Alors que la communauté juive de Pittsburgh tente de se remettre du pire acte d’antisémitisme de l’histoire des États-Unis, le rabbin de la communauté qui a survécu au massacre se souvient des moments de terreur : « J’ai compris en moins de 30 secondes qu’il s’agissait d’un tir de masse ».
Des milliers de personnes ont assistĂ© Ă la rĂ©union interconfessionnelle organisĂ©e par la communautĂ© juive de Pittsburgh, qui a perdu 11 de ses membres cette semaine dans un massacre de la synagogue. Jeffrey Meyers, rabbin de la synagogue Etz Chaim, Ă©tait parmi les participants au rassemblement. Il a parlĂ© des moments de terreur qu’il a vĂ©cu pendant le service de prières du Shabbat.
« Quand j’ai entendu un grand bruit Ă l’extĂ©rieur de la synagogue, un Ă©tage plus bas, j’ai d’abord pensĂ© que quelqu’un avait tirĂ© un porte-manteau en mĂ©tal et avait peut-ĂŞtre perdu l’Ă©quilibre », a dĂ©clarĂ© le rabbin Meyers, qui a survĂ©cu au massacre. « Mais après environ 10 ou 15 secondes, j’ai dĂ©couvert que c’Ă©tait une sorte d’arme semi-automatique. »
Plus tard, le rabbin de la communautĂ© conservatrice a expliquĂ© comment il s’Ă©tait rendu compte qu’il avait dĂ©couvert une attaque meurtrière contre la communautĂ©. « J’ai compris dans les 30 secondes qui ont suivi le bruit », a dĂ©clarĂ© le rabbin. « Je n’ai pas servit dans l’armĂ©e, alors je ne connais ni l’armĂ©e, ni les bruits. Mais c’est un bruit que je n’oublierai jamais pour le reste de ma vie. «Â
Le rabbin, qui est revenu, a demandĂ© aux fidèles de trouver une cachette dès le dĂ©but de la fusillade. « J’ai ordonnĂ© Ă mes fidèles, au fond de la synagogue, de se laisser tomber au sol, de se cacher derrière des bancs en bois très Ă©pais, de rester immobiles et de ne pas bouger », a dĂ©clarĂ© le rabbin Meyers. « Pour les gens qui Ă©taient Ă l’avant, j’ai essayĂ© de les sortir rapidement de la synagogue, et de quitter l’endroit de l’arrière de la synagogue. »
Les survivants du massacre et les responsables de l’application de la loi ont dĂ©clarĂ© que Robert Bowers, qui tirait sur les pauvres gens avait criĂ© : « Tous les Juifs devraient mourir. » Quand on lui a demandĂ© s’il avait entendu Bowers crier quelque chose, le rabbin Meyers a rĂ©pondu : « Non, le seul cri que j’ai entendu a Ă©tĂ© celui de mes fidèles quand il les a tuĂ©s. »
Selon lui, la communautĂ© a encore du mal Ă faire face Ă la grave catastrophe qu’elle a subie. « Nous sommes toujours dans une combinaison de choc, de chagrin, d’incrĂ©dulitĂ© et de deuil, tous ensemble », a-t-il dĂ©clarĂ©. « Nous essayons toujours de digĂ©rer cette perte tragique. Je dois enterrer sept personnes prĂ©cieuses dans mon cĹ“ur. Nous faisons donc de notre mieux pour essayer de comprendre d’une manière ou d’une autre la signification de cela. »
« Ce n’est pas une affaire politique »
Le prĂ©sident Donald Trump a annoncĂ© qu’il arriverait en Pennsylvanie lundi avec son Ă©pouse Melanie pour rendre visite aux victimes du pire incident antisĂ©mite de l’histoire des États-Unis, mais la communautĂ© juive de Pittsburgh lui a demandĂ© de ne pas venir avant d’arrĂŞter d’attaquer les immigrants et les rĂ©fugiĂ©s.
« J’espère qu’il ne rentrera pas. Il n’a rien Ă chercher ici », a dĂ©clarĂ© Barry Weber, l’un des survivants du massacre de la synagogue. « Il se dit nationaliste et le dernier groupe politique que j’ai entendu se dire nationaliste Ă©tait les nazis ». Weber a repris Ă son compte les dĂ©clarations faites par de hauts responsables de la communautĂ© juive dans une lettre ouverte au prĂ©sident, affirmant que Trump Ă©tait en partie responsable du massacre. Plus de    16 000 personnes ont signĂ© la lettre.
Cependant, le rabbin Meyers pense diffĂ©remment. « En tant que dirigeant de notre pays, je pense certainement que la communautĂ© se fĂ©licitera de sa prĂ©sence ici, car c’est notre prĂ©sident », a dĂ©clarĂ© le rabbin. « Je ne pense pas que ce soit une affaire politique, cela n’a rien Ă voir avec la politique aux États-Unis. C’est une question de haine. «Â
Après la sĂ©rie d’attaques terroristes et d’incidents violents contre les Juifs en Europe, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a appelĂ© les Juifs français Ă immigrer en IsraĂ«l et Ă immigrer en IsraĂ«l. Quand on lui a demandĂ© si c’Ă©tait la solution Ă l’antisĂ©mitisme croissant aux États-Unis, le rabbin Meyers a rĂ©pondu : « Je ne sais pas quelle est la rĂ©ponse Ă ces dĂ©fis et Ă ces questions. Il me faudra beaucoup plus de temps pour digĂ©rer ce qui s’est passĂ©. «Â








