L’application qui a Ă©tĂ© interdite dans les Ă©coles : « Celui dont le tĂ©lĂ©phone sera surpris se le fera confisquer »

L’application qui a Ă©tĂ© interdite dans les Ă©coles : « Celui dont le tĂ©lĂ©phone sera surpris se le fera confisquer »

Les Ă©tablissements scolaires israĂ©liens ont dĂ©jĂ  eu affaire aux clickers, aux spinners, aux dĂ©fis viraux importĂ©s des rĂ©seaux sociaux. VoilĂ  qu’une nouvelle tendance s’invite dans les couloirs : les applications de comptage de pas. Ce qui a commencĂ© comme une initiative santĂ© pour adultes — des compĂ©titions amicales entre collègues ou amis pour savoir qui marche le plus — a dĂ©bordĂ© sur les cours de rĂ©crĂ©ation avec des effets que personne n’avait prĂ©vus.

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Le principe est simple : une appli sur smartphone comptabilise le nombre de pas effectuĂ©s dans la journĂ©e et permet de se comparer en temps rĂ©el Ă  ses contacts. Le format compĂ©titif a d’abord circulĂ© entre adultes, avec des captures d’Ă©cran partagĂ©es sur les rĂ©seaux sociaux. Rapidement, le phĂ©nomène a infiltrĂ© les collèges et lycĂ©es. La consĂ©quence directe : pendant les rĂ©crĂ©ations, des dizaines d’Ă©lèves arpentent les couloirs Ă  toute allure, tĂŞte baissĂ©e, dans un seul objectif — faire grimper leur compteur.

Un chaos organisé dans les couloirs

Pour les enseignants de surveillance, la situation est devenue ingĂ©rable. « On ne peut pas maĂ®triser ça », confie une enseignante d’un Ă©tablissement du centre d’IsraĂ«l. « Ils se font concurrence, se rentrent dedans, et ça finit souvent par des blessures. » Le phĂ©nomène ne se limite pas aux lycĂ©es : il touche aussi les Ă©coles primaires, oĂą les tĂ©lĂ©phones sont pourtant formellement interdits pendant les heures de cours et les rĂ©crĂ©ations. Les Ă©lèves ont trouvĂ© la parade — glisser le tĂ©lĂ©phone dans la poche du pantalon ou sous le manteau, pour que le gyroscope enregistre les pas sans que l’appareil soit visible.

Dans plusieurs Ă©tablissements, la direction a dĂ©cidĂ© de rĂ©agir. Une enseignante de CM2 a envoyĂ© un message explicite Ă  ses Ă©lèves : « Le dĂ©fi des pas, vous ne le faites pas pendant le temps scolaire, pas mĂŞme en rĂ©crĂ©ation. Celui dont le tĂ©lĂ©phone sera surpris se le fera confisquer et ne sera rendu qu’aux parents. J’espère que c’est clair pour tout le monde. »

Ce qui frustre particulièrement une partie du corps enseignant, c’est la nature mĂŞme du phĂ©nomène. Une appli censĂ©e promouvoir le sport et la santĂ© est devenue une source de tension et de blessures. Le paradoxe est complet : au nom du mouvement physique, les Ă©lèves se bousculent dans des espaces confinĂ©s avec une frĂ©nĂ©sie qui n’a rien de sportif.

Le ministère de l’Éducation hĂ©site toujours

La polĂ©mique relance un dĂ©bat plus large. Le ministère de l’Éducation n’a pas encore tranchĂ© la question de l’interdiction des tĂ©lĂ©phones intelligents dans les collèges et lycĂ©es — seules les Ă©coles primaires sont soumises Ă  un ban gĂ©nĂ©ral. La question traĂ®ne depuis plusieurs annĂ©es, chaque nouveau phĂ©nomène viral relançant le dĂ©bat sans jamais le conclure.

Une Ă©tude rĂ©cente publiĂ©e par des chercheurs de Stanford et Duke, menĂ©e sur près de 1 800 Ă©tablissements amĂ©ricains ayant imposĂ© le rangement des tĂ©lĂ©phones dans des Ă©tuis verrouillĂ©s pendant la journĂ©e, tend Ă  relativiser l’efficacitĂ© de ces mesures : les diffĂ©rences de rĂ©sultats scolaires entre ces Ă©coles et des Ă©tablissements similaires sans interdiction stricte se rĂ©vèlent minimes, voire nulles. Ce rĂ©sultat n’empĂŞche pas que la question de la gestion des comportements en classe et en rĂ©crĂ©ation reste entière — les rĂ©sultats scolaires ne sont qu’un des paramètres du problème.


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