Le Hezbollah va-t-il attaquer IsraĂ«l pour dĂ©tourner l’attention des manifestations au Liban ?

IsraĂ«l suit de près son voisin du nord, Ă  la suite de l’annonce faite mardi par le Premier ministre libanais Saad Hariri de sa dĂ©mission après près de deux semaines de manifestations non violentes Ă  Beyrouth et ailleurs au Liban.

La démission de Hariri intervient peu de temps après que des manifestants de la capitale libanaise et du Hezbollah et du Mouvement Amal aient attaqué des manifestants de la capitale libanaise, deux groupes qui se sont prononcés contre sa démission.

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Hariri a défié les ordres du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Avant sa démission, Nasrallah avait rejeté cette idée, ainsi que toute décisions visant à renverser le président Michel Aoun, affirmant que le pays serait dans le chaos si un tel scénario se produisait.

« Au vu de la situation financière, Ă©conomique et la vie difficile du pays, des tensions politiques et sĂ©curitaires qui règnent dans la rĂ©gion … un vide mènera au chaos, Ă  l’effondrement », a dĂ©clarĂ© Nasrallah, ajoutant que les manifestations avaient Ă©tĂ© exploitĂ©es par des ennemis rĂ©gionaux et internationaux. « Je crains qu’il y ait ceux qui veulent prendre notre pays, gĂ©nĂ©rer des tensions sociales, sĂ©curitaires et politiques et le mener Ă  la guerre civile. »

La ministre libanaise de l’IntĂ©rieur, Raya Haffar El Hassan, sur Twitter, a dĂ©clarĂ© que la dĂ©mission de M. Hariri Ă©tait « nĂ©cessaire pour prĂ©venir les troubles civils internes », comme ce fut le cas mardi.

Mais Hariri n’est que l’un des nombreux responsables qui ont été appelés à démissionner en raison de manifestations de masse.

Il y en a encore beaucoup plus, l’Ă©lite politique accusĂ©e par la rue de corruption et de mauvaise gestion des finances publiques, qui a conduit le Liban Ă  un effondrement Ă©conomique sans prĂ©cĂ©dent depuis la guerre civile de 1975 Ă  1990.

Les chansons de « tous les moyens à tous » ont été clairement entendues dans les rues du Liban après la démission de Hariri.

Le Liban est en colère et il est peu probable que les manifestations disparaissent dans un avenir proche, Ă  moins que le Hezbollah n’envoie ses voyous contre les manifestants, que ce qui a Ă©tĂ© vu mardi.

FormĂ© dans les annĂ©es 1980 avec l’aide de l’Iran en tant que groupe de rĂ©sistance contre Israel, au sud du Liban, le Hezbollah est intĂ©grĂ© Ă  la sociĂ©tĂ© et Ă  la politique libanaises. Des dizaines de milliers de chiites libanais dĂ©pendent du groupe pour recevoir un soutien social, mĂ©dical et financier.

Bien que Nasrallah ait promis de ne pas détourner les armes du Hezbollah contre le peuple libanais, ce ne serait pas la première fois.

Le père de Hariri, l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, a Ă©tĂ© tuĂ© en 2005 par une voiture piĂ©gĂ©e, attribuĂ©e Ă  la Syrie et au Hezbollah.

La révolution du Cedar au Liban, qui a conduit au retrait des troupes syriennes, est née de la colère du meurtre de Hariri.

Quatorze ans plus tard, les rues ont Ă  nouveau parlĂ© et leurs voix ne peuvent ĂŞtre ignorĂ©es. Pas mĂŞme pour le Hezbollah, l’ennemi le plus dangereux d’IsraĂ«l après l’Iran.

Le groupe terroriste prééminent dans le monde aujourd’hui a Ă©tĂ© transformĂ© en une armĂ©e terroriste dotĂ©e d’un arsenal considĂ©rable d’armes avancĂ©es fournies par ses sponsors iraniens, et de milliers de combattants aguerris au combat dont les compĂ©tences de combat ont Ă©tĂ© perfectionnĂ©es dans la guerre civile en Syrie. Cela a durĂ© huit ans.

Ces armes de pointe, y compris le projet de missiles de prĂ©cision du groupe, ont Ă©tĂ© attaquĂ©es par l’État juif, qui effectue des frappes aĂ©riennes sur des cibles du Hezbollah et de l’Iran en Syrie et, selon des rapports Ă©trangers, dans d’autres pays, depuis 2013.

Fin juillet, l’armĂ©e de l’air israĂ©lienne a attaquĂ© une cellule iranienne qui envisageait de lancer une attaque Ă  l’aide de drones contre le nord d’IsraĂ«l, au cours de laquelle deux agents du Hezbollah sont morts. Quelques jours plus tard, IsraĂ«l Ă©tait accusĂ© d’avoir lancĂ© une attaque Ă  l’aide de drones contre le Hezbollah dans son fief de Beyrouth, qui, selon un rapport du Times , visait le projet de missile de prĂ©cision du Hezbollah, qui comprenait des boĂ®tes d’emballage avec des machines oĂą Ă©tait mĂ©langĂ© des propulseurs de haute qualitĂ© avec des missiles Ă  guidage de prĂ©cision.

Le 1er septembre, premier jour de la rentrée des classes en Israël, le Hezbollah a lancé un missile anti-char Kornet contre un véhicule des FDI dans le nord d’Israël, en représailles.

Les tensions dans le nord d’Israël ne se sont pas encore dissipées et l’instabilité persistante au Liban laisse beaucoup à s’interroger: que se passe-t-il maintenant?

Alors que la rue n’appelle pas Ă  la dĂ©mission de Nasrallah (pour ĂŞtre juste, le chef d’un groupe terroriste peut-il dĂ©missionner?), La violence de ses partisans ne lui rapporte rien. Alors, que fera Nasrallah?

Va-t-il essayer de dĂ©tourner l’attention des manifestations au Liban en attaquant IsraĂ«l?

Que gagnerait le Hezbollah?

Par: Ana Ahronheim | Dans: Le Jerusalem Post

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