L’intelligence militaire britannique a couvert les horreurs des camps de travail nazis de guerre sur une Ă®le de la Manche et a ignorĂ© une recommandation d’accuser au moins un officier allemand de crimes de guerre, a rapportĂ© d’anciens officiers de l’armĂ©e britannique.
Le rapport, dont la deuxième partie a Ă©tĂ© publiĂ©e dimanche dans le Daily Mail , rĂ©vise le nombre acceptĂ© de prisonniers qui sont morts sur l’Ă®le de 400 Ă 40 000 Ă 70 000. Il dĂ©fie radicalement l’histoire connue de l’occupation allemande en guerre d’Alderney, la plus septentrionale des Ă®les Anglo-Normandes habitĂ©es.
Il a été rédigé par le colonel Richard Kemp CBE, ancien commandant des forces britanniques en Afghanistan, et John Weigold, un officier qui a servi dans le Golfe et en Irlande du Nord.
L’histoire de l’occupation nazie d’Alderney est obscure parce que les rĂ©sidents ont Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©s avant que les Allemands ne viennent en 1940, laissant peu de tĂ©moins. Les Ă®les Anglo-Normandes Ă©taient la seule partie des Ă®les britanniques occupĂ©es par les Allemands dans la guerre.
Le rapport affirme que la vĂ©ritable horreur des tueries nazies a Ă©tĂ© couverte par l’intelligence militaire britannique, qui a envoyĂ© un jeune officier  inexpĂ©rimentĂ©, le capitaine Theodore « Bunny » Pantcheff, pour interroger les Allemands sur Alderney, oĂą ils avaient essayĂ© de construire une base secrete pour lancer des roquettes chimiques sur le continent britannique.
Pantcheff a parlĂ© aux gardes et prisonniers allemands et a estimĂ© que le nombre de personnes dĂ©cĂ©dĂ©es sur l’Ă®le Ă©tait d’environ 400. Le nombre a Ă©tĂ© acceptĂ© par ses supĂ©rieurs, qui auraient Ă©tĂ© embarrassĂ©s par le fait que les nazis avaient installĂ© un camp sur un sol britannique. MĂŞme si Pantcheff a recommandĂ© qu’un officier allemand soit accusĂ© de crimes de guerre, aucune accusation n’a Ă©tĂ© imposĂ©e. Son rapport a Ă©tĂ© archivĂ© et ensuite perdu ou dĂ©truit.
Kemp et Weigold affirment qu’il Ă©tait bien connu qu’il y avait quatre camps d’esclaves allemands sur l’Ă®le – Norderney, Sylt, Borkum et Helgoland – et prĂ©tendent qu’il y avait sept camps subsidiaires supplĂ©mentaires. Ă€ l’aide de photographies aĂ©riennes, le rapport prĂ©sente Ă©galement des sites de fosses communes suspectes.
« Des milliers sur des milliers de prisonniers de guerre et de travailleurs forcĂ©s russes, des hommes et des garçons ont Ă©tĂ© traĂ®nĂ©s de leurs villages en Russie et en Europe de l’Est, des Juifs de France, de Français et d’Espagne et mĂŞme des captifs du Maroc », a dĂ©clarĂ© le rapport.
« Les Allemands ont frappĂ© lĂ -bas », a dĂ©clarĂ© un survivant du camp au Mail. « Un autre homme a Ă©tĂ© crucifiĂ© pour avoir volĂ©, accrochĂ© Ă ses mains. Quand je me suis levĂ© le matin, j’ai vu des cadavres dans les couchettes autour de moi. Parfois, leurs rides avaient mangĂ© leur lèvres, leur nez et leurs oreilles.
« Il y avait une cabane spĂ©ciale oĂą les cadavres Ă©taient empilĂ©s. Plus tard, ils ont Ă©tĂ© emmenĂ©s, chargĂ©s sur des camions et jetĂ©s dans la mer. Nous Ă©tions alimentĂ©s juste d’eau avec quelques morceaux de navet qui flottaient lĂ -dessus, alors la vie Ă©tait une lutte constante pour la nourriture « , a dĂ©clarĂ© l’homme, qui n’a pas Ă©tĂ© nommĂ©. «J’ai trouvĂ© un tas de dĂ©chets près du chantier de construction oĂą j’ai travaillĂ© et remplis un sac avec des Ă©pluchures de lĂ©gumes et des feuilles de chou quand quelqu’un m’a mis face Ă un chien. Il a attaquĂ© encore et encore, dĂ©chirant tous mes vĂŞtements. Quand il a laissĂ© partir, j’ai Ă©tĂ© battu avec un bâton par un Allemand. J’Ă©tais très faible Ă l’Ă©poque. Il y avait environ 500 hommes dans mon camp, et au moins 300 morts .  »
Pantcheff est allĂ© vivre sur Alderney et a Ă©crit ce qui est devenu le livre dĂ©finitif sur l’occupation nazie de l’Ă®le. Ce livre « a perpĂ©tuĂ© le mythe d’une occupation relativement bĂ©nigne lĂ -bas, dans le mĂŞme ordre que Guernesey et Jersey, oĂą les insulaires et les occupants ont rĂ©ussi Ă vivre cĂ´te Ă cĂ´te en harmonie raisonnable », a dĂ©clarĂ© le rapport.
L’Organisation Todt Ă©tait le groupe d’ingĂ©nierie civile et militaire responsable d’une vaste gamme de projets d’ingĂ©nierie en Allemagne et dans les territoires occupĂ©s par l’Allemagne.
Ils ont estimĂ© que les nombreux corps ont Ă©tĂ© jetĂ©s dans la mer et emportĂ©s par les marĂ©es, tandis que d’autres auraient Ă©tĂ© incinĂ©rĂ©s. D’autres ont peut-ĂŞtre Ă©tĂ© jetĂ©s dans les fondations des structures en bĂ©ton qui ont Ă©tĂ© construites et recouvertes.
Le rapport de dimanche a Ă©tĂ© un suivi d’un rapport samedi dans lequel les auteurs ont affirmĂ© avoir dĂ©couvert un site inconnu sur l’Ă®le construit par les nazis afin de lancer des roquettes V1 aux forces alliĂ©es qui se rassemblaient en Grande-Bretagne en prĂ©paration pour lancer le 6 juin 1944, l’offensive du Jour-D pour libĂ©rer l’Europe.
Les salles spĂ©cialement construites et finies dans le complexe du tunnel ont Ă©tĂ© construites pour mettre des ogives chimiques sur les roquettes, ont expliquĂ© les auteurs, en spĂ©culant que c’Ă©tait le gaz  sarin.
Les histoires acceptĂ©es d’Alderney estiment qu’il y avait quelque 6 000 ouvriers esclaves juifs et russes dĂ©tenus dans deux camps de travail et deux camps de concentration sur l’Ă®le, amenĂ©s Ă construire les fortifications massives.
Moins de 1 000 étaient morts là -bas, le reste ayant été transféré en France en 1944.
Il n’y a que 397 tombes de prisonniers connues sur l’Ă®le.




