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Se basant sur le commentaire de Rachi, sur Dvarim XXX, 3, nos MaĂ®tres en induisent que la Shkhrina (PrĂ©sence de D-ieu) est « prisonnière », si l’on peut dire, avec les BnĂ©s IsraĂ«l (« Fils/descendants d’IsraĂ«l ») dans l’oppression de leur exil mais, lorsqu’ils sont libĂ©rĂ©s, le texte parle aussi de « dĂ©livrance » pour Celle-ci, car Elle revient avec eux. Le but n’est pas, dans cet article, d’en exposer les implications… le Rav Professeur LĂ©on YĂ©houda AshkĂ©nazi (ז »צל) l’a parfaitement fait au travers d’une newsletter intitulĂ©e « Le Retour de la Chekhina », publiĂ©e par l’excellent Rony Akrich ( www.ronyakrich.com/newsletter/13/4.html ) Ă la mĂ©moire de Yossef Ben Esther (ז »ל). Non ! Aujourd’hui je vais tenter de vous dĂ©crire, en mots simples, le ressenti de la PrĂ©sence de Hachèm en Galouth et en Eretz IsraĂ«l, la diffĂ©rence entre Sa PrĂ©sence qui Se cache (Mais qui est bien prĂ©sente !) et Celle qui Se dĂ©voile ! Mais laissez-moi d’abord vous conter de mĂ©moire une histoire, lue je ne sais plus trop oĂą, qui – comme celui qui la narrait – m’a Ă©mue jusqu’aux larmes… car, moi aussi, je m’y retrouvais :
« Le Rabbi était dans le jardin avec son petit-fils :
– Papy, dit celui-ci, on va jouer Ă cache-cache !
– Bien ! Bien ! dit le Rav… sans y prĂŞter attention.
L’enfant court se dissimuler et se réjouit déjà des efforts que fera son grand-père pour le découvrir… mais celui-ci, tout à ses réflexions, oublie le gosse et reste assis dans son fauteuil.
Evidemment, au bout d’un temps plus ou moins long, le petit se ramène en pleurant.
– Tu t’es fait mal ? demande l’aĂŻeul.
– Non ! Mais je me suis cachĂ© et tu ne m’as mĂŞme pas cherché !
A son tour, le rabbin éclate alors en sanglots.
– Je t’ai fait de la peine, grand-père ?
– Non ! Non ! Ce n’est pas vraiment toi… mais je viens de me rendre compte que la Shkhrina Se cache et, comme pour toi, j’ai oubliĂ© de faire l’effort de La chercher ! Alors, je devine qu’Elle pleure Ă©galement pour le plaisir dont je L’ai privĂ©e ! »
Telle est la situation quand on se trouve ailleurs que dans notre Etat juif. Bien sĂ»r, Hachèm est Ă©galement Ă nos cĂ´tĂ©s, mais le chercher implique un travail considĂ©rable, car tout concourt Ă camoufler Sa PrĂ©sence : les rayons du supermarchĂ© regorgent de produits appĂ©tissants mais non kashers ; des mannequins s’affichent partout comme pour prouver que « le paraĂ®tre » supplante « l’être » ; les conversations avec les amis sont dĂ©nuĂ©es de toute profondeur mĂ©taphysique ; les sĂ©ries tĂ©lĂ©visuelles se dĂ©clinent en massacres Ă la tronçonneuse additionnant crimes sur crimes ; dans les quotidiens, des « professeurs » vous « prouvent » Ă longueur de pages que l’homosexualitĂ©, l’avortement, l’euthanasie des handicapĂ©s, le pacifisme bĂŞlant et suicidaire, le rejet des « croyances anciennes », sont le summum de la « normalité »… Oh, certes ! Vous pouvez, en dĂ©sespoir de cause, vous repliez dans un ghetto intellectuel et/ou gĂ©ographique, Ă©riger un mur spirituel entre vous et « eux », mais comment avoir envie de se bouger de son fauteuil avec un horizon bouché ? Laissons « l’enfant » s’amuser tout seul, prenons un bon bouquin (« Maamar Shalosh ShĂ©vouoth » du Satmar RĂ©bbè JoĂ«l Teitelbaum, par exemple), enfonçons-nous dans sa lecture et attendons – avant d’en lever le nez – que « l’esseulé » vienne nous rejoindre ou nous appelle près de lui !
Vous me direz que la situation est Ă notre Ă©poque, la mĂŞme en Eretz IsraĂ«l ! DĂ©solĂ© de vous contredire, mais Ă chaque pas, la Shkhrina y apparaĂ®t Ă vos yeux Ă©blouis… mĂŞme si vous l’aviez oubliĂ©e. Plus besoin de La chercher, Elle se rappelle Ă votre souvenir Ă chaque instant. Combien de fois n’êtes-vous pas accostĂ© dans la rue par un cĂ©lèbre inconnu vous invitant Ă complĂ©ter un Minyan ? Quand on s’enquiert de la santĂ© de quelqu’un, mĂŞme le pire des apikoross s’entend, plus de cent fois par jour, rĂ©pondre « Baroukh Hachème ! » (« BĂ©nit soit D-ieu ! ») et le dit lui-mĂŞme ! Votre temps est un « temps juif » ponctuĂ© par les moadim et non par des « fĂŞtes » issues du paganisme et/ou d’ersatz fabriquĂ©s par la Croix ou le Croissant ; portant schtreimel, kippa, peyotts, tsitsioth apparents ou mĂŞme nu-tĂŞte, vous vous sentez « chez vous », au sein d’une mĂŞme famille issue des Patriarches, vous faites partie d’un peuple « Un » ; vous vibrez Ă l’unisson et chĂ©rissez tous – « pacifistes » compris (Enfin… pour la plupart !) – jusqu’à la poussière des pierres du Pays que D-ieu nous a donnĂ© en hĂ©ritage. Qui – mĂŞme le pire athĂ©e dĂ©clarĂ© – n’a-t-il jamais Ă©tĂ© prier au Kotel ? Vous souvenez-vous de ce para israĂ©lien de 1967 qui, les larmes aux yeux, contemplait le Mur venant d’être libĂ©ré ? Observez son visage, vous y verrez le reflet de la Shkhrina… bien que, selon la rumeur, il professait des opinions violemment « laĂŻques ». Seul dans le pays ? Les invitations pour le Shabbath et fĂŞtes s’abattent sur vous Ă foison, par tout un chacun, alors que vous attendez sagement Ă l’arrĂŞt du bus ! Et que dire de ces h’assidim de Loubavitch qui invitent, gentiment et sans agressivitĂ© aucune, Ă mettre les Tefilines ?
Alors ? La Shkhrina a-t-elle fait son Alyah ? Oui et non ! Disons, de façon imagĂ©e, qu’Elle est dĂ©jĂ sur place, mais que la Sokhnouth (« Agence juive pour l’immigration ») n’a pas encore trouvĂ© le temps de finaliser Son dossier. Nos Sages comparent l’époque actuelle aux « douleurs de l’enfantement » (Ă©poque prĂ©cĂ©dant de peu l’arrivĂ©e du Machiah’, et donc, le jour oĂą la PrĂ©sence de Hachèm se rĂ©vèlera dans toute sa splendeur). Prenons comme exemple l’enfant en gestation : on sait qu’il y a un heureux Ă©vĂ©nement dans l’air, il n’est pas encore apparu au monde – sauf Ă la radiographie – mais on peut entendre son cĹ“ur, on le voit et le sent bouger… seuls les gros « distraits » ne se rendent compte de rien. Très bientĂ´t – aujourd’hui j’espère (J’écris cet article au cas oĂą il se ferait attendre !) – le Machiah’ Ben David fera son apparition et alors la Shkhrina paraĂ®tra dans toute Sa plĂ©nitude.
… Les charters d’El Al et autres compagnies risquant d’être fort surbookés à ce moment-là , je ne peux que conseiller à ceux qui le peuvent de cesser de jouer à cache-cache en h’outz la-aretz (« Hors du Pays ») et de rejoindre le futur lieu de naissance au plus vite !
Par Yéh’ezkel Ben Avraham pour Alyaexpress-News




