Mahdi Ben Barka Ă©tait l’un des militants de l’opposition et des intellectuels bien connus au Maroc dans les annĂ©es 1950 et 1960 et est devenu un symbole pour les opposants Ă la maison royale après avoir Ă©tĂ© enlevĂ©, torturĂ© et assassinĂ© Ă Paris en 1965.
Mehdi Ben Barka, nĂ© en janvier 1920 Ă Rabat et disparu le 29 octobre 1965 Ă Fontenay-le-Vicomte, est un homme politique marocain qui fut l’un des principaux opposants socialistes au roi Hassan II et le chef de file du mouvement tiers-mondiste et panafricaniste.
Des dĂ©tails rĂ©vĂ©lĂ©s dans le British Guardian indiquent que l’intellectuel charismatique a Ă©tĂ© payĂ© pour des informations par les services secrets de la TchĂ©coslovaquie, et s’est mĂŞme rendu en Irak en pèlerinage pour l’organisation après la formation du nouveau gouvernement du pays en 1963. De plus, les documents soulèvent la possibilitĂ© que mĂŞme Salmon a reçu les renseignements amĂ©ricains de la CIA, qui cherchait Ă l’Ă©poque Ă amener des rĂ©formes libĂ©rales au sein du gouvernement marocain.
« Ben Barka est souvent dĂ©peint comme un combattant de la libertĂ© contre les intĂ©rĂŞts colonialistes et pour les pays du tiers monde, mais les documents rĂ©vĂ©lĂ©s rĂ©vèlent une image très diffĂ©rente. », explique le Dr Jan Kaora, chercheur Ă l’UniversitĂ© Charles de Prague.
« Il n’y a aucun doute sur les allĂ©gations qui se dĂ©gagent des Ă©crans. Toutes les preuves sont là  », assure l’universitaire tchèque, qui a parcouru plus de 1 500 documents confidentiels de la pĂ©riode de la guerre froide. « Ben Barka n’a jamais admis avoir coopĂ©rĂ© avec les services de renseignement et de sĂ©curitĂ© tchĂ©coslovaques. Il ne l’a jamais enregistrĂ© en tant qu’agent, mais en tant que » contact confidentiel « . Mais le fait est qu’il a transmis des informations et reçu beaucoup d’argent », a-t-il ajoutĂ©. « C’est un homme intelligent et sophistiquĂ© qui n’a jamais rien signĂ© en son nom, il n’y a aucun exemple de son Ă©criture dans les documents », ajoute-t-il, dĂ©crivant l’homme de l’opposition comme un homme qui a compris la conduite des services de renseignement.
Cela jette un Ă©clairage complètement nouveau sur l’affaire de l’enlèvement et du meurtre de Ben Barka, Ă laquelle il Ă©tait allĂ©guĂ© que l’organisation du Mossad israĂ©lien, qui Ă©tait Ă l’Ă©poque en relations Ă©troites avec les services de sĂ©curitĂ© marocains, avait Ă©galement participĂ©. La famille de Ben Barka nie avec vĂ©hĂ©mence tout lien avec des organisations de renseignement et dans de nombreux cercles de gauche, notamment en France et en Afrique du Nord, le leader est considĂ©rĂ© comme un hĂ©ros qui a sacrifiĂ© sa vie au nom d’une idĂ©ologie anticoloniale.
Alors que les membres de la famille de Ben Barka prĂ©tendent que ses liens avec le « Bloc des États socialistes » sont faits de bonne volontĂ© et d’une idĂ©ologie brĂ»lante, les universitaires tchèques exposĂ©s Ă ses documents affirment que le chiffre qui en ressort est beaucoup plus complexe. « Je ne suis pas Mashi Sao qui le condamne, la guerre froide Ă©tait une situation compliquĂ©e et ne devrait pas ĂŞtre traitĂ©e en termes de noir et blanc », a dĂ©clarĂ© Kaora au Guardian.
Le 29 octobre 1965, alors que Ben Barka se rend Ă un rendez-vous Ă la brasserie Lipp à  Paris, il est enlevé et son corps ne sera jamais retrouvĂ©. Après plus de cinquante annĂ©es d’une enquĂŞte judiciaire qui n’est toujours pas terminĂ©e, l’implication des pouvoirs politiques marocain et français dans cet assassinat reste controversĂ©e.








