En réponse au septième round de frappes américaines contre des cibles à Téhéran cette nuit (entre vendredi et samedi), l’Iran a lancé une vague d’attaques étendue contre plusieurs cibles à travers le Moyen-Orient, parmi lesquelles le Koweït et la Jordanie, ainsi qu’une vague de frappes particulièrement significative visant l’Arabie saoudite, qui a suscité une vive colère du royaume.
Selon Reuters, le Koweït a connu l’une des nuits les plus difficiles depuis le début de l’affrontement : une deuxième centrale électrique a été touchée en deux jours, des vols ont été suspendus, et des infrastructures d’électricité, d’eau et de pétrole ont été bombardées. La compagnie Kuwait Airways a dû reprogrammer la majorité de ses vols en raison de la fermeture de l’espace aérien. Selon le ministère koweïtien de la Défense, des drones hostiles iraniens ont visé plusieurs installations et camps de l’armée koweïtienne, blessant plusieurs soldats des forces terrestres ; l’une des centrales de production électrique et de dessalement d’eau du pays a également été touchée, provoquant un incendie et des coupures de courant dans plusieurs régions.
Les Américains ont eux aussi subi des pertes humaines, avec deux frappes directes sur une base militaire en Jordanie : deux soldats américains ont été tués et un autre est porté disparu, s’ajoutant, selon un reportage de CBS, à la liste de seize soldats déjà tués dans la guerre actuelle contre l’Iran, notamment lors de frappes précédentes au Koweït, en Irak et en Arabie saoudite.
Bahreïn, la Jordanie et l’Arabie saoudite également frappés
L’armée iranienne a affirmé avoir visé la base aérienne de Cheikh Issa à Bahreïn, utilisée par les États-Unis, en réponse aux frappes américaines. Les autorités bahreïnies ont activé les sirènes d’alerte dans tout le royaume, appelant la population à rester calme et à se rendre vers le lieu sûr le plus proche.
En Jordanie, l’armée a annoncé avoir intercepté et abattu dix missiles iraniens qui avaient pénétré son espace aérien, sans faire de victimes ni de dégâts matériels. Selon la télévision d’État iranienne, des réservoirs de carburant de la base d’Al-Azraq ont été visés par les forces iraniennes.
Pour la première fois depuis environ trois mois, l’Iran a également frappé l’Arabie saoudite, selon deux sources proches du dossier citées par Reuters. Une attaque aurait visé la base aérienne du Prince Sultan, à Al-Kharj, qui accueille des forces américaines, déclenchant des alertes précoces dans cette zone ainsi qu’à Yanbou, sur la côte de la mer Rouge. Les Gardiens de la révolution n’ont pour leur part fait aucune mention officielle d’une frappe contre le royaume saoudien. Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a fermement condamné la poursuite des attaques iraniennes contre le Koweït, Bahreïn et la Jordanie, exprimant son plein soutien aux mesures prises par ces trois pays et appelant à une cessation immédiate de l’escalade militaire pour préserver la sécurité et la stabilité régionales.
Du côté américain, le commandement central (CENTCOM) a annoncé avoir achevé une septième nuit consécutive de frappes contre l’Iran, visant des sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts d’armes souterrains et des capacités maritimes. Les médias d’État iraniens ont fait état de trois morts et huit blessés samedi dans la province de Hormozgan, dans le sud du pays, s’ajoutant à un bilan de huit morts et vingt blessés rapporté la veille. Les Gardiens de la révolution ont par ailleurs affirmé avoir stoppé quatre navires tentant de transiter par le détroit d’Ormuz et évoqué l’explosion de deux pétroliers ayant heurté des mines — une affirmation catégoriquement démentie par le CENTCOM, qui l’a qualifiée de fausse.
Un conseiller militaire de haut rang auprès du Guide suprême iranien, le général de division Mohsen Rezaï, a averti que Téhéran était prêt à reprendre des « opérations offensives à grande échelle » si les frappes américaines se poursuivaient encore deux ou trois jours, précisant que l’Iran ne se limiterait plus à des ripostes proportionnées et qu’aucune frontière politique ne serait épargnée.
Le successeur désigné du guide suprême, Mojtaba Khamenei, s’est également exprimé sur l’escalade, qualifiant la frappe ordonnée par le président Trump de totalement dénuée de valeur et de crédibilité. Il a averti que la poursuite des frappes américaines vaudrait à Washington des leçons inoubliables, affirmant que l’ennemi américain, en cherchant à faire monter les enchères, ne ferait qu’imposer à lui-même des coûts plus lourds et une humiliation supplémentaire.
Selon le récit initial rapporté par les médias israéliens, les frappes iraniennes au Koweït ont provoqué des incendies dans plusieurs foyers, maîtrisés environ sept heures plus tard. Un premier incendie déclenché dans une installation pétrolière a été éteint après que plusieurs pompiers et un employé du secteur pétrolier ont été blessés ; trois autres foyers, survenus dans des zones résidentielles à la suite de la chute de débris d’interception, ont également été maîtrisés, causant des dégâts aux bâtiments sans faire de nouvelles victimes.
Au niveau international, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a qualifié les frappes visant des infrastructures civiles d’inacceptables, tandis que les cours du pétrole ont grimpé, le baril de Brent dépassant les 88 dollars sur fond de perturbations dans le détroit d’Ormuz.
Sur ce même sujet, notre rédaction avait suivi les précédentes attaques iraniennes en deuxième vague contre les cibles pétrolières du Golfe, ainsi que la constitution de l’alliance régionale face à la menace iranienne réunissant les États-Unis, Israël et les pays du Golfe.






