L’ambassadeur de Russie Ă  Damas : « les attaques israĂ©liennes contre la Syrie nuisent Ă  la stabilisation de l’État »

L’ambassadeur de Russie en Syrie, Alexander Yafimov, a vivement critiquĂ© aujourd’hui (jeudi) les frappes aĂ©riennes d’IsraĂ«l en Syrie , affirmant qu’elles sapent les efforts conjoints du Kremlin et d’Assad pour stabiliser le pays.

L’affirmation de Yafimov, qu’il a dĂ©clarĂ©e dans une interview Ă  l’agence de presse Tass, serait en contradiction avec les dĂ©clarations israĂ©liennes prĂ©cĂ©dentes sur la coordination et la coopĂ©ration en matière de sĂ©curitĂ© entre JĂ©rusalem et Moscou concernant la Syrie. On se souviendra qu’après la rencontre du Premier ministre Naftali Bennett avec le prĂ©sident russe Vladimir Poutine le mois dernier , il a Ă©tĂ© rapportĂ© que la libertĂ© d’action israĂ©lienne avait Ă©tĂ© convenue en Syrie.

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Lorsqu’on lui a demandĂ© comment il Ă©valuerait le niveau actuel de la menace terroriste en Syrie et Ă  quel point le risque d’afflux de militants dans le pays, Yafimov a rĂ©pondu qu' »il est trop tĂ´t pour dire que le terrorisme en Syrie a Ă©tĂ© complètement vaincu, et ce problème n’est pas limitĂ© Grâce aux efforts conjuguĂ©s des forces aĂ©riennes et spatiales de l’armĂ©e russe et syrienne, le potentiel militaire du Daas organisĂ© a bel et bien Ă©tĂ© Ă©liminĂ©, mais les branches de l’organisation continuent d’opĂ©rer le dĂ©sert occupĂ© en dehors du contrĂ´le de Damas Ă  l’est du pays. Un triste exemple en est une attaque terroriste majeure dans l’un des quartiers les plus frĂ©quentĂ©s de la ville, qui a fait 14 morts le mois dernier .

Il a ajoutĂ© : « En d’autres termes, la menace terroriste en Syrie reste rĂ©elle, et il est trop tĂ´t pour se reposer sur nos lauriers. La partie syrienne met tout en Ĺ“uvre pour prĂ©venir et combattre le terrorisme. Cependant, le gouvernement syrien saura agir. plus efficacement qu’en reprenant le contrĂ´le de l’ensemble du territoire national.

Il a Ă©galement Ă©tĂ© demandĂ© Ă  l’ambassadeur comment la partie russe Ă©value dĂ©sormais la situation Ă  Idlib et dans le nord-est du pays, et si un nouvel afflux de rĂ©fugiĂ©s en provenance de ces rĂ©gions n’est pas attendu. En rĂ©ponse, il a dĂ©clarĂ© : « Il y a tout lieu de croire que les habitants d’Idlib mĂŞme sont fatiguĂ©s des conditions dans lesquelles ils se sont retrouvĂ©s, enfermĂ©s dans une enclave sous le joug de groupes armĂ©s illĂ©gaux, qui tentent rĂ©gulièrement de partager le pouvoir et l’argent. Je suis sĂ»r que beaucoup de Syriens seraient heureux de dĂ©mĂ©nager. Ils n’ont pas une telle opportunitĂ©. »

En ce qui concerne IsraĂ«l, l’ambassadeur, et pas pour la première fois, a blâmĂ© les prĂ©tendues attaques israĂ©liennes sur le territoire syrien, affirmant qu’elles nuisent Ă  la restauration du pays et soutiennent le terrorisme. Yafimov a affirmĂ© que « souvent les cibles des frĂ©quentes attaques israĂ©liennes se produisent mĂŞme dans la banlieue de Damas. Il y a eu des cas oĂą des explosions ont tonnĂ© mĂŞme dans le centre de la capitale. Les attaques israĂ©liennes constituent une menace directe pour le trafic aĂ©rien civil dans le ciel syrien.  »

Pendant ce temps, Yafimov a Ă©voquĂ© les liens Ă©troits entre Moscou et Damas, affirmant que des contacts et des rĂ©unions entre les Ă©lĂ©ments russo-syriens Ă  diffĂ©rents niveaux ont lieu rĂ©gulièrement, Ă  la fois Ă  Moscou et Ă  Damas. Une importance particulière est attachĂ©e dans les deux pays aux pourparlers et aux relations Ă©troites entre le prĂ©sident Poutine et Bachar al-Assad. Il a en outre affirmĂ© que la Russie avait proposĂ© Ă  l’Occident de participer Ă  la reconstruction de l’infrastructure et de l’Ă©conomie syriennes, mais le dialogue sur cette question n’a pas eu lieu pendant longtemps en raison de la position amĂ©ricaine.

« Avec notre aide, ils s’entendent, mais en gĂ©nĂ©ral, il leur est très difficile de vivre maintenant. L’effondrement de la monnaie nationale, une forte baisse du bien-ĂŞtre des personnes, le chĂ´mage, les pĂ©nuries et une augmentation constante des prix de nombreux produits de base (y compris les produits de base nourriture et mĂ©dicaments), pannes de carburant et d’Ă©lectricitĂ© – telle est la rĂ©alitĂ© syrienne aujourd’hui. « Dans une vie relativement paisible pour les Syriens qu’elle ne l’Ă©tait il y a trois ans, lorsque Damas subissait rĂ©gulièrement des attaques de missiles », a-t-il conclu.