Le Prix IsraĂ«l sera dĂ©cernĂ© au directeur de l’Institut de mĂ©decine lĂ©gale

Le Prix israĂ©lien pour la responsabilitĂ© civique sera dĂ©cernĂ© au Dr Hen Kugel, directeur de l’Institut de mĂ©decine lĂ©gale d’Abou Kabir.

La Treizième chaĂ®ne rapporte que le Dr Kugel sera honorĂ© pour son travail d’identification des corps des personnes tuĂ©es lors du massacre du 7 octobre. Cela n’a pas encore Ă©tĂ© officiellement annoncĂ©, mais le ministre de l’Éducation a dĂ©jĂ  approuvĂ© la recommandation du comitĂ© de rĂ©compense.

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Nationales Zentrum für Forensische Medizin – Wikipedia

Mardi, on a appris que le prix de l’hĂ©roĂŻsme civique serait dĂ©cernĂ© Ă  la « Team Elhanan », trois proches de la localitĂ© d’Otniel, qui sont venus en aide au kibboutz Beeri le matin du 7 octobre et ont sauvĂ© des dizaines d’habitants.

Elhanan Kalmanzon est mort aux mains d’un terroriste ; la rĂ©compense sera remise Ă  son frère et Ă  son neveu, Ă©galement prĂ©sents ce jour-lĂ .

Après le 7 octobre, l’Institut de médecine légale s’est trouvé confronté à une tâche pas facile, qui dépassait les capacités humaines.

Hen Kugel a ensuite déclaré aux journalistes : « Je n’ai jamais vu de ma vie une telle cruauté, des choses aussi monstrueuses. Dans certains cas, il ne restait que des cendres et un sac d’os.

Il a fallu identifier les corps d’enfants criblĂ©s de balles, de parents brĂ»lĂ©s vifs, serrant leurs enfants dans leur dernière Ă©treinte.

Il y a des corps partout. Ou des morceaux de corps.

Avant d’ĂŞtre examinĂ©s, les cadavres reposaient sur des civières Ă  roulettes, enveloppĂ©s dans d’Ă©pais sacs en plastique . Certains sont très petits, de la taille d’un enfant.

Un numĂ©ro est attachĂ© Ă  chacun d’eux. Il en arrive de partout, poussĂ©s par des hommes, la plupart des volontaires de Zaka, le plus souvent des juifs orthodoxes. Dans la religion juive, un corps ne peut ĂŞtre enterrĂ© que lorsqu’il est entier. Autant que faire se peut.

« Nous avons dĂ©cidĂ© d’exposer cette horreur parce qu’il y a des gens qui nous accusent de mentir et de montrer des ossements de chiens », dit Ă  l’AFP le directeur de l’Institut, le docteur Hen Kugel qui ne cherche mĂŞme pas Ă  retenir ses larmes.

Il montre un enchevĂŞtrement d’os et de lambeaux de chair liĂ©s ensemble par un câble Ă©lectrique dont la gaine a fondu. Au scanner, explique-t-il, on voit clairement deux colonnes vertĂ©brales. Celle d’un homme ou d’une femme, nous ne savons pas, et celle d’un enfant. La posture des deux corps montre que l’adulte a tentĂ© de protĂ©ger le petit. Ils ont Ă©tĂ© ligotĂ©s puis brĂ»lĂ©s vifs.

Le docteur Kugel essuie encore quelques larmes. Cela fait 31 ans que je fais ce mĂ©tier. Je n’ai jamais vu ce degrĂ© de barbarie, une telle cruautĂ©, un tel acharnement. C’est juste atroce.

– Corps sans tĂŞte –

Les autoritĂ©s israĂ©liennes ont dĂ©nombrĂ© plus de 1.400 morts depuis l’attaque menĂ©e le 7 octobre par des centaines d’islamistes du Hamas venus de la bande de Gaza pour s’infiltrer dans des localitĂ©s et kibboutz adjacents au territoire palestinien.

En plus des sept mĂ©decins lĂ©gistes de l’Institut de Tel-Aviv, un anthropologue, un radiologue et huit gĂ©nĂ©ticiens participent Ă  l’identification des corps, assistĂ©s par une trentaine de volontaires.

Tous se disent surpris par le fait que les poumons des victimes Ă©taient saturĂ©s de fumĂ©e. D’autres corps sont criblĂ©s de balles dans le dos. D’autres encore ont les mains transpercĂ©es par des lames ou des projectiles, ce qui rĂ©vèlent qu’ils se sont battus au corps Ă  corps contre leurs agresseurs.

« Nous ne savons pas combien de bébés sont morts, ni combien de personnes âgées. Il y a aussi beaucoup de corps sans tête ». Cela va prendre encore un peu de temps pour identifier tout le monde, admet le docteur Kugel quelques jours apres le 7 octobre.

Une famille entière d’Ukrainiens a pĂ©ri dans l’attaque du Hamas. Ils avaient fui le conflit dans leur pays. Il y aussi des ressortissants amĂ©ricains.

Peut-ĂŞtre d’autres nationalitĂ©s encore, prĂ©cise le mĂ©decin lĂ©giste Hagar Mizrahi.

Derrière lui, s’ouvre une porte Ă©lectrique coulissante percĂ©e d’un hublot. Sur une longue table mĂ©tallique, un corps gris est allongĂ©. LĂ  encore, impossible de dire s’il s’agit d’un homme ou d’une femme. Des tatouages sont visibles sur le dos et les membres gonflĂ©s. La victime n’a pas Ă©tĂ© brĂ»lĂ©e vivante mais les impacts de balles sont bien visibles.

Les responsables du lieu demandent aux journalistes de faire preuve de responsabilitĂ© en ne donnant pas d’indications qui pourraient perturber les familles des suppliciĂ©s.

– Je sens l’odeur –

Nurit Boublil, responsable de l’unitĂ© d’identification gĂ©nĂ©tique, indique que des centaines de corps ont Ă©tĂ© convoyĂ©s Ă  l’Institut. La plupart ont Ă©tĂ© identifiĂ©s.

Mais tout est rendu difficile par le fait que souvent les suppliciés ont été attachés ensemble. Il est donc possible que dans un seul sac, il y ait deux corps, voire trois, ajoute la médecin.

Avant d’arriver Ă  cet institut, certains corps ont d’abord transitĂ© par la base militaire de Shura, près de Ramla (centre), oĂą ils Ă©taient en attente d’une première identification ou d’inhumation dans des conteneurs rĂ©frigĂ©rĂ©s.

Sur place, parmi les mĂ©decins, experts mĂ©dico-lĂ©gaux et volontaires, l’ancien grand rabbin de l’armĂ©e, IsraĂ«l Weiss, est sorti de sa retraite pour aider.

« J’ouvre la porte des conteneurs rĂ©frigĂ©rĂ©s, je vois les corps, je sens l’odeur, je la laisse remplir mes poumons et mon coeur, mais ce que je ressens, c’est leur douleur et leur disparition » murmure le rabbin Weiss.

Lui et d’autres membres de son Ă©quipe qui ont examinĂ© les corps, affirment que de nombreuses victimes ont Ă©tĂ© torturĂ©es, violĂ©es ou maltraitĂ©es. L’AFP dit n’a pas Ă©tĂ© en mesure de vĂ©rifier leurs dĂ©clarations de source indĂ©pendante.

 » Jamais de ma vie je n’ai vu de telles horreurs », ajoute le rabbin devant des conteneurs oĂą sont disposĂ©s, dans chacun d’eux, jusqu’Ă  une cinquante de corps dans des sacs mortuaires blancs.

 » J’ai vu des bĂ©bĂ©s, des femmes et des hommes dĂ©capitĂ©s. J’ai vu une femme enceinte dont le ventre Ă©tait Ă©ventrĂ© et le bĂ©bĂ© arraché ».

Pour identifier les victimes, les Ă©quipes se basent sur des Ă©chantillons d’ADN, des empreintes digitales et des dossiers dentaires.

Rien ne pouvait nous préparer à cela, dit la sergent-chef Avigayil, en évoquant des sévices infligés aux corps des victimes.

Des psychologues et des assistants sociaux participent Ă©galement Ă  l’opĂ©ration pour aider les Ă©quipes d’identification Ă  la fin de chaque journĂ©e.