Le Liban est « à quelques jours » d’une explosion sociale, prĂ©vient le Premier ministre

Le Liban n’est qu’Ă  quelques jours d’une explosion sociale, a averti mardi le Premier ministre par intĂ©rim Hassan Diab, appelant la communautĂ© internationale Ă  sauver un pays en proie Ă  une profonde crise Ă©conomique.

La Banque mondiale a qualifiĂ© la crise libanaise de l’une des pires dĂ©pressions de l’histoire moderne. La monnaie a perdu plus de 90 % de sa valeur et plus de la moitiĂ© de la population est plongĂ©e dans la pauvretĂ©.

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La colère suscitée par la pénurie de carburant a entraîné des combats à la pompe et le Premier ministre a semblé mettre en garde contre la perspective de nouveaux troubles.

« Le Liban est Ă  quelques jours de l’explosion sociale. Les Libanais affrontent seuls ce sombre destin », a dĂ©clarĂ© Diab dans un discours prononcĂ© lors d’une rĂ©union avec des ambassadeurs et des reprĂ©sentants des missions diplomatiques Ă  Beyrouth.

Diab agit Ă  titre intĂ©rimaire depuis qu’il a dĂ©missionnĂ© après l’explosion catastrophique dans le port de Beyrouth le 4 aoĂ»t. Depuis lors, des politiciens sectaires turbulents n’ont pas Ă©tĂ© en mesure d’accepter un nouveau gouvernement.

Diab a également déclaré que seul un nouveau cabinet pourrait relancer les pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI).

« Ce gouvernement n’a pas le droit de reprendre les nĂ©gociations avec le FMI pour mettre en Ĺ“uvre le plan de relance Ă©tabli par le cabinet, car cela implique des obligations pour le prochain gouvernement qu’il pourrait ne pas soutenir », a-t-il dĂ©clarĂ©.

Le chef de la politique Ă©trangère de l’Union europĂ©enne a dĂ©clarĂ© le mois dernier aux dirigeants libanais qu’ils Ă©taient Ă  blâmer pour la crise politique et Ă©conomique et que certains pourraient faire face Ă  des sanctions s’ils continuaient Ă  entraver les mesures visant Ă  former un nouveau gouvernement et Ă  mettre en Ĺ“uvre des rĂ©formes.

Diab a soulignĂ© les appels rĂ©pĂ©tĂ©s pour que l’aide soit liĂ©e Ă  la rĂ©forme, mais a dĂ©clarĂ© que « le siège imposé » au Liban n’affectait pas les corrompus, une rĂ©fĂ©rence apparente aux politiciens.

Il a dĂ©clarĂ© que les Libanais manquaient de patience et que « lier l’aide libanaise Ă  la formation d’un nouveau gouvernement est devenu une menace pour la vie des Libanais et de l’entitĂ© libanaise ».