À quarante-huit heures de l’expiration de l’ultimatum de Donald Trump, le tableau diplomatique est d’une clarté brutale : il n’y a pratiquement plus aucun contact entre Washington et Téhéran. Les médiateurs se sont retirés les uns après les autres. Les Gardiens de la Révolution refusent toute négociation. Et dans les cercles stratégiques israéliens et américains, la conviction se consolide que la prochaine phase du conflit sera d’une nature radicalement différente des précédentes — non plus une guerre de dégradation militaire, mais une guerre d’effondrement économique délibéré et systématique.
Le vide diplomatique : tous les médiateurs se sont retirés
La chronique de l’échec diplomatique est édifiante. Le Pakistan, apparu comme médiateur surprise dans ce conflit, a fini par reconnaître que les écarts entre les parties étaient trop importants pour être surmontés. Les États-Unis avaient transmis à l’Iran un document de quinze points que Téhéran a perçu comme un acte de capitulation — pas comme une base de négociation. Le minimum nécessaire à l’ouverture même d’un dialogue indirect sous le feu n’a pas été atteint.
L’Égypte a tenté sa propre médiation, mais a essuyé une critique acerbe des pays du Golfe qui lui reprochaient de sembler rester sur la touche plutôt que de soutenir ses voisins arabes attaqués par l’Iran. La Turquie poursuit ses efforts mais a elle-même reçu des missiles iraniens à au moins trois reprises — un handicap sérieux pour exercer un rôle de médiateur crédible. Oman, médiateur traditionnel entre Washington et Téhéran, a reçu le message américain selon lequel seule une réponse iranienne positive aux exigences de base permettrait une avancée — et s’est retiré.
La France, enfin, s’est attirée une hostilité particulièrement marquée des Américains. Paris a torpillé une résolution du Conseil de sécurité visant à permettre une action militaire pour rouvrir le détroit d’Ormuz, et a interdit le survol de son territoire par des avions militaires américains. Les Émirats arabes unis ont déjà annoncé leur retrait du programme de financement du développement du nouveau chasseur français de la série Rafale, et une réduction des achats militaires à la France est attendue. Le Conseil de coopération du Golfe, qui doit se réunir en début de semaine prochaine, devrait prendre des décisions formelles sur la relation avec Paris.
La fracture au sein du régime iranien
Le blocage diplomatique a une explication interne profonde. Au sein de la direction iranienne, un débat déchirant oppose deux camps. D’un côté, le président Pezeshkian et le ministre des Affaires étrangères Araghchi, soutenus par l’ancien chef de la diplomatie Javad Zarif — qui a publié un article proposant un cadre d’accord — penchent vers une solution négociée. De l’autre, les Gardiens de la Révolution, emmenés par Ahmad Vahidi, soutiennent qu’en dépit des dommages considérables subis, le régime peut survivre — que Trump finira par se lasser, que les pays du Golfe et Israël ne pourront pas maintenir indéfiniment l’étranglement économique.
Cette division interne explique l’absence de légitimité au sein du régime pour toute négociation. Tant que les Gardiens de la Révolution bloquent toute ouverture, Pezeshkian et Araghchi ne peuvent pas avancer. Et Trump, qui a tenté de favoriser l’émergence d’un interlocuteur différent au sein du régime, n’y est apparemment pas parvenu à ce stade.
La guerre économique : le modèle soviétique appliqué à l’Iran
Face à ce blocage, la direction que prend la coalition américano-israélienne se précise. Selon une source diplomatique citée par Israel Hayom et impliquée dans l’analyse des scénarios, le modèle de référence est celui de la chute de l’URSS : non pas une défaite militaire frontale, mais un effondrement économique progressif et irréversible.
La situation économique iranienne actuelle donne déjà du grain à moudre à cette analyse. Une grande partie des fonctionnaires iraniens ne perçoit plus de salaires — y compris des pans entiers de l’armée régulière. De nombreuses usines ont fermé ou cessé leur activité. Des secteurs entiers de l’économie ont cessé de fonctionner. La charge économique s’accumule. Même si la guerre s’arrêtait aujourd’hui, le régime serait dans l’incapacité d’amorcer la moindre reconstruction sans une levée totale des sanctions.
Ce qui différencie les Gardiens de la Révolution du reste de l’armée iranienne, dans ce tableau, c’est que leurs soldats et leurs structures continuent d’être payés et financés. Ce sont eux qui tiennent le régime. Et ce sont eux que la prochaine phase vise à ruiner.
Le plan concret : ponts, rails, pétrole et pétrochimie
Les cibles de la prochaine vague de frappes sont décrites avec une précision croissante dans les sources sécuritaires. Des ponts et des axes ferroviaires stratégiques menant à Téhéran figureront parmi les objectifs — couper les voies d’approvisionnement de la capitale, c’est accélérer l’asphyxie logistique et économique de l’ensemble du pays. Les industries pétrolières dans leur ensemble — production, transport, produits dérivés, pétrochimie — sont dans la ligne de mire, avec pour objectif de tarir complètement les exportations de pétrole iranien, principale source de devises du régime.
La cible ultime n’est pas militaire. C’est l’arrêt total des exportations pétrolières iraniennes — le cordon ombilical financier du régime. Une source diplomatique résume la logique avec une formule sans détour : aucune idéologie, aussi fanatique soit-elle, ne peut résister indéfiniment à l’effondrement économique. C’est ce qui a abattu l’Union soviétique. C’est ce qui, selon les stratèges de cette coalition, abattra le régime des mollahs.
Lundi comme nouveau seuil
La prévision des sources consultées par Israel Hayom est précise : la guerre devrait se poursuivre au moins une semaine supplémentaire, et son intensité devrait croître significativement à partir de lundi. Une action terrestre américaine limitée sur des sites stratégiques n’est pas exclue. Et si l’Iran persiste dans son refus, la prochaine semaine pourrait être celle où le conflit franchit un seuil qualitatif nouveau — passant de la dégradation ciblée à la destruction systémique.
Quarante-huit heures. C’est ce qu’il reste à l’horloge de Trump. Et selon toutes les sources disponibles, Téhéran n’a pas l’intention de répondre.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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