Le ministre des Affaires Ă©trangères iranien : « La fin de la guerre au Liban est l’une des exigences de la fin de la guerre en Iran »

Alors que le mĂ©morandum d’entente amĂ©ricano-iranien doit entrer en vigueur vendredi prochain, le ministre des Affaires Ă©trangères iranien Abbas Araghchi a apportĂ© ce mardi matin une prĂ©cision de poids sur la portĂ©e de l’accord : les fronts iranien et libanais sont liĂ©s, et la fin de la guerre au Liban constitue l’une des exigences iraniennes pour la conclusion de la paix.

« Après trois mois de nĂ©gociations, nous avons rĂ©ussi Ă  finaliser la première phase, et ce qui y est le plus important, c’est la fin de la guerre », a dĂ©clarĂ© Araghchi. « Le mĂ©morandum d’entente entrera en vigueur vendredi prochain. Les fronts de l’Iran et du Liban sont interconnectĂ©s, et la fin de la guerre au Liban est l’une des exigences de la fin de la guerre en Iran. »

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Cette dĂ©claration intervient au lendemain des propos de Netanyahu qui avait affirmĂ© que Tsahal resterait au Liban « aussi longtemps que nĂ©cessaire » pour protĂ©ger les zones de sĂ©curitĂ© Ă©tablies autour du territoire israĂ©lien. Le ministre de la DĂ©fense Israel Katz avait Ă©galement rĂ©affirmĂ© qu’IsraĂ«l ne se retirerait pas des zones de sĂ©curitĂ© au Liban pour une pĂ©riode indĂ©terminĂ©e.

La position iranienne telle qu’exprimĂ©e par Araghchi crĂ©e ainsi une tension directe avec la posture israĂ©lienne : TĂ©hĂ©ran lie explicitement l’application de l’accord de paix Ă  un retrait israĂ©lien du Liban, tandis qu’IsraĂ«l entend maintenir sa prĂ©sence militaire dans ces zones. Cette friction pourrait compliquer la mise en Ĺ“uvre des soixante jours de nĂ©gociations prĂ©vus pour parvenir Ă  un accord final.

La dĂ©claration du chef de la diplomatie iranienne souligne Ă©galement la logique de front commun qui a structurĂ© la stratĂ©gie iranienne depuis le dĂ©but du conflit : l’axe de rĂ©sistance — Hezbollah au Liban, Houthis au YĂ©men, milices en Irak — a toujours Ă©tĂ© conçu comme un ensemble coordonnĂ©, et TĂ©hĂ©ran entend visiblement que le dĂ©nouement diplomatique reflète cette interdĂ©pendance.

Pour IsraĂ«l, l’enjeu est donc double : d’un cĂ´tĂ©, obtenir les garanties sĂ©curitaires que Netanyahu a prĂ©sentĂ©es comme centrales dans son bilan ; de l’autre, naviguer dans un accord dont les termes ne coĂŻncident pas entièrement avec les objectifs israĂ©liens, notamment sur la question du Liban.

Pour approfondir, vous pouvez consulter notre article sur l’accord amĂ©ricano-iranien et ses implications pour IsraĂ«l ainsi que notre analyse sur les États-Unis qui commencent Ă  rĂ©duire leurs forces Ă  Ben Gourion.