international»

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Avec plusieurs autres pays europĂ©ens, la France s’est fortement opposĂ©e Ă  la dĂ©cision amĂ©ricaine de transfĂ©rer son ambassade dans la capitale israĂ©lienne. Pour soutenir sa position, Paris a affirmĂ©, sur la base de diverses rĂ©solutions de l’ONU, que le droit international milite contre la reconnaissance de JĂ©rusalem comme capitale de l’Etat juif. Ces affirmations juridiques, Ă©crit Michel Gurfinkiel, sont embrouillĂ©es, au mieux :

La France et l’UE affirment que les lignes de cessez-le-feu de 1949 entre IsraĂ«l et la Jordanie dans la rĂ©gion de JĂ©rusalem (la «ligne verte») constituent une frontière internationale. Si tel Ă©tait bien le cas, les secteurs de JĂ©rusalem dĂ©tenus par IsraĂ«l [après le cessez-le-feu] seraient des territoires israĂ©liens internationalement reconnus ; en consĂ©quence, IsraĂ«l aurait le droit de les transformer en sa capitale, et les Etats-Unis, ou tout autre pays, d’y installer son ambassade.

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De mĂŞme, la France et les pays de l’UE reconnaissent dĂ©jĂ  JĂ©rusalem comme capitale de facto d’IsraĂ«l, puisqu’ils visitent rĂ©gulièrement le gouvernement israĂ©lien ou le parlement israĂ©lien. En droit international, une reconnaissance de facto est aussi valable qu’une reconnaissance.

Paris et Bruxelles [par consĂ©quent] signalent la rĂ©solution 470 du Conseil de sĂ©curitĂ©, adoptĂ©e le 20 aoĂ»t 1980, qui condamne la promulgation par le parlement israĂ©lien d’une loi constitutionnellement contraignante consacrant JĂ©rusalem comme capitale d’IsraĂ«l et appelle les gouvernements dĂ©jĂ  Ă©tablis en ambassades dans cette ville de les retirer. La rĂ©solution 470 Ă©tait largement fondĂ©e sur la RĂ©solution de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale n° 303 du 9 dĂ©cembre 1949.

Cependant, soutient Gurfinkiel, la France refuse de s’appliquer cette mĂŞme logique Ă  elle mĂŞme, comme en tĂ©moigne le cas de l’Ă®le de Mayotte. Mayotte a Ă©tĂ© une colonie française avec les autres Ă®les Comores, mais lorsque les Comores sont devenues indĂ©pendants, leur population a votĂ© Ă  plusieurs reprises pour faire partie de la France, qui Ă  ce jour traite l’Ă®le comme la sienne.