Le vice-Premier ministre italien, M. Matteo Salvini, est arrivĂ© en IsraĂ«l dans l’après-midi au milieu d’une controverse sur sa politique anti-immigration.
Salvini, qui dirige le parti d’extrĂŞme droite Lega est Ă©galement ministre de l’IntĂ©rieur du gouvernement populiste italien, il doit rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres hauts responsables du gouvernement, notamment des hauts responsables de la sĂ©curitĂ©.
Il doit également se rendre sur le Mur des Lamentations et à Yad Vashem.
Salvini, considĂ©rĂ© par beaucoup comme le leader de facto de l’extrĂŞme droite europĂ©enne, a Ă©galement demandĂ© une rencontre avec le prĂ©sident, Reuven Rivlin, ce que le bureau du prĂ©sident a refusĂ© en raison de «problèmes de calendrier».
Rivlin a rĂ©cemment pris une position ferme contre ce qu’il a appelĂ© les partis «fascistes» en Europe, quelle que soit leur position vis-Ă -vis d’IsraĂ«l.
«Nous devons… travailler avec le monde entier pour lutter contre la xĂ©nophobie et la discrimination, dont l’antisĂ©mitisme est une variante», a dĂ©clarĂ© Rivlin dans un entretien Ă CNN. «Il existe aujourd’hui des mouvements nĂ©o-fascistes qui exercent une influence considĂ©rable et très dangereuse, et ils expriment parfois aussi leur ferme soutien Ă l’État d’IsraĂ«l.»
D’autre part, Netanyahu, qui occupe Ă©galement le poste de ministre des Affaires Ă©trangères, a adoptĂ© avec enthousiasme certains gouvernements et partis d’extrĂŞme droite en Europe et ailleurs. Les critiques affirment qu’il courtise des gens qui prĂ©tendent aimer IsraĂ«l, mais qui sont toxiques dans leur haine des immigrants et qui ont souvent des liens Ă©troits avec les milieux antisĂ©mites.
Comme beaucoup de politiciens anti-immigration en Europe, Salvini est ouvertement pro-israĂ©lien, exprimant mĂŞme son soutien Ă la reconnaissance de JĂ©rusalem comme capitale du pays. Mais il a fermĂ© les yeux sur l’Union europĂ©enne en dĂ©fendant une politique dure en matière d’immigration, introduisant une rĂ©pression controversĂ©e contre les migrants fuyant la Libye Ă bord de bateaux de passeurs.
Les Juifs italiens sont divisĂ©s sur l’adhĂ©sion d’IsraĂ«l Ă l’homme politique controversĂ©.
Dans une lettre ouverte, un groupe d’Ă©minents juifs italiens s’inquiĂ©tait de la visite de Salvini, le priant de condamner fermement «les actes antisĂ©mites, l’oubli et la banalisation des horreurs commises par les mouvements et les partis appartenant Ă l’extrĂŞme droite ethno-nationaliste en Italie et en Europe »pendant son sĂ©jour en IsraĂ«l.
Le groupe, composĂ© de membres de la communautĂ© de toute l’Italie, a Ă©galement demandĂ© Ă Salvini de se prononcer contre les efforts visant Ă nuire aux Roms et aux Sintis et de dĂ©noncer les « actes de racisme dans le discours public ».
L’UCEI, l’Union italienne des communautĂ©s juives, n’a pas rĂ©pondu Ă une question du Times of Israel concernant la visite de Salvini et son opposition au sein de la communautĂ©. Le prĂ©sident du groupe, Noemi Di Segni, a rejoint l’entourage du vice-Premier ministre et l’accompagnera Ă Vad Vashem.
La visite prĂ©vue par le politicien de droite au vĂ©nĂ©rable musĂ©e de l’Holocauste a suscitĂ© des critiques en IsraĂ«l et en Italie, des militants accusant l’institution d’avoir «blanchi Ă la chaux» sa politique nationaliste et appelant Ă des manifestations. Une pĂ©tition en ligne contre la visite de Salvini avait rassemblĂ© près de 1 200 partisans au moment de son dĂ©part de Rome.





