Dans un message publié quelques minutes après le début du sabbat, Bennett a écrit : « Il est difficile pour moi et pour beaucoup d’autres de comprendre ce qu’il est advenu de vous et pourquoi vous choisissez de défendre le gouvernement par défaut et d’organiser ceux sous la surveillance desquels les citoyens d’Israël ont été dépossédés. »
Amit Segal, non laissé insatisfait, a publié un message plus dur à la fin du sabbat dans lequel il a mis Bennett en pièces.
Au cours des dernières heures, une confrontation houleuse s’est dĂ©veloppĂ©e entre l’ancien Premier ministre Naftali Bennett et le journaliste Amit Segal, lorsque Bennett a publiĂ© une attaque violente contre le commentateur politique de News 12 sur le rĂ©seau X (anciennement Twitter).
Dans un message publiĂ© quelques minutes après le dĂ©but du Shabbat, Bennett a Ă©crit : « Il est difficile pour moi et pour beaucoup d’autres de comprendre ce qu’il est advenu de vous et pourquoi vous choisissez de dĂ©fendre le gouvernement par dĂ©faut et d’organiser ceux sous la surveillance desquels les citoyens d’IsraĂ«l ont Ă©tĂ© dĂ©possĂ©dĂ©s. » Bennett a plus tard accusĂ© Segal d’ĂŞtre devenu un « serviteur pitoyable » et a affirmĂ© : « Vous Ă©tiez un journaliste respectĂ©, cher collègue. Vous ĂŞtes devenu un trompettiste mĂ©prisĂ©. C’est une honte. »
Dans une longue rĂ©ponse publiĂ©e, Amit Segal a fait rĂ©fĂ©rence Ă Â l’attaque de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett contre lui , dans laquelle il l’a qualifiĂ© de « shofar ». Bennett a publiĂ© son message 17 minutes après le dĂ©but du Shabbat Ă JĂ©rusalem, la ville de rĂ©sidence de Segal :Â
 » Quelques semaines après le dĂ©but de la guerre, j’ai dĂ©crochĂ© une interview exclusive sur « Meet the Press » vec Naftali Bennett, ancien Premier ministre. Comme vous le savez, avec Bennett, un mot est un mot et une promesse fondamentale est une promesse fondamentale, et pourtant j’ai Ă©tĂ© surpris lorsqu’il m’a appelĂ© vendredi : « Vraiment dĂ©solĂ©, Amit, je suis terriblement dĂ©calĂ© Ă cause du vol, je me ferais interviewai la semaine prochaine, ma parole. »
Un an et quart s’est Ă©coulĂ© et le pauvre homme n’a toujours pas surmontĂ© sa dĂ©pression. La vĂ©ritĂ©, c’est que je peux comprendre Bennett. Si l’on examine les sondages, disons le dernier de Mano Geva, environ la moitiĂ© de ses Ă©lecteurs potentiels ont soutenu le bloc Netanyahu lors des dernières Ă©lections et l’autre moitiĂ© le bloc rival. Seul un fou ou une personne particulièrement morale viendrait se faire interviewer alors qu’il est absolument clair que chacune de ses dĂ©clarations va aliĂ©ner la moitiĂ© de ses Ă©lecteurs. C’est obscène sur le plan des principes, mais politiquement, c’est intelligent.
C’est pourquoi, lorsque l’ancien Premier ministre et actuel leader des sondages a publiĂ© un message particulièrement long sur X contre moi 17 minutes après le dĂ©but du Shabbat Ă JĂ©rusalem, le premier rĂ©flexe des ploucs comme moi a Ă©tĂ© de riposter avec fureur. Mais heureusement qu’il y avait Shabbat, car pendant ce temps, ma curiositĂ© de commentateur politique a Ă©tĂ© Ă©veillĂ©e : que s’est-il passĂ©, en fait, pour que l’homme ne dise pas un mot sur l’accord sur les otages, Ă©vite toute position sur les combats dans le nord, ne dise rien sur l’annexion ou le transfert, mais le seul sujet qu’il a abordĂ© sans Ă©luder ou se tromper Ă©tait le commentateur politique de News 12 ? MĂŞme moi, je ne m’estime pas autant important. L’homme qui n’a presque rien dit sur le refus pendant l’annĂ©e de protestation et qui ne dit rien ces jours-ci, qui ne commente pas – veut-il vraiment parler avec un journaliste ?
La raison immĂ©diate de cette colère est liĂ©e Ă certains rappels passĂ©s que j’ai Ă©voquĂ©s Ă propos de ses attaques dĂ©bridĂ©es du passĂ© contre la Haute Cour, alors qu’aujourd’hui Ayelet Shaked appelle au respect de la dĂ©cision de la Haute Cour. En mĂŞme temps, j’ai aussi Ă©voquĂ© l’Ă©poque oĂą Netanyahou faisait l’Ă©loge de la Haute Cour de justice. J’ai dĂ©jĂ suivi six Premiers ministres et j’ai travaillĂ© d’arrache-pied pour les archives de chacun d’eux. Sharon vous ignorait jusqu’Ă ce que vous ne soyez plus sĂ»r de pouvoir diffuser, Olmert ne commentait pas, Netanyahou ne rĂ©pondait pas, Lapid souriait avec dĂ©dain, Barak Ă©changeait des plaisanteries avec vous. Le seul Ă avoir osĂ© se montrer Ă fleur de peau, c’Ă©tait Bennett. Alors pourquoi ?
Voici l’explication Ă mon avis. Bennett est dĂ©sormais comme quelqu’un dans la salle d’interrogatoire des mĂ©dias qui, sur les conseils de ses conseillers, doit maintenir le droit de garder le silence pour ne pas se faire de mal. Mais Bennett a une peur primordiale de la pĂ©riode oĂą il Ă©tait Premier ministre avec six sièges de droite dans un gouvernement de centre-gauche : Ă l’Ă©poque, tous ceux qui votaient pour lui ne sympathisaient pas avec lui, et tous ceux qui sympathisaient avec lui ne votaient pas pour lui. Le rĂ©sultat fut que Bennett devint le premier Premier ministre de l’histoire israĂ©lienne Ă ne pas oser se prĂ©senter par crainte de ne pas franchir le seuil Ă©lectoral. Il craint que cette fois encore il reste chauve des deux cĂ´tĂ©s, champion national dans les sondages et avec un fracas dans les urnes, comme les fois prĂ©cĂ©dentes.
Il ne parle donc pas pendant l’interrogatoire, mais fredonne un air pour lui-mĂŞme. Et la mĂ©lodie que fredonne Bennett est kapellniste. Cela est peut-ĂŞtre dĂ» au fait que tous ses conseillers sont aujourd’hui des leaders de la contestation, et qu’Eyal Waldman, l’un de ses plus grands donateurs, est son ami le plus proche dans cette nouvelle voie politique. Peut-ĂŞtre Ă cause des Ă©motions qu’il Ă©prouve envers le camp dont il a recueilli les votes. C’est pourquoi, deux heures avant le lancement de l’attaque par tĂ©lĂ©avertisseur, Bennett est interviewĂ© par un journal allemand et suggère d’envisager la possibilitĂ© d’un cessez-le-feu « et de se battre un autre jour ». Il connaissait bien sĂ»r le programme de tĂ©lĂ©avertisseur, mais il y avait une nouvelle basse qui fonctionnait Ă la fin de la guerre.
Ă€ mon avis, Bennett est comme quelqu’un qui remplit un formulaire de voyage devant les manifestants de Kaplan dans lequel il se plaint de l’Ă©quipement qu’il avait autrefois : dans sa rhĂ©torique envers Netanyahu (« le gouvernement de destruction »), dans son refus absolu de soutenir l’annexion, une idĂ©e qu’il a introduite dans la politique israĂ©lienne, et maintenant dans son attaque contre moi. En tant que journaliste, cela ne m’inquiète pas vraiment. Après tout, celui qui a introduit les attaques sauvages contre les journalistes dans la panoplie des politiciens en IsraĂ«l n’était pas Bibi en 2017, mais Bennett en 2015. Certains de ses plus grands agresseurs sont aujourd’hui ses plus grands disciples.
La confrontation publique s’est dĂ©roulĂ©e dans un contexte de sondages qui placent Bennett en position de force, mais aussi alors qu’il s’abstenait de prendre position clairement sur des questions clĂ©s telles que l’accord sur les otages et les combats dans le nord.
Ben Caspit et Dafna Liel ont condamné Bennett sur Channel 12, déclarant : « Dans son tweet contre Amit Segal, Bennett s’emporte et prouve qu’il est irascible et inapte au poste de Premier ministre. De plus, il perd de nombreux électeurs. Au lieu de s’engager à apaiser la population comme il a tenté de le faire croire, il agit par intérêt personnel. »
Yotam Zimri, personnalitĂ© mĂ©diatique, a critiquĂ© Bennett et Ă©crit : « Entrer dans la maison d’Amit Segal quelques minutes avant Chabbat et laisser Amit tout le Chabbat rĂ©flĂ©chir Ă sa rĂ©ponse prouve officiellement que Bennett est inapte Ă diriger. Continue de parler, Bennett, continue. »





