Le maire belge défend le char antisémite du Carnaval local 

Le maire de la ville belge, dont le dĂ©filĂ© annuel a prĂ©sentĂ© des marionnettes de Juifs et un rat sur des sacs d’argent, a dĂ©fendu l’exposition et a dĂ©clarĂ© aux mĂ©dias locaux que « à Alost , il devrait ĂŞtre autorisé ».

Le maire Christoph D’Haese a dĂ©fendu dimanche le char  prĂ©sentĂ© lors du carnaval d’Alost malgrĂ© des condamnations passionnĂ©es de groupes juifs et de la dĂ©sapprobation d’organisations internationales, dont la Commission europĂ©enne.

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« Il est impensable que ces images soient affichĂ©es dans les rues europĂ©ennes, 70 ans après l’Holocauste », a dĂ©clarĂ© un porte-parole de la Commission, l’organe exĂ©cutif de l’Union europĂ©enne, Ă  la presse, selon le journal Het Laatste Nieuws .

Le B’nai B’rith International a Ă©galement publiĂ© mardi une dĂ©claration selon laquelle l’organisation Ă©tait « dĂ©goĂ»tĂ©e des marionnettes antisĂ©mites » qui ont Ă©tĂ© montrĂ©es dimanche. Le directeur des relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels, a Ă©crit Ă  un ministre belge dans une lettre dans laquelle il dĂ©clarait que son groupe se sentait « malade » Ă  propos de l’exposition.

Mais le maire D’Haese a dĂ©clarĂ© Ă  Het Laatste Nieuws que « ce n’est pas au maire d’interdire » de telles expositions, et que « les participants au carnaval n’avaient aucune intention sinistre ».

Le char en question s’intitule « AnnĂ©e du Shabbat » et a Ă©tĂ© prĂ©parĂ© par le groupe de carnaval Vismooil’n. On y voyait deux marionnettes gĂ©antes avec des pĂ©ot et streimels, chapeaux prĂ©fĂ©rĂ©s de certains juifs orthodoxes, vĂŞtues de costumes roses qui sourient en fumant un cigare. Cette marionnette a un rat blanc sur son Ă©paule droite. Les deux marionnettes sont debout sur des pièces d’or et ont des sacs d’argent Ă  leurs pieds.

Sur une plate-forme à roues, directement derrière le char, plusieurs dizaines de personnes habillées en marionnettes chantaient une chanson avec le thème «grossir beaucoup».

Le carnaval annuel oĂą le char est apparu a Ă©tĂ© ajoutĂ© en 2010 Ă  la Liste reprĂ©sentative du patrimoine culturel immatĂ©riel de l’humanitĂ© de l’Organisation des Nations Unies pour l’Ă©ducation, la science et la culture, ou UNESCO. L’organisation n’a pas rĂ©pondu Ă  de nombreuses questions critiques sur l’Ă©vĂ©nement d’Alost sur les mĂ©dias sociaux et n’a publiĂ© aucune dĂ©claration Ă  ce sujet mardi.

Le mois dernier, un porte-parole du groupe de carnaval a dĂ©clarĂ© Ă  un blogueur que l’organisateur Ă©tait censĂ© expliquer Ă  quel point « pourquoi tout est devenu si cher ».

Le prĂ©sident du groupe de carnaval n’a pas immĂ©diatement rĂ©pondu Ă  une demande de commentaires de l’ Agence tĂ©lĂ©graphique juive JTA .

Le groupe Vismooil’n a créé le char comme thème de 2019 pour le carnaval d’Alost, Ă©dition locale de cĂ©lĂ©brations organisĂ©es chaque annĂ©e dans certaines parties de l’Europe et de l’AmĂ©rique latine avant le carĂŞme, soit 40 jours avant la Pâques chrĂ©tienne. . Les participants prĂ©parent des chars et des routines de danse, dĂ©filant dans la ville lors d’un carnaval.

En 2013, un groupe diffĂ©rent a conçu pour le carnaval d’Alost une voiture ressemblant Ă  un wagon de chemin de fer nazi utilisĂ© pour transporter les Juifs vers les camps de la mort.

Les personnes qui l’ont conçu, connu sous le nom de groupe FTP, ont dĂ©filĂ© près du char habillĂ© en officiers des SS nazis et des juifs haredi orthodoxes. Une affiche sur le wagon montrait des hommes politiques belges flamands vĂŞtus de nazis et tenant des bateaux Ă©tiquetĂ©s comme contenant du gaz Zyklon B, le poison utilisĂ© par les nazis pour exterminer les Juifs dans des chambres Ă  gaz pendant la Shoah. L’UNESCO a condamnĂ© le char.