Le rabbin Ido Pachter autorise la construction de la souccah sous un balcon

Le rabbin Ido Pachter a publiĂ© la semaine dernière un article dans lequel il soulevait la question de savoir s’il Ă©tait temps ou non de lĂ©galiser les Souccots construits sous le balcon lorsque la distance entre eux est supĂ©rieure Ă  20 coudĂ©es.

Dans le message, Fechter a dĂ©crit la grande difficultĂ© de construire une soucca lorsqu’on vit dans une tour d’appartements, et dit que la situation actuelle empĂŞche beaucoup d’accomplir la mitsva. De plus, il a partagĂ© que dans le passĂ©, il avait construit une soucca sur le balcon en sachant que c’Ă©tait illĂ©gal, mais il l’a fait pour l’ambiance des fĂŞtes et l’expĂ©rience pour ses enfants.

Il convient de noter que le rabbin Pachter a basĂ© ses propos sur deux dĂ©cisions de la Halacha qui autorisent la construction d’une soucca sous le balcon lorsque la distance entre la soucca et le balcon est supĂ©rieure Ă  20 coudĂ©es.

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Celui qui a rĂ©pondu aux paroles du rabbin Pachter est le rabbin Amnon Bezek, qui a Ă©galement publiĂ© un long billet au cours duquel il a qualifiĂ© ses paroles de « prĂ©cĂ©dent dangereux », et a Ă©crit qu’elles « reflètent une approche rĂ©formiste ».

Article complet du rabbin Amnon Bezek

La dĂ©cision du rabbin Ido Pachter : « Peut-ĂŞtre est-il temps de lĂ©galiser les Souccots qui se construisent sur le balcon mĂŞme lorsqu’elles sont sous le toit d’un autre balcon ? », malgrĂ© la conscience que la proposition est contraire Ă  la « loi formelle », a suscitĂ© de nombreux Ă©chos. La publication des choses et leur style m’ont beaucoup attristĂ© et troublĂ©, car au-delĂ  de la question spĂ©cifique, c’est une question fondamentale concernant le changement de la Halacha de nos jours. »

Il ne fait aucun doute que les juges halakhiques (dayanim) Ă  travers les gĂ©nĂ©rations ont reconnu les changements dans la rĂ©alitĂ© comme un facteur pouvant influencer la dĂ©cision. Ă€ la lumière de cela, la question se pose : quelle est la diffĂ©rence entre une approche halakhique et une vision rĂ©formiste ? Après avoir traitĂ© de l’Ă©volution du droit halakhique dans de nombreux chapitres de mon livre ‘Nitzachoni Benei’, j’ai abordĂ© cette question dans le dernier chapitre, et soulevĂ© trois paramètres clĂ©s pour distinguer entre une approche halakhique et une approche rĂ©formatrice, qui se distinguent Ă©galement dans le prĂ©sente proposition.

Tout d’abord, la question des outils. Au fil des gĂ©nĂ©rations, les juges halakhiques ont Ă©tĂ© confrontĂ©s Ă  des dĂ©fis rĂ©alistes renouvelĂ©s avec des outils halakhiques : discussion des sources anciennes, recours Ă  certaines mĂ©thodes, distinction fondamentale entre les lois Daurita (de la Thora) et les lois Darbanan (des rabbanim)  pour permettre un soulagement basĂ© sur le « temps de besoin », et plus encore. Une approche rĂ©formiste, en revanche, ne se considère pas comme engagĂ©e dans le monde de la Halacha, et donc la motivation pour le changement suffit Ă  la qualifier. La nĂ©gligence consciente de l’obligation de Halacha est un dangereux prĂ©cĂ©dent.
Deuxièmement, la question des motifs. Dans de nombreux cas, les juges de la Halacha pour leurs gĂ©nĂ©rations ont considĂ©rĂ© de grandes difficultĂ©s afin de trouver un soulagement aux problèmes, mais la dĂ©finition de la rĂ©alitĂ© comme « difficultĂ© » est un Ă©lĂ©ment central du motif. Les juifs de toutes les gĂ©nĂ©rations ont courageusement et joyeusement observĂ© les mitsvot mĂŞme quand c’Ă©tait difficile : il Ă©tait difficile de trouver un lieu pour se faire baptiser, il Ă©tait difficile de trouver les quatre espèces, et il Ă©tait Ă©galement difficile d’observer les mitsvot de la soucca dans la diaspora israĂ©lienne, mais ces difficultĂ©s n’ont pas Ă©tĂ© considĂ©rĂ©es comme des facteurs suffisants pour modifier la Halacha.

 

Dans l’approche rĂ©formiste, en revanche, mĂŞme un lĂ©ger inconvĂ©nient suffisait Ă  annuler les commandements et les lois. Dans ce cas, avoir une soucca mitzvah dans des immeubles de grande hauteur est en effet un dĂ©fi, mais avec une bonne prĂ©paration, comme le font des milliers de familles, il peut certainement ĂŞtre relevĂ©. Si l’inconfort Ă  un tel niveau est considĂ©rĂ© comme un facteur suffisant, alors un barrage de nombreux cas dans lesquels un inconfort parallèle peut ĂŞtre identifiĂ© sera rompu ici.

Et enfin, la question de l’autoritĂ©. Le changement halakhique, mĂŞme dans les endroits oĂą cela est possible, nĂ©cessite l’autoritĂ© halakhique d’un arbitre aux larges Ă©paules, comme dans toute autre profession, surtout lorsqu’il s’agit d’un changement dramatique et significatif. Ceux qui ont provoquĂ© les changements Ă©taient Ă©galement ceux qui ont traitĂ© des dĂ©cisions dans de nombreux domaines qui ont illustrĂ© leur grandeur et l’Ă©tendue de leurs opinions dans tous les domaines de la halakha.

Quant aux dirigeants des rĂ©formistes, la plupart d’entre eux, ne venaient pas du monde de la jurisprudence et n’Ă©taient pas reconnus comme ayant une large connaissance des diffĂ©rents domaines de la Halacha.

MĂŞme ici, mĂŞme s’il s’agissait vraiment d’une discussion halakhique, une attitude respectueuse et humble envers le monde de la loi halakhique, dans un changement aussi dramatique, exige une attitude d’une autoritĂ© halakhique significative. 

Et enfin, ces choses et dans ce style causent Ă©galement du tort aux rabbins et aux juges de notre gĂ©nĂ©ration, qui font des efforts prĂ©cisĂ©ment dans l’esprit d’adapter la Halacha Ă  la rĂ©alitĂ© changeante dans divers domaines – le statut de la femme, la conversion, le traitement des Gentils et plus – mais avec des outils halakhiques et de manière respectueuse. L’affirmation de la « pente glissante » est souvent faite contre ces rabbins – mĂŞme si vous avez raison de dire qu’il existe une manière halakhique de changer, si nous commençons comme ça, qui sait oĂą nous finirons. Des choses de ce genre prouvent, malheureusement, qu’il y a du vrai dans cette affirmation, et c’est aussi pour cette raison qu’il faut soigneusement considĂ©rer l’intĂ©rĂŞt de les Ă©voquer, et examiner si le mal n’est pas plus grand que le bienfait.