La sociĂ©tĂ© « Eli Shalkat » responsable d’incinĂ©rer le corps de Rona Ramon a reçu des centaines de demandes d’israĂ©liens

Après avoir annoncĂ© que le corps de Rona Ramon serait incinĂ©rĂ© Ă  sa demande afin que ses enfants ne subissent pas d’autres funĂ©railles, la sociĂ©tĂ© « Eli Shalkat », impliquĂ©e dans la procĂ©dure, a reçu des centaines d’appels tĂ©lĂ©phoniques de personnes Ă  ce sujet selon Walla ! La nouvelle indique que la demande d’incinĂ©ration de corps en IsraĂ«l augmente chaque annĂ©e. « Les gens s’identifient avec cette dĂ©cision de Rona Ramon. »

Quarante-huit heures après avoir appris que Rona Ramon avait demandĂ© que son corps soit incinĂ©rĂ©, afin d’empĂŞcher ses enfants d’avoir d’autres funĂ©railles, des centaines d’appels ont Ă©tĂ© passĂ©s Ă  la sociĂ©tĂ© « Eli Shalkat », qui organise des obsèques pour les citoyens. « Nous avons reçu une avalanche d’appels tĂ©lĂ©phoniques tard dans la nuit de citoyens intĂ©ressĂ©s Ă  la crĂ©mation », a dĂ©clarĂ© Ayelet Nativ, directrice de « Eli Shalkat », Ă  Ynet. Les gens s’identifient au choix et au communiquĂ©. « 

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Nativ et ses employĂ©s voient un lien direct entre la publication du testament de Ramon et la montĂ©e en flèche des appels publics concernant la crĂ©mation des corps de leurs proches après leur mort. Des informations supplĂ©mentaires parvenues Ă  Walla! NEWS montrent que 40 000 personnes meurent chaque annĂ©e en IsraĂ«l, dont 3% choisissent de brĂ»ler leur corps et de ne pas ĂŞtre inhumĂ©es.  « Si, après la crĂ©ation de l’entreprise, il n’y avait plus que quelques demandes de crĂ©mation, on peut aujourd’hui affirmer que plus de 1 000 personnes choisissent chaque annĂ©e la crĂ©mation sans ĂŞtre ensevelies », a dĂ©clarĂ© Nativ.

La sociĂ©tĂ© a expliquĂ© que si dans les annĂ©es 1970 le pourcentage de corps brĂ»lĂ©s Ă©tait de 5% en moyenne, le nombre de demandes dĂ©passait aujourd’hui les 50% dans les pays les plus bas et pouvait atteindre 90% dans certains pays, comme la Chine, avec 99% de demandes de crĂ©mation. « Nous constatons une augmentation en pourcentage dans les pays oĂą la rĂ©sistance religieuse au processus de crĂ©mation est faible. »

« Avec tout le respect que je dois aux rabbins qui se sont opposĂ©s, ce sont des rabbins de villes et des rabbins de communautĂ©s marginales. Je n’ai entendu aucune opposition du ministre des Affaires religieuses ou des grands rabbins », a dĂ©clarĂ© Nativ. Elle a ajoutĂ© que la sociĂ©tĂ© coopère actuellement avec la sociĂ©tĂ© funĂ©raire, et mĂŞme s’en empare, ainsi qu’avec des entreprises qui fabriquent et importent dans tout le pays.

En ce qui concerne les coĂ»ts, brĂ»ler un corps semble plus Ă©conomique. L’ensemble de services de base que l’entreprise fournit Ă  ses clients, qui comprend l’Ă©vacuation de l’endroit oĂą la personne est dĂ©cĂ©dĂ©e, est rĂ©frigĂ©rĂ©e pendant plusieurs jours si nĂ©cessaire, le traitement de la paperasse et le certificat de dĂ©cès, jusqu’Ă  ce que les cendres soient restituĂ©es Ă  la famille coĂ»tent environ 12 000 NIS. Par rapport Ă  l’inhumation d’une personne dans le cimetière, dans une situation oĂą elle n’a pas Ă  payer le terrain, ce qui est rare peut coĂ»ter des centaines de shekels, l’achat de la pierre tombale coĂ»tera entre 5000 et 12 000 NIS.

Nativ a racontĂ© un cas spĂ©cial dans lequel une famille du nord du pays avait dĂ©cidĂ© de brĂ»ler son corps au plus vite et avec ses cendres planter un pin près de chez elle. « Le père de la famille a Ă©tĂ© tuĂ© dans un malheureux accident. La famille a dĂ©cidĂ© de planter des pins sur les pentes du Carmel. Une autre histoire unique est celle d’une architecte qui souhaitait que ses cendres soient dĂ©versĂ©es dans la pierre angulaire de son projet public et dans d’autres cas dans lesquels les familles avaient choisi de les disperser en mer après une cĂ©rĂ©monie d’adieu Ă©mouvante.

L’une des histoires dont on se souvient le plus au cours de la randonnĂ©e concerne deux kibboutzniks. La femme lui a demandĂ© de se maquiller en diamant : « Pourquoi un diamant ? Toute ma vie, les enfants me pendaient au cou, maintenant je vais dĂ©pendre d’eux. » Selon Nativ,  » ces petites nuances rendent la sĂ©paration si personnelle et si spĂ©ciale ».

Ce que Nativ n’a pas acceptĂ© de divulguer, c’est l’emplacement actuel du four de la sociĂ©tĂ©. Le four est au cĹ“ur de la tempĂŞte qui a sĂ©vi dans le pays en raison de l’opposition des partis ultra-orthodoxes de brĂ»ler les corps. En 2007, il a Ă©tĂ© incendiĂ© et dĂ©truit. Son incendie criminel est survenu après la publication d’un article dans un journal local ultra-orthodoxe sur l’installation, qui rĂ©vĂ©lait son emplacement prĂ©cis.

Le ministre des Affaires religieuses, Yitzhak Cohen, a condamnĂ© les activitĂ©s d’ « Eli Shalkat » et a affirmĂ© que la sociĂ©tĂ© exploitait un « crĂ©matorium » pour brĂ»ler les corps. « L’association et ses dirigeants, qui tirent leur hĂ©ritage des destructeurs du peuple juif sans entrave, doivent ĂŞtre proscrits », a dĂ©clarĂ© le ministre Ă  l’Ă©poque. « Je vais mettre fin au phĂ©nomène dans lequel les gens appliquent une solution finale ici : dans l’État juif, aucun corps ne sera brĂ»lĂ©. »

Dans le cadre de ses arguments, le ministre Cohen a mentionnĂ© les activitĂ©s d’Adolf Eichmann dans l’Holocauste et attaquĂ© les auteurs de la procĂ©dure de crĂ©mation. « J’offre aux personnes qui veulent brĂ»ler les corps d’avoir honte et le peuple israĂ©lien sera bientĂ´t heureux de disperser ses cendres idĂ©ologiques hors des eaux territoriales de l’Etat », a-t-il dĂ©clarĂ©.

Le rabbin de la ville de Beer Sheva, le chef des pères de la cour, et le frère du ministre de l’IntĂ©rieur, Aryeh Deri, le rabbin Yehuda Deri, ont envoyĂ© une lettre urgente Ă  la famille Ramon leur demandant de ne pas brĂ»ler le corps de leur mèere. « J’ai Ă©tĂ© choquĂ© d’apprendre dans les mĂ©dias que la dĂ©funte, avec sa noblesse typique, avait demandĂ© Ă  ne pas ĂŞtre enterrĂ©e, mais Ă  brĂ»ler son corps afin d’Ă©viter d’autres funĂ©railles et des souffrances inutiles de la famille », a Ă©crit le rabbin Deri. Qui dans toute la communautĂ© juive depuis l’époque de Dinah a ressenti un choc jusqu’à ce que la halakha en IsraĂ«l cesse.

Le rabbin Deri a demandĂ© Ă  la famille de reconsidĂ©rer sa dĂ©cision et de ne pas remplir la volontĂ© de Rona Ramon et l’ensevelir en terre d’IsraĂ«l. Le rabbin a mĂŞme suggĂ©rĂ© que Ramon reçoive des funĂ©railles modestes sans cĂ©rĂ©monie de manière digne, mĂŞme en l’absence de la famille, afin que Ramon dispose d’un monument commĂ©morant sa mĂ©moire. Dans la lettre, le rabbin Deri s’est trompĂ© au nom de Rona Ramon et l’a appelĂ©e « Orna ».