Le bureau du Premier ministre Netanyahu a publié dans la soirĂ©e une brève dĂ©claration sur le contenu de sa conversation tĂ©lĂ©phonique avec le prĂ©sident amĂ©ricain Biden aujourd’hui :Â
« Les dĂ©veloppements rĂ©cents ont Ă©tĂ© discutĂ©s, y compris l’engagement d’IsraĂ«l Ă atteindre tous les objectifs de la guerre : la destruction du Hamas, la libĂ©ration de tous les otages et la garantie que Gaza ne constituera plus une menace pour IsraĂ«l – tout en fournissant l’aide humanitaire nĂ©cessaire pour contribuer Ă la rĂ©alisation de ces objectifs. »Â
Dans le message officiel de la Maison Blanche, l’accent est mis diffĂ©remment. Biden aurait appelĂ© pour mettre en garde le Premier ministre israĂ©lien contre une opĂ©ration militaire prĂ©vue Ă Rafah. Le sens et l’issue de la conversation ont Ă©tĂ© clarifiĂ©s dans une interview accordĂ©e Ă NBC par le conseiller prĂ©sidentiel amĂ©ricain Ă la sĂ©curitĂ© nationale, Jake Sullivan.
« Notre position est que le Hamas ne doit pas se réfugier à Rafah ou ailleurs, mais une opération militaire à grande échelle là -bas serait une erreur. Cela entraînerait davantage de morts innocentes, aggraverait une crise humanitaire déjà désastreuse, augmenterait l’anarchie à Gaza et isolerait encore davantage Israël sur la scène internationale », a déclaré Sullivan. Il a déclaré que Biden « a réitéré au Premier ministre que les États-Unis partagent l’objectif commun de vaincre le Hamas, mais estiment que la réalisation de cet objectif nécessite une stratégie claire et cohérente » et qu’il est impossible de poursuivre la guerre sans un objectif stratégique clair.
Sullivan a dĂ©clarĂ© qu’il y avait un million de rĂ©fugiĂ©s Ă Rafah sans nulle part oĂą aller. IsraĂ«l n’a prĂ©sentĂ© aux alliĂ©s aucun plan pour Ă©vacuer les civils de Rafah, « encore moins un plan pour loger et nourrir ces personnes, leur offrant des conditions sanitaires minimales ». Il a soulignĂ© que Rafah reste le principal point de contrĂ´le pour les fournitures humanitaires entrant dans la bande de Gaza, et qu’une invasion militaire de cette ville menace de bloquer cette « route de la vie ».
Sans attendre un plan d’Ă©vacuation bien Ă©laborĂ© de Rafah depuis IsraĂ«l, Biden a demandĂ© Ă Netanyahu d’envoyer un groupe d’experts israĂ©liens Ă Washington, comprenant des militaires, des responsables du renseignement et des spĂ©cialistes humanitaires, afin que cette dĂ©lĂ©gation puisse rĂ©pondre Ă tous les doutes et questions des AmĂ©ricains sur les plans de l’opĂ©ration Ă Rafah et Ă©couter les rĂ©flexions des experts amĂ©ricains sur les mĂ©thodes alternatives pour atteindre les objectifs de guerre. Sullivan a dĂ©clarĂ© que Netanyahu avait promis d’envoyer une telle dĂ©lĂ©gation.Â
Jusqu’Ă ce que les nĂ©gociations avec ce groupe d’experts soient terminĂ©es, IsraĂ«l ne devrait pas envoyer de troupes Ă Rafah – selon Sullivan, les États-Unis « attendent » une telle dĂ©cision de la part de leur alliĂ©.Â
Cela signifie en rĂ©alitĂ© que les États-Unis sont directement impliquĂ©s dans la planification militaire de la dernière Ă©tape Ă Gaza et qu’ils vont sortir IsraĂ«l de la guerre « au-dessus de la tĂŞte » des dirigeants politiques de l’État fĂ©dĂ©rĂ©, qui ont perdu la confiance.Â
Jusqu’à prĂ©sent, Netanyahu a tout mis en Ĺ“uvre pour rester le seul canal de communication des États-Unis avec IsraĂ«l. Il a interdit au ministre de la DĂ©fense Galant de se rendre Ă Washington et s’est montrĂ© furieux lorsque Gantz s’y est rendu « sans autorisation ».Â





