La rĂ©vĂ©lation de la mort d’al-Masri aux mains d’IsraĂ«l et des États-Unis est quelque chose qu’une grande partie du monde islamique accueillera car elle aide Ă transcender la peur des organisations terroristes sunnites et montre que l’Iran peut ĂŞtre vaincu en votre propre terrain.
Le 7 aoĂ»t, deux hommes armĂ©s Ă moto ont tirĂ© sur une berline blanche Renault L90 dans la riche banlieue nord de TĂ©hĂ©ran de Pasdaran. Les premiers rapports ont identifiĂ© les personnes tuĂ©es dans le vĂ©hicule comme Ă©tant le professeur d’histoire libanais Habib Daoud et sa fille de 27 ans, Maryam.
Leur mort n’a pas beaucoup retenu l’attention des mĂ©dias, en raison d’autres Ă©vĂ©nements dans la rĂ©gion au cours de l’Ă©tĂ©. Ă€ peine trois jours avant le meurtre de Daoud et de sa fille, par exemple, le Liban a Ă©tĂ© secouĂ© par une explosion massive dans le port de Beyrouth ; il y a eu de frĂ©quentes explosions dans des centrales nuclĂ©aires en Iran ; et un dĂ©bat animĂ© avait lieu au Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies sur la proposition des États-Unis d’Ă©tendre les sanctions contre le rĂ©gime iranien.
Cependant, l’incident serait rĂ©vĂ©lĂ© comme l’un des plus importants, car il s’avère que Daoud Ă©tait en rĂ©alitĂ© le   n° 2 d’Al-QaĂŻda Abdullah Ahmed Abdullah, nom de guerre Abu Muhammad al-Masri, l’architecte d’origine Ă©gyptienne des attentats terroristes contre les ambassades amĂ©ricaines en Afrique depuis la fin des annĂ©es 1990. Et sa fille Ă©tait la veuve de Hamza ben Laden, le fils du cerveau d’Al-QaĂŻda Oussama ben Laden.
TĂ©hĂ©ran n’a pas tardĂ© Ă nier que c’Ă©tait al-Masri qui avait Ă©tĂ© tuĂ© parce que sa simple prĂ©sence en Iran constituait la preuve de la collaboration du rĂ©gime avec un terroriste sunnite, pour la capture duquel les États-Unis avaient offert 10 millions de dollars. Plus important encore, le fait de leur prĂ©sence dans la capitale iranienne dĂ©montre le lien entre Al-QaĂŻda et le pays dominĂ© par les chiites, le principal État sponsor du terrorisme dans le monde.
Cela montre Ă©galement que la violente guerre millĂ©naire entre les sunnites et les chiites a Ă©tĂ© suspendue, sinon enterrĂ©e, au nom de la haine commune inĂ©branlable pour le monde occidental, tout d’abord l’AmĂ©rique et IsraĂ«l.
Ce week-end, il a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© qu’IsraĂ«l, aux cĂ´tĂ©s des États-Unis, Ă©tait derrière l’assassinat d’al-Masri – et qui sait combien d’autres comme lui – pour empĂŞcher les massacres, punir les terroristes internationaux et dĂ©truire les organisations sur le sentier de la guerre, y compris en L’Europe. C’est un objectif partagĂ© admirable.
En plus de l’habiletĂ© habituelle et du courage incroyable des agents du Mossad, dont l’identitĂ© ne sera jamais connue, le corps du renseignement israĂ©lien ne peut ĂŞtre blâmĂ© pour sa fantastique capacitĂ© Ă mener Ă bien une opĂ©ration aussi rĂ©ussie, y compris Ă TĂ©hĂ©ran.
IsraĂ«l a dĂ©montrĂ© ses formidables capacitĂ©s en territoire ennemi. Comme le Premier ministre israĂ©lien Benjamin Netanyahu l’a dit aux Iraniens Ă plus d’une occasion : « Nous savons tout ce qu’ils font ».
Ce n’est donc pas un hasard si les États-Unis, qui ont demandĂ© justice pour les attaques contre leurs ambassades au Kenya et en Tanzanie qui ont fait 224 morts, se sont tournĂ©s vers leur petit alliĂ© au Moyen-Orient pour l’aider Ă cibler le territoire des États-Unis ayatollahs qui appellent publiquement Ă leur destruction.
Le prĂ©sident des États-Unis, Donald Trump, a Ă©tabli une relation Ă©troite avec IsraĂ«l qui a permis une opĂ©ration apparemment impossible. Bien qu’il y ait des points de vue diffĂ©rents sur la politique Ă©trangère de Trump, sa position inĂ©branlable envers IsraĂ«l est difficile Ă rĂ©futer. La reconnaissance de la souverainetĂ© israĂ©lienne sur les hauteurs du Golan, par exemple, a entraĂ®nĂ© le dĂ©mantèlement des ambitions impĂ©rialistes du rĂ©gime baasiste corrompu et sanguinaire qui considĂ©rait la Syrie, IsraĂ«l et le Liban comme faisant partie de la grande Syrie. Trump a mis fin Ă ce moteur de violence rĂ©gionale, alors que, comme l’a Ă©crit Amotz Asa-El dans le Jerusalem Post vendredi, il diminue simultanĂ©ment militairement.
Sa rĂ©alisation la plus importante, cependant, a Ă©tĂ© de dĂ©manteler le fantasme historiquement fou et insoutenable selon lequel le peuple juif n’a pas droit Ă JĂ©rusalem, le cĹ“ur de sa patrie historique, en tant que capitale, et de dĂ©placer l’ambassade des États-Unis depuis Tel. Aviv. C’Ă©tait donc une politique que mĂŞme le prĂ©sident Ă©lu Joe Biden n’a pas exprimĂ© l’intention d’annuler.
Enfin, les accords abrahamiques rĂ©cemment signĂ©s prĂ©sentent une opportunitĂ© rĂ©volutionnaire non seulement pour le Moyen-Orient, mais aussi pour le monde entier et ses trois religions monothĂ©istes. Sa valeur est de montrer qu’il n’y a pas de conflit entre l’Occident et le monde arabe, en dehors de celui idĂ©ologique favorisĂ© par certains groupes extrĂ©mistes musulmans.
La dĂ©cision prise par les Émirats arabes unis et BahreĂŻn Ă©tait fondĂ©e sur la nĂ©cessitĂ© de renverser la puissance hĂ©gĂ©monique du terrorisme islamique et sur la volontĂ© de crĂ©er un dialogue positif avec les juifs et les chrĂ©tiens, les peuples qu’al-Masri et ceux de son ilk croyait qu’ils devaient ĂŞtre dĂ©truits et noyĂ©s dans le sang.
Le commandant de la force Qods du Corps des gardiens de la rĂ©volution islamique, le gĂ©nĂ©ral Qassem Soleimani, assassinĂ© par les États-Unis en janvier, pensait la mĂŞme chose du cĂ´tĂ© chiite. Et l’administration Trump a compris le danger que cela reprĂ©sentait pour le monde.
La rĂ©vĂ©lation de la mort d’al-Masri aux mains d’IsraĂ«l et des États-Unis est quelque chose qu’une grande partie du monde islamique accueillera car elle aide Ă transcender la peur des organisations terroristes sunnites et montre que l’Iran peut ĂŞtre vaincu en votre propre terrain.
La journaliste Fiamma Nirenstein a Ă©tĂ© membre du Parlement italien (2008-13), oĂą elle a occupĂ© le poste de vice-prĂ©sidente de la commission des affaires Ă©trangères de la Chambre des dĂ©putĂ©s. Il a siĂ©gĂ© au Conseil de l’Europe Ă Strasbourg et a créé et prĂ©sidĂ© le ComitĂ© d’enquĂŞte sur l’antisĂ©mitisme.





