LE DANGER DES POUVOIRS MELANGES – Par Rony Akrich

 

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Au prĂ©lude de l’Ă©poque du Second Temple, la reconquĂŞte de la terre d’IsraĂ«l par l’implantation, la colonisation et la construction du Temple permettent d’envisager avec confiance les dĂ©buts de la rĂ©demption promise. VĂ©ritable expression nationale, il y manquera pourtant l’essentiel puisque seul un petit nombre d’exilĂ©s choisira de rentrer Ă  la maison. La nation des HĂ©breux restera ainsi impuissante au total dĂ©voilement de son essence, nulle souverainetĂ© et encore moins d’indĂ©pendance ne se manifesteront comme attribut d’IsraĂ«l. La Nation Ă©bauchera sa pleine et authentique expression dès le moment oĂą la majoritĂ© du peuple sera de nouveau prĂ©sente sur la terre d’Eretz IsraĂ«l.

 

La chute de l’empire Perse et la montĂ©e en puissance de la Grèce vont confronter la maison d’IsraĂ«l Ă  elle-mĂŞme en l’entraĂ®nant vers une crise identitaire sans prĂ©cĂ©dent. L’empire des hellènes entreprit d’afficher sa civilisation sur tous les murs des pays conquis: ses valeurs philosophiques, ses croyances, son sens de l’existence. Très rapidement l’évidence se fit jour, la JudĂ©e et la foi de ses habitants seraient un rival insupportable. Les valeurs spirituelles diffĂ©rentes et invincibles qui vibraient au sein du peuple juif n’autorisaient aucun signe de faiblesse, aucune assimilation Ă  la culture hellĂ©nistique. Et pourtant, la richesse de ses grands savants, de ses philosophes, leur manière si permissive quant au corps humain vont rĂ©ussir Ă  entamer peu Ă  peu l’intĂ©gritĂ© d’une partie de la population. Les Grecs aspiraient Ă  briser les fondements de la foi du peuple juif, ce qu’ils ne parvinrent pas Ă  accomplir par l’intellect et l’esprit, ils le tentèrent par l’hĂ©gĂ©monie du pouvoir et de ses dĂ©crets incessants Ă  l’encontre du rituel des Juifs.

Le salut va germer dans un tout petit recoin du pays, jusque-lĂ  inconnu du monde. Une famille de prĂŞtres du village de Modi’in fidèle Ă  ses racines dĂ©cide de s’engager dans la rĂ©sistance et de remettre au goĂ»t du jour le courage des HĂ©breux, et leur aspiration Ă  la souverainetĂ© nationale. Le fils aĂ®nĂ©, Yehuda, incarnera l’attribut de royautĂ©, il mènera le pan rebelle de son peuple dans une guerre de renaissance avec panache et dignitĂ© contre un adversaire de plus en plus exaspĂ©rĂ©. Son courage associĂ© Ă  la providence Divine permettra miraculeusement de pousser l’ennemi vers ses derniers retranchements et d’accorder Ă  ces hĂ©ros le privilège de restaurer la ville sainte de JĂ©rusalem, et d’inaugurer le temple et son sanctuaire. Ses frères poursuivront le combat jusqu’Ă  l’établissement dĂ©finitif d’un nouveau royaume en JudĂ©e.

L’homme et la Terre d’Israël se retrouvaient enfin, pour mieux renaître, ses enfants devenaient ses constructeurs et la Torah d’Israël illuminait le pays de tous ses feux. Le temps était donc venu pour les prêtres, de retourner au sanctuaire de D.ieu, y puiser les forces de la crainte Divine et assumer leurs taches. Il fallait rebâtir l’Ame des Hébreux, lui insuffler à nouveau l’esprit saint.

Les prêtres Hasmonéens restaient cependant inflexibles quant au devenir de leur victoire, ils voulaient assumer les charges communes de la royauté et du sacerdoce.

Cette erreur foncière prĂ©suma de la tragĂ©die future tant pour les prĂŞtres que pour la maison d’IsraĂ«l. La famille HasmonĂ©enne si juste et si sainte, elle qui avait si volontiers donnĂ© sa vie pour l’amour de l’Éternel, pour son peuple et sa Torah, disparaitra entièrement de la scène de l’histoire. C’est uniquement dans nos mĂ©moires qu’ils resteront louables et illustres. L’équilibre entre les deux pouvoirs aurait dĂ» ĂŞtre assurĂ© par la capacitĂ© que doit avoir chacun d’eux d’agir et d’empĂŞcher, ce qui les contraint Ă  la collaboration et au contrĂ´le mutuel, rĂ©duisant ainsi le risque d’abus de part et d’autre. En consĂ©quence, leur pouvoir royal et sacerdotal sera renversĂ© et se brisera sur une terre qu’ils voulurent tellement rĂ©habilitĂ©e.

Le livre des Proverbes nous instruit qu’un ĂŞtre juste, trĂ©buchant mĂŞme plusieurs fois, se relèvera Ă  nouveau. L’énergie dĂ©gagĂ©e lors de l’inauguration du Temple Ă  la lumière de l’erreur tragique et de la chute qui s’ensuivit, nous dĂ©livre une leçon fondamentale pour notre Ă©poque. Nous ne pouvons guère nous contenter de soutenir une partie seulement de la population, peu importe d’ailleurs l’importance de leur tâche, quel qu’elle soit. Nous devons dĂ©finir les structures nationales pour chacun de nos objectifs, que l’on veuille amĂ©liorer le statut de la Torah ou bien celui de l’état. Ă€ ce propos, signalons une nĂ©cessitĂ© toute particulière de personnes nobles et respectables pour cultiver et gouverner la nation. Éduquer avec la vigueur de la foi et de la crainte, tant ceux qui Ă©tudient et dĂ©cident de la loi, que ceux qui travaillent et construisent le pays.

 

Quelle chance avons-nous de vivre dans cette période de Résurrection! Combien sera grande notre joie, si jamais nous méritions de participer de tout notre cœur, de toutes nos forces, en notre âme et conscience à l’élaboration d’un monde spirituel en parfaite osmose avec les aspects matériels de la maison d’Israël.

Par Rony Akrich pour Alyaexpress-News