Comme on pouvait s’y attendre, le jour mĂŞme oĂą se tenait un sommet politique Ă Charm el-Cheikh pour apaiser la rĂ©gion Ă quelques jours du dĂ©but du mois de Ramadan, un terroriste palestinien a rĂ©ussi Ă commettre un grave attentat Ă Hawara . ArmĂ© d’un fusil Carlo, le terroriste a tirĂ© sur un vĂ©hicule israĂ©lien, blessant un homme et une femme. L’homme, un ancien combattant des Marines, a Ă©tĂ© lĂ©gèrement blessĂ©, mais a rĂ©ussi Ă tirer sur le terroriste et Ă le toucher. Le terroriste a Ă©tĂ© localisĂ© peu de temps après l’attaque par les forces de Tsahal qui le poursuivaient, et elles l’ont transfĂ©rĂ© pour recevoir des soins mĂ©dicaux pendant sa dĂ©tention.
Le mois dernier Ă©galement, lors du sommet politique d’Aqaba, une grave attaque a eu lieu Ă Hawara, au cours de laquelle les frères Hillel et Ygal Yaniv Zal ont Ă©tĂ© assassinĂ©s et, par consĂ©quent, des centaines de juifs sont sortis pour saccager les habitants de Hawara et mettre le feu Ă leurs maisons.
Le mois de Ramadan est toujours considĂ©rĂ© comme une pĂ©riode de sĂ©curitĂ© tendue. Mais cette fois, IsraĂ«l et l’AutoritĂ© palestinienne y parviennent après une annĂ©e d’escalade, au cours de laquelle pas mal d’IsraĂ©liens, ainsi que de Palestiniens, ont Ă©tĂ© tuĂ©s et blessĂ©s. L’AutoritĂ© palestinienne, plus faible que jamais, a beaucoup de mal Ă imposer sa domination sur les camps de rĂ©fugiĂ©s remplis d’hommes armĂ©s, principalement Ă JĂ©nine et Naplouse, ce qui amène l’armĂ©e israĂ©lienne Ă y opĂ©rer Ă plusieurs reprises, parfois en plein jour, et gĂ©nĂ©ralement Ă ouvrir le feu .
Contrairement Ă l’annĂ©e dernière, IsraĂ«l aborde le mois de Ramadan divisĂ© et dĂ©chirĂ©, au bord d’une profonde crise constitutionnelle, et diront certains, Ă la veille d’une guerre fratricide. Et comme si cela ne suffisait pas, des centaines de rĂ©servistes ont annoncĂ© ces derniers jours qu’ils n’avaient plus l’intention de se prĂ©senter au service de rĂ©serve. MalgrĂ© le ferme message du Premier ministre Benjamin Netanyahu au chef d’Ă©tat-major et aux chefs des services de sĂ©curitĂ© de « combattre fermement les refus », Tsahal tente actuellement de « contenir » les refus et de permettre Ă ces rĂ©servistes de ne pas venir Ă l’entraĂ®nement sans entrer en confrontation avec eux. « Il y a une vraie angoisse de ce qui se passe, et une grande peur que le refus commence Ă s’infiltrer aussi dans l’armĂ©e rĂ©gulière.
Vous n’avez pas besoin d’ĂŞtre un officier du renseignement qualifiĂ© pour comprendre que le refus de servir et la division interne dans la nation affaiblissent considĂ©rablement la dissuasion d’IsraĂ«l contre ses ennemis. Ă€ la faiblesse interne qui se projette Ă l’extĂ©rieur s’ajoute le silence israĂ©lien face aux tirs depuis la bande de Gaza hier, pour la deuxième fois en un mois et demi, ainsi que l’absence de rĂ©ponse Ă l’infiltration d’un terroriste depuis Liban, qui a franchi une ligne rouge (en l’occurrence, une ligne bleue).
MalgrĂ© le grand potentiel de dĂ©gâts de l’infiltration des terroristes depuis le Liban, le gouvernement a choisi de se contenter cette fois-ci de menaces et de dĂ©clarations militantes.
La conduite d’IsraĂ«l, qui rayonne de faiblesse, rĂ©sonne bien dans tout le Moyen-Orient. Ce n’est pas pour rien que le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a perdu son courage et s’est moquĂ© d’IsraĂ«l parce que, selon lui, il ne fĂŞterait pas son 80e jour de l’indĂ©pendance.
Depuis la fondation de l’État, ses dirigeants ont appris Ă comprendre que le petit État d’IsraĂ«l ne doit pas se permettre de perdre, ne serait-ce qu’un instant, son pouvoir de dissuasion et le statut qu’il s’est créé face Ă un voisin tyran. Pour ces (soi-disant) moments de faiblesse, nous pouvons encore payer un prix très lourd, et pas seulement sous la forme d’une crise interne et constitutionnelle.








