Pleins de flatterie, les Saoudiens disent qu’ils pensent que le prĂ©sident amĂ©ricain visionnaire, fort et dĂ©cisif peut mettre en oeuvre un accord de paix (entre Israel et les Palestiniens) et sont prĂŞts Ă aider. Mais leur formule est un anathème pour le gouvernement israĂ©lien.
Le ministre des Affaires Ă©trangères Adel al-Jubeir lors d’une confĂ©rence de presse avec le secrĂ©taire d’État Rex Tillerson, a dit ĂŞtre « optimiste par la  nouvelle approche et dĂ©termination de Trump, qui peut aboutir Ă ce conflit. Il a certainement la vision, et nous croyons qu’il a la force et la dĂ©termination.  »
En outre, a dĂ©clarĂ© Al-Jubeir, «le Royaume d’Arabie Saoudite est prĂŞt Ă travailler avec les États-Unis afin de favoriser la paix entre IsraĂ©liens et Palestiniens et IsraĂ©liens et Arabes».
Le fait que le vieux roi Salman est venu Ă l’aĂ©roport pour saluer le prĂ©sident, et a serrĂ© la main de la Première Dame Melania Ă tĂŞte nue a soulignĂ© que, comme Mahmoud Abbas Ă la Maison Blanche plus tĂ´t ce mois-ci , les Saoudiens ont reconnu l’importance de garder le bon cĂ´tĂ© du nouveau leader amĂ©ricain et de maximiser les flatteries.
C’est une tactique que le Premier ministre israĂ©lien Benjamin Netanyahu observe sans aucun doute avec consternation, mais n’est pas surpris.
Tout ce que Netanyahu avait espĂ©rĂ© – ou attendu – de la nouvelle administration, le fait que le prĂ©sident n’a pas encore dĂ©mĂ©nagĂ© l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv Ă JĂ©rusalem, n’a pas supprimer l’accord nuclĂ©aire amĂ©ricain avec l’Iran …
En revanche, le prĂ©sident amĂ©ricain a accueilli Abbas Ă la Maison Blanche et a prĂ©vu de le rencontrer Ă nouveau cette semaine Ă BethlĂ©em. Il a couvert  Abbas de compliments, y compris en saluant le partenariat amĂ©ricano-palestinien en cours sur la sĂ©curitĂ© rĂ©gionale et sa lutte contre le terrorisme …tout ce qui peut hĂ©risser les cheveux du premier ministre israĂ©lien.
Et maintenant, le prĂ©sident a signĂ© une sĂ©rie Ă©tonnamment importante d’accords Ă©conomiques avec l’Arabie saoudite d’une valeur supĂ©rieure Ă 380 milliards de dollars au cours des 10 prochaines annĂ©es, avec près d’un tiers de cette somme, plus de 110 milliards de dollars, comprenant des ventes d’armes.
Juste Ă titre de perspective, il convient de garder Ă l’esprit que le mĂ©morandum d’accord israĂ©lien sans fin sur l’assistance de sĂ©curitĂ© aux États-Unis en IsraĂ«l, a Ă©tĂ© finalement signĂ© en septembre dernier avec l’administration Obama, avec quelque 38 milliards de dollars au cours de la prochaine dĂ©cennie.
L’administration Trump a promis de faire en sorte qu’IsraĂ«l conserve son avantage militaire qualitatif dans la rĂ©gion. Mais les accords d’armes annoncĂ©s samedi donneront aux Saoudiens l’accès Ă des armements extrĂŞmement avancĂ©s, en très grandes quantitĂ©s. Et comme l’ont soulignĂ© Ă plusieurs reprises Tillerson et Jubeir, les accords approfondissent profondĂ©ment la relation entre leurs deux pays et leur engagement mutuel envers la dĂ©fense de l’autre.
IsraĂ«l pourrait se rĂ©conforter dans l’engagement exprimĂ© par Tillerson de travailler en Ă©troite collaboration avec les Saoudiens pour faire face Ă l’influence pernicieuse de l’Iran dans toute la rĂ©gion et freiner l’agression de TĂ©hĂ©ran, son soutien au terrorisme, son intervention dans les affaires des autres nations du Moyen-Orient.
Mais comme Trump a saluĂ© les «formidables» offres, fournissant «des centaines de milliards de dollars d’investissements aux États-Unis et des emplois, et encore des emplois», IsraĂ«l intĂ©grera Ă©galement l’influence et le levier aux États-Unis que cette relation approfondie pourrait donner aux Saoudiens.
Il est gratifiant d’entendre un ministre des Affaires Ă©trangères saoudien parler ouvertement et facilement d’IsraĂ«l et promettre la volontĂ© de contribuer Ă la paix, tout comme il a Ă©tĂ© gratifiant au cours des deux dernières annĂ©es de voir des dirigeants et des responsables saoudiens partager de temps en temps des forums avec des IsraĂ©liens de premier plan et mĂŞme , dans le cas d’un gĂ©nĂ©ral saoudien, en visite en IsraĂ«l, rencontrant des fonctionnaires et des membres de la Knesset, et en envoyant des photos de ses rencontres.
Mais les Saoudiens ont une vision très claire des paramètres de la paix israĂ©lo-palestinienne et de la paix israĂ©lo-arabe. C’est l’ Initiative de paix arabe ou l’Initiative de paix saoudienne. DĂ©voilĂ© en 2002, elle a Ă©tĂ© rĂ©affirmĂ©e il y a quelques semaines lors d’un sommet de la Ligue arabe, oĂą l’envoyĂ© de Trump, Jason Greenblatt, Ă©tait en train de rencontrer divers leaders arabes.
Et, Ă ce jour, le gouvernement Netanyahu l’a rejetĂ© comme un cadre pour les nĂ©gociations, en citant, entre autres, l’opposition Ă la notion de retour israĂ©lien Ă une version des lignes antĂ©rieures Ă 1967 et au libellĂ© de l’Initiative sur la question des rĂ©fugiĂ©s palestiniens.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est très conscient des dangers de dire non au prĂ©sident Trump. Ă€ un prĂ©sident qui lui a dĂ©jĂ dit de se retenir un peu sur les implantations. Ă€ un prĂ©sident qui dit qu’il croit qu’il peut  » honnĂŞtement , vraiment » arriver Ă un accord israĂ©lo-palestinien « plus vite que jamais imaginé ».
Il est très peu probable que Netanyahou soit devenu rĂ©cemment adhĂ©rent Ă l’initiative de paix arabe dirigĂ©e par les Arabes. Le premier ministre devrait donc regarder avec anxiĂ©tĂ© maintenant, car les Saoudiens fortement investis par les États-Unis donnent Ă Trump la plus royale des bienvenus. Et il se demandera combien il pourra persuader le prĂ©sident de compter sur leur initiative de paix comme base de l’accord avec lequel Trump a l’intention de faire l’histoire israĂ©lo-palestinienne.




