L’ancien ministre de la DĂ©fense, Avigdor Liberman, a averti jeudi que la dĂ©cision du prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump de retirer toutes les troupes amĂ©ricaines de la Syrie pourrait entraĂ®ner une guerre dans le nord entre IsraĂ«l et les forces soutenues par l’Iran.
Trump a annoncĂ© mercredi que les soldats amĂ©ricains quitteraient la Syrie, car le groupe djihadiste de l’Etat islamique ayant Ă©tĂ© « battu ». Le retrait prĂ©vu a Ă©tĂ© critiquĂ© par les autoritĂ©s amĂ©ricaines et israĂ©liennes, qui ont prĂ©venu qu’il pourrait saper les efforts dĂ©ployĂ©s pour contrer l’Iran en Syrie.
« Le retrait des Etats-Unis de la Syrie augmente considĂ©rablement les chances d’un conflit total dans le nord, Ă la fois au Liban et en Syrie », a dĂ©clarĂ© Liberman Ă la radio israĂ©lienne.
Il a ajoutĂ© que le retrait amĂ©ricain renforcerait le moral du prĂ©sident syrien Bashar Assad, de l’Iran et du groupe terroriste libanais Hezbollah, ces deux derniers se battant au nom du rĂ©gime syrien dans la guerre civile dans ce pays.
Liberman, qui a démissionné le mois dernier pour protester contre la réaction du gouvernement à la violence dans la bande de Gaza, a également déclaré que la décision américaine entraînerait un changement stratégique majeur dans la région.
«Ce sont 2 000 soldats qui ont supervisĂ© le passage entre l’Irak et la Syrie. Nous parlons maintenant de terres chiites contiguĂ«s entre l’Iran, l’Irak et la Syrie », a-t-il dĂ©clarĂ©.
Moshe Ya’alon, prĂ©dĂ©cesseur de Liberman au poste de ministre de la DĂ©fense, a dĂ©clarĂ© qu’IsraĂ«l serait dĂ©sormais confrontĂ© Ă une situation de sĂ©curitĂ© « plus complexe » dans le nord.
« Il est en notre pouvoir de faire face à la nouvelle réalité si nous continuons notre politique active conformément à nos lignes rouges et à nos intérêts nationaux », a-t-il écrit sur Twitter jeudi.
Ya’alon a dĂ©clarĂ© que les Etats-Unis avaient « bien d’autres moyens d’agir et d’influencer » bien qu’ils n’aient pas de troupes sur le terrain. Il a appelĂ© le gouvernement Trump Ă reconnaĂ®tre la souverainetĂ© sur les hauteurs du Golan, qu’IsraĂ«l a capturĂ© Ă la Syrie lors de la guerre des Six jours de 1967.
« Pas en tant que » compensation « mais plutĂ´t en tant qu’expression d’un soutien continu », a-t-il dĂ©clarĂ©.
Ces dernières annĂ©es, IsraĂ«l a mis en garde Ă plusieurs reprises contre les efforts iraniens visant Ă Ă©tablir une prĂ©sence militaire en Syrie et Ă passer en contrebande des armes Ă son proxy, le Hezbollah, au Liban. Pendant ce temps, l’armĂ©e israĂ©lienne a menĂ© des centaines de frappes aĂ©riennes en Syrie contre des cibles liĂ©es Ă l’Iran.
«Israël ne peut pas permettre l’implantation de l’Iran en Syrie. Nous agirons à tout prix pour empêcher cela « , a déclaré jeudi le ministre des Finances, Moshe Kahlon, à la radio militaire.
L’annonce du retrait amĂ©ricain de la Syrie, qui aurait eu lieu après un appel tĂ©lĂ©phonique entre Trump et le prĂ©sident turc Recep Tayyip Erdogan, a Ă©galement suscitĂ© l’inquiĂ©tude quant au sort des combattants kurdes soutenus par les AmĂ©ricains dans le nord-est de la Syrie qui ont combattu l’Etat islamique.
La Turquie a accusé les miliciens kurdes d’avoir des liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan, qu’il considère avec les États-Unis et d’autres pays comme un groupe terroriste.
« Du point de vue des Kurdes, il y a un grave problème ici », a dĂ©clarĂ© Ă IsraĂ«l Katz, ministre des Transports, Ă propos du retrait amĂ©ricain. « Heureusement pour nous, IsraĂ«l n’est pas Kurde. »
Le ministre turc de la DĂ©fense, Hulusi Akar, citĂ© par l’agence Reuters jeudi, aurait dĂ©clarĂ© que les combattants kurdes « seront enterrĂ©s dans leurs fossĂ©s le moment venu », a annoncĂ© jeudi l’ agence Reuters .
Ce matin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a Ă©voquĂ© les efforts de neutralisation des tunnels du Hezbollah dans le nord du pays dans le cadre de l’opĂ©ration.
« Nous employons des moyens spĂ©ciaux pour neutraliser ces tunnels », a dĂ©clarĂ© Netanyahu. « Nous allons continuer nos activitĂ©s jusqu’Ă sa fin. »
« Nous continuerons d’agir de manière très agressive contre les tentatives de l’Iran de s’implanter en Syrie », a-t-il dĂ©clarĂ©, ajoutant que « dans ces circonstances, nous n’avons pas l’intention de rĂ©duire nos efforts, mais de les responsabiliser.





