Le rav de beit Chabad en Thaïlande répond à Naor Narkis et au « foyer laïque » : « Nous les accueillerons avec amour et les bras grands ouverts »

Ça ne s’est pas passĂ© comme prĂ©vu. Quand la nouvelle a commencĂ© Ă  circuler — un « foyer laĂŻque » s’apprĂŞte Ă  ouvrir ses portes Ă  Koh Phangan en ThaĂŻlande, directement face au beit Chabad local — la plupart des observateurs s’attendaient Ă  une guerre de communiquĂ©s. Ă€ des dĂ©clarations d’indignation. Ă€ une montĂ©e au front. Ce qui est venu Ă  la place a dĂ©sarmĂ© plus d’un commentateur.

Le rav de beit Chabad en ThaĂŻlande a choisi de rĂ©pondre non par la confrontation, mais par une phrase qui rĂ©sume l’ADN mĂŞme du mouvement Loubavitch : « Nous les accueillerons avec amour et les bras grands ouverts. » Une posture qui tranche singulièrement avec l’ambiance Ă©lectrisĂ©e qui règne depuis l’annonce du projet.

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Un projet qui a mis le feu aux poudres

Tout a commencĂ© avec la dĂ©cision du mouvement « Les LaĂŻques Libres » (HaHiloniim HaHofshiim) d’ouvrir ce qu’ils appellent le premier « foyer laĂŻque » (Beit Hiloni) du monde, Ă  l’Ă®le de Koh Phangan en ThaĂŻlande — avec effet dès le 30 juin. L’initiative est revendiquĂ©e explicitement comme une rĂ©ponse au modèle des maisons Chabad, ces centres communautaires juifs dissĂ©minĂ©s aux quatre coins du globe qui accueillent depuis des dĂ©cennies les voyageurs israĂ©liens.

Le prĂ©sident du mouvement, Ilai Harsgor-Hendin, ne s’est pas cachĂ© de cette inspiration : son organisation a « vu les mĂ©thodes efficaces des religieux pour rĂ©pandre leur message, comme les maisons Chabad dans le monde entier, et a dĂ©cidĂ© d’en adopter certaines, adaptĂ©es aux valeurs du judaĂŻsme laĂŻque. » La diffĂ©rence affichĂ©e ? Un lieu totalement dĂ©barrassĂ© de tout contenu religieux.

Le programme annoncĂ© du Beit Hiloni donne la mesure de l’ambition : ateliers de philosophie juive laĂŻque, repas du vendredi autour de l’identitĂ© laĂŻque, yoga et lecture des textes de Spinoza, ateliers de cuisine Ă  base de fruits de mer et de cuisine thaĂŻlandaise locale, soirĂ©es communautaires, rĂ©seautage, rencontres, et un espace de travail partagĂ© destinĂ© aux nomades numĂ©riques israĂ©liens.

Le mouvement a Ă©galement indiquĂ© que la communautĂ© juive laĂŻque de Londres se prĂ©pare Ă  ouvrir une antenne similaire, avec l’ambition de se dĂ©velopper et d’ouvrir plusieurs foyers laĂŻques Ă  travers le monde, principalement dans les zones de concentration d’IsraĂ©liens expatriĂ©s et de voyageurs.

L’annonce a dĂ©clenchĂ© un torrent de rĂ©actions en IsraĂ«l. D’un cĂ´tĂ©, de nombreux soutiens au projet, qui y voient une alternative bienvenue au modèle Chabad. De l’autre, une vague de dĂ©fenseurs de l’activitĂ© des Ă©missaires Chabad dans le monde, qui ont exprimĂ© leur colère face Ă  ce qu’ils perçoivent comme une tentative de supplanter un rĂ©seau qui sauve littĂ©ralement des vies depuis des dĂ©cennies — notamment lors d’accidents, de maladies ou d’arrestations Ă  l’Ă©tranger.

La rĂ©ponse du rav : une leçon d’amour juif

C’est dans ce contexte incandescent que le rav de beit Chabad Ă  Koh Phangan a pris la parole. Et sa rĂ©ponse a Ă©tĂ© Ă  l’opposĂ© de ce que la polĂ©mique laissait prĂ©sager. Loin de condamner l’initiative, le rav a tenu Ă  rappeler la philosophie fondatrice du mouvement Loubavitch : accueillir chaque Juif, quel qu’il soit, d’oĂą qu’il vienne, quoi qu’il pense. « Nous les accueillerons avec amour et les bras grands ouverts », a-t-il dĂ©clarĂ©. « Nous acceptons tous les Juifs avec amour, Ă©galement avec bienveillance. »

Il a prĂ©cisĂ© que beit Chabad est « ouvert Ă  tous les Juifs », que tous les Juifs « seront les bienvenus » chez eux, et que la maison Chabad se rĂ©jouit de voir des IsraĂ©liens venir Ă  Koh Phangan, « mĂŞme ceux qui viennent d’un foyer laĂŻque ». Le rav n’a exprimĂ© aucune animositĂ©, aucune rivalitĂ©, aucune volontĂ© de compĂ©tition. L’essentiel, pour lui, reste que les IsraĂ©liens ressentent « la chaleur » que seule une maison Chabad peut offrir, « la vraie maison de la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne », selon ses mots.

Cette rĂ©ponse est Ă  mille lieues du ton employĂ© par les rĂ©seaux sociaux israĂ©liens sur le sujet. Elle rappelle que si Chabad est parfois perçu de l’extĂ©rieur comme un mouvement prosĂ©lyte agressif, ses Ă©missaires sur le terrain ont souvent une tout autre approche — fondĂ©e sur l’accueil inconditionnel, sans jugement, sans pression. Naor Narkis, activiste laĂŻque qui figure parmi les figures de proue du mouvement anti-religieux en IsraĂ«l, a fait de la lutte contre l’influence de Chabad — notamment ses stands de tefillins devant les Ă©coles — un de ses chevaux de bataille. Le projet de foyer laĂŻque en ThaĂŻlande s’inscrit dans cette dynamique d’un « contre-rĂ©seau » mondial.

Mais face Ă  la rĂ©ponse du rav de Koh Phangan, la stratĂ©gie de confrontation se retrouve en quelque sorte dĂ©sarmĂ©e. Il est difficile de mener une guerre contre quelqu’un qui vous accueille avec amour.

Pour en savoir davantage sur l’activitĂ© des Ă©missaires Chabad dans le monde, vous pouvez consulter ces articles dĂ©jĂ  publiĂ©s sur notre site :

đź”— Nati Haddad emprisonnĂ© en ThaĂŻlande sera transfĂ©rĂ© en IsraĂ«l après l’intervention de Rivlin — un exemple concret du rĂ´le vital des Ă©missaires Chabad en Asie du Sud-Est.

đź”— Le mouvement Loubavitch dĂ©pose une requĂŞte urgente au Tribunal contre le maire de Tel Aviv — quand Chabad dĂ©fend son droit Ă  exister dans l’espace public israĂ©lien.