Le Hamas sans refuge : le Qatar sur le point d’expulser la direction de l’organisation terroriste

US Secretary of State Antony Blinken attends the US-Arab Quint Meeting with representatives from Egypt, Jordan, Saudi Arabia, Qatar, the United Arab Emirates and the Palestinian Authority, at the Four Seasons Hotel in Riyadh, on April 29, 2024. (Photo by EVELYN HOCKSTEIN / POOL / AFP)

C’est un coup de théâtre diplomatique qui pourrait changer la géographie du terrorisme au Moyen-Orient. Le Qatar, qui héberge depuis des années les dirigeants du Hamas dans ses palaces de Doha, aurait informé Washington de son intention de les expulser de son territoire. La raison invoquée est aussi précise que cinglante : le Hamas n’a pas été capable de condamner les attaques iranniennes contre le Qatar lui-même et les autres monarchies du Golfe. Un refus de solidarité qui a suffi à clore la bienvenue. La révélation est publiée ce 9 mars 2026 par le journaliste Ehud Yaari sur N12.


La rupture : quand le Hamas n’a pas pu condamner Téhéran

Le Qatar a informé les Américains qu’il avait l’intention d’expulser les dirigeants du Hamas qui résident au Qatar depuis des années. La raison : ils avaient demandé au Hamas non seulement de condamner — comme il l’avait fait initialement — l’opération américano-israélienne contre l’Iran, mais aussi de condamner les attaques de l’Iran contre le Qatar et les autres pays du Golfe. Le Hamas n’a pas réussi à faire cela, et il va maintenant en être puni. mako

Le mécanisme est révélateur. Le Qatar avait toléré pendant des années la présence des chefs du Hamas sur son sol, jouant un rôle de médiateur entre l’organisation et le monde occidental — notamment dans les négociations pour la libération des otages après le 7 octobre 2023. Mais cette relation reposait sur une logique pragmatique : le Hamas devait, au moins en façade, s’inscrire dans le cadre de la diplomatie du Golfe. En refusant de condamner les missiles iraniens qui avaient frappé le Qatar même, les dirigeants de l’organisation ont signé leur propre arrêt d’expulsion.


L’Iran contre le Golfe : le contexte qui a tout changé

Pour comprendre cette rupture, il faut revenir au tournant du conflit. Depuis le lancement de l’opération Roaring Lion le 28 février, le régime iranien a attaqué un nombre à deux chiffres de pays arabes, dans le but de créer une pression sur eux pour qu’ils interviennent diplomatiquement et poussent le président Trump à déclarer la fin des combats. mako

Le Qatar a été l’une des cibles. Comme révélé en premier par N12, le Qatar a répondu en attaquant l’Iran le 3 mars et a annoncé « l’exercice du droit légitime du Qatar à l’autodéfense et à la dissuasion de l’agression iranienne contre le territoire qatari ». mako

Le ministère des Affaires étrangères qatari avait également révélé avoir déjoué une attaque contre l’aéroport international Hamad à Doha. Il avait ajouté que « la thèse selon laquelle la pression sur les pays du Golfe conduirait à une reprise des négociations avec l’Iran est erronée ». Et que « l’objectif n’est pas seulement les installations militaires, mais l’ensemble du territoire. De telles attaques ne resteront pas sans réponse ». mako

Dans ce contexte, demander au Hamas — allié historique de Téhéran — de condamner l’Iran revenait à lui demander de choisir son camp. L’organisation n’a pas su, ou n’a pas voulu, franchir ce pas.


Le Hamas sans issue : où aller ?

La situation est d’une ironie cruelle pour une organisation qui se présentait comme la résistance invincible. Le Hamas a un gros problème : si le Qatar l’expulse vraiment, il n’a nulle part où aller — la Turquie ne sera pas ravie de les accueillir maintenant, il est impossible d’aller en Syrie sous le nouveau pouvoir, ils fuient du Liban. Que vont-ils faire exactement ? Un grand point d’interrogation. mako

L’analyse d’Ehud Yaari dresse un tableau complet de la solitude stratégique du Hamas. L’Axe de la Résistance que Téhéran a patiemment construit depuis des décennies se désintègre sous les frappes. Le Hezbollah est en difficulté au Liban. La Syrie sous le nouveau gouvernement n’est plus une base arrière disponible. Et la Turquie d’Erdogan, engagée dans une prudence calculée face à la guerre, ne souhaite pas endosser le fardeau politique d’héberger les chefs d’une organisation sous mandat d’arrêt et sous pression internationale maximale.


Un tournant historique pour la diplomatie du Golfe

Cette expulsion potentielle, si elle se confirme, marquerait un tournant dans la géopolitique régionale. Doha avait bâti son influence internationale en partie sur sa capacité à dialoguer avec toutes les parties — y compris celles que les Occidentaux refusaient de fréquenter. Le Hamas à Doha était une pièce de cet édifice. Le retirer, c’est signaler que les règles du jeu ont changé : l’Iran a commis l’erreur fatale de mordre la main qui hébergeait son allié.

Pour Israël et pour Washington, la nouvelle est stratégiquement significative. Priver le Hamas de sa base arrière diplomatique et politique au Golfe, c’est accélérer l’isolement d’une organisation déjà militairement dévastée à Gaza depuis octobre 2023. Ce qui reste de sa direction politique — si elle se retrouve sans adresse fixe, sans État protecteur, sans relais dans la région — n’est plus qu’une organisation fantôme à la recherche d’un bureau.


Sources : N12 / Mako, 09/03/2026 | Guerre d’Iran 2026 — Wikipedia


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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