Le prĂ©sident congolais fait face Ă  des panneaux d’affichage Ă  JĂ©rusalem, l’accusant d’antisĂ©mite

Plusieurs panneaux géants critiquant Félix Tshisekedi, le président de la République démocratique du Congo, ont été accrochés cette semaine le long des routes de Jérusalem, où devait circuler le cortège de Tshisekedi. Sa visite de trois jours devait se terminer jeudi.

Les panneaux d’affichage l’accusent de promouvoir l’antisĂ©mitisme. « Felix, Stop the Corrupt Antisemitic Discrimination », ont-ils lu, sans donner plus de dĂ©tails.

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Le principal rival politique de Tshisekedi est Moise Katumbi, un homme politique d’origine judĂ©o-congolaise, et les lĂ©gislateurs qui lui sont fidèles tentent de disqualifier Katumbi en raison de ses origines. Un projet de loi qu’ils ont prĂ©sentĂ© au parlement congolais limiterait la prĂ©sidence Ă  ceux qui ont deux parents nĂ©s au Congo . S’il est adoptĂ©, le projet de loi empĂŞcherait Katumbi de se prĂ©senter contre Tshisekedi, qui dirige le deuxième pays le plus grand et le plus riche en minĂ©raux d’Afrique depuis janvier 2019.

Katumbi, l’un des hommes politiques les plus populaires du Congo, est nĂ© d’un juif grec qui a fui l’Holocauste en Europe et s’est installĂ© au Congo, oĂą il a Ă©pousĂ© une femme locale, la mère de Katumbi. Katumbi ne s’identifie pas comme juive.

Le parti de Tshisekedi, l’Union pour la dĂ©mocratie et le progrès social, a dĂ©fendu le projet de loi comme une mesure visant Ă  « sauvegarder la souverainetĂ© nationale et empĂŞcher l’ingĂ©rence Ă©trangère ».
Mais ses dĂ©tracteurs l’ont qualifiĂ© de tentative Ă  peine voilĂ©e pour empĂŞcher Katumbi de tirer parti de ses rĂ©fĂ©rences en tant que gouverneur dans une campagne basĂ©e sur un message anti-corruption.

Les reprĂ©sentants de Katumbi, qui vit actuellement Ă  Bruxelles en raison d’une action en justice contre lui au Congo, ont refusĂ© de commenter Ă  l’Agence tĂ©lĂ©graphique juive la campagne d’affichage en IsraĂ«l. L’ambassade du Congo Ă  Bruxelles, principale prĂ©sence du pays africain en Europe, n’a pas non plus rĂ©pondu dans l’immĂ©diat aux demandes de commentaire de JTA sur la campagne.

Et les organisateurs derrière le panneau d’affichage, qui incluent un IsraĂ©lien, ont Ă©galement refusĂ© de parler, sauf pour dire qu’ils pensaient qu’IsraĂ«l faisait une erreur en Ă©tablissant une relation avec Tshisekedi.

Les dirigeants israĂ©liens ont renforcĂ© les relations avec le Congo ces dernières annĂ©es, alors mĂŞme que les dĂ©tracteurs de Tshisekedi l’accusent d’ĂŞtre le successeur idĂ©ologique de son prĂ©dĂ©cesseur Joseph Kabila, que beaucoup au Congo accusent d’attiser les tensions ethniques et de voler de l’argent. (Kabila a dĂ©missionnĂ© en 2018 sans chercher Ă  ĂŞtre réélu au milieu d’Ă©normes manifestations. Il a Ă©galement maintenu brièvement Katumbi, critique et rival, en rĂ©sidence surveillĂ©e.)

S’exprimant lors de la confĂ©rence de l’American Israel Public Affairs Committee en 2020, Tshisekedi a annoncĂ© qu’il nommerait le premier ambassadeur du pays en IsraĂ«l en 20 ans et ouvrirait un bureau des intĂ©rĂŞts commerciaux Ă  JĂ©rusalem.

Cette semaine Ă  JĂ©rusalem, le prĂ©sident israĂ©lien Isaac Herzog a rencontrĂ© Tshisekedi, communiquant sans Ă©quivoque que les panneaux d’affichage ne reflĂ©taient pas la position du gouvernement israĂ©lien.
« L’État d’Israël », a déclaré Herzog à Tshisekedi, « soutient inconditionnellement votre ferme direction. »