
C’est un coup de théâtre diplomatique qui pourrait changer la gĂ©ographie du terrorisme au Moyen-Orient. Le Qatar, qui hĂ©berge depuis des annĂ©es les dirigeants du Hamas dans ses palaces de Doha, aurait informĂ© Washington de son intention de les expulser de son territoire. La raison invoquĂ©e est aussi prĂ©cise que cinglante : le Hamas n’a pas Ă©tĂ© capable de condamner les attaques iranniennes contre le Qatar lui-mĂŞme et les autres monarchies du Golfe. Un refus de solidaritĂ© qui a suffi Ă clore la bienvenue. La rĂ©vĂ©lation est publiĂ©e ce 9 mars 2026 par le journaliste Ehud Yaari sur N12.
La rupture : quand le Hamas n’a pas pu condamner TĂ©hĂ©ran
Le Qatar a informĂ© les AmĂ©ricains qu’il avait l’intention d’expulser les dirigeants du Hamas qui rĂ©sident au Qatar depuis des annĂ©es. La raison : ils avaient demandĂ© au Hamas non seulement de condamner — comme il l’avait fait initialement — l’opĂ©ration amĂ©ricano-israĂ©lienne contre l’Iran, mais aussi de condamner les attaques de l’Iran contre le Qatar et les autres pays du Golfe. Le Hamas n’a pas rĂ©ussi Ă faire cela, et il va maintenant en ĂŞtre puni. mako
Le mĂ©canisme est rĂ©vĂ©lateur. Le Qatar avait tolĂ©rĂ© pendant des annĂ©es la prĂ©sence des chefs du Hamas sur son sol, jouant un rĂ´le de mĂ©diateur entre l’organisation et le monde occidental — notamment dans les nĂ©gociations pour la libĂ©ration des otages après le 7 octobre 2023. Mais cette relation reposait sur une logique pragmatique : le Hamas devait, au moins en façade, s’inscrire dans le cadre de la diplomatie du Golfe. En refusant de condamner les missiles iraniens qui avaient frappĂ© le Qatar mĂŞme, les dirigeants de l’organisation ont signĂ© leur propre arrĂŞt d’expulsion.
L’Iran contre le Golfe : le contexte qui a tout changĂ©
Pour comprendre cette rupture, il faut revenir au tournant du conflit. Depuis le lancement de l’opĂ©ration Roaring Lion le 28 fĂ©vrier, le rĂ©gime iranien a attaquĂ© un nombre Ă deux chiffres de pays arabes, dans le but de crĂ©er une pression sur eux pour qu’ils interviennent diplomatiquement et poussent le prĂ©sident Trump Ă dĂ©clarer la fin des combats. mako
Le Qatar a Ă©tĂ© l’une des cibles. Comme rĂ©vĂ©lĂ© en premier par N12, le Qatar a rĂ©pondu en attaquant l’Iran le 3 mars et a annoncĂ© « l’exercice du droit lĂ©gitime du Qatar Ă l’autodĂ©fense et Ă la dissuasion de l’agression iranienne contre le territoire qatari ». mako
Le ministère des Affaires Ă©trangères qatari avait Ă©galement rĂ©vĂ©lĂ© avoir dĂ©jouĂ© une attaque contre l’aĂ©roport international Hamad Ă Doha. Il avait ajoutĂ© que « la thèse selon laquelle la pression sur les pays du Golfe conduirait Ă une reprise des nĂ©gociations avec l’Iran est erronĂ©e ». Et que « l’objectif n’est pas seulement les installations militaires, mais l’ensemble du territoire. De telles attaques ne resteront pas sans rĂ©ponse ». mako
Dans ce contexte, demander au Hamas — alliĂ© historique de TĂ©hĂ©ran — de condamner l’Iran revenait Ă lui demander de choisir son camp. L’organisation n’a pas su, ou n’a pas voulu, franchir ce pas.
Le Hamas sans issue : oĂą aller ?
La situation est d’une ironie cruelle pour une organisation qui se prĂ©sentait comme la rĂ©sistance invincible. Le Hamas a un gros problème : si le Qatar l’expulse vraiment, il n’a nulle part oĂą aller — la Turquie ne sera pas ravie de les accueillir maintenant, il est impossible d’aller en Syrie sous le nouveau pouvoir, ils fuient du Liban. Que vont-ils faire exactement ? Un grand point d’interrogation. mako
L’analyse d’Ehud Yaari dresse un tableau complet de la solitude stratĂ©gique du Hamas. L’Axe de la RĂ©sistance que TĂ©hĂ©ran a patiemment construit depuis des dĂ©cennies se dĂ©sintègre sous les frappes. Le Hezbollah est en difficultĂ© au Liban. La Syrie sous le nouveau gouvernement n’est plus une base arrière disponible. Et la Turquie d’Erdogan, engagĂ©e dans une prudence calculĂ©e face Ă la guerre, ne souhaite pas endosser le fardeau politique d’hĂ©berger les chefs d’une organisation sous mandat d’arrĂŞt et sous pression internationale maximale.
Un tournant historique pour la diplomatie du Golfe
Cette expulsion potentielle, si elle se confirme, marquerait un tournant dans la gĂ©opolitique rĂ©gionale. Doha avait bâti son influence internationale en partie sur sa capacitĂ© Ă dialoguer avec toutes les parties — y compris celles que les Occidentaux refusaient de frĂ©quenter. Le Hamas Ă Doha Ă©tait une pièce de cet Ă©difice. Le retirer, c’est signaler que les règles du jeu ont changĂ© : l’Iran a commis l’erreur fatale de mordre la main qui hĂ©bergeait son alliĂ©.
Pour IsraĂ«l et pour Washington, la nouvelle est stratĂ©giquement significative. Priver le Hamas de sa base arrière diplomatique et politique au Golfe, c’est accĂ©lĂ©rer l’isolement d’une organisation dĂ©jĂ militairement dĂ©vastĂ©e Ă Gaza depuis octobre 2023. Ce qui reste de sa direction politique — si elle se retrouve sans adresse fixe, sans État protecteur, sans relais dans la rĂ©gion — n’est plus qu’une organisation fantĂ´me Ă la recherche d’un bureau.
Sources : N12 / Mako, 09/03/2026 | Guerre d’Iran 2026 — Wikipedia
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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