L’Ă©limination de Salah Aaruri est une rĂ©ussite opĂ©rationnelle impressionnante, en temps de guerre, qui augmente Ă©galement considĂ©rablement le danger d’une extension de la guerre entre IsraĂ«l et le Hezbollah.
Un autre angle sur la scène des éliminations à Beyrouth // Arab Networks
Al- Aruri Ă©tait un Ă©lĂ©ment important au sein du Hamas, juste derrière le trio qui dirige l’organisation Ă Gaza (Yahia Sinwar, Muhammad Daf et Marwan Issa). Il avait comme rĂ´le d’envoyer les terroristes dans des opĂ©rations mĂŞme s’il n’avait jamais commis d’attentats lui-mĂŞme. Il a passĂ© des annĂ©es en dĂ©tention administrative en IsraĂ«l et a finalement Ă©tĂ© libĂ©rĂ© dans le cadre d’un accord par lequel il a quittĂ© les territoires Ă l’Ă©tranger. Il a d’abord vĂ©cu Ă Damas, puis en Turquie, d’oĂą il dirigeait des escouades qui menaient des attaques dans les territoires palestiniens, y compris l’attaque au cours de laquelle les trois garçons ont Ă©tĂ© kidnappĂ©s et assassinĂ©s Ă l’Ă©tĂ© 2014.
Suite aux pressions israĂ©liennes, et craignant Ă©galement d’être Ă©liminĂ©, il quitte la Turquie et s’installe au Liban, oĂą il est parrainĂ© par le Hezbollah et devient très proche des dirigeants de la Force iranienne Qods. Parallèlement Ă ses instructions pour mener des attaques terroristes (et aux fonds qu’il a transfĂ©rĂ©s aux escouades sur le terrain), il a mis en place une infrastructure terroriste dans les camps de rĂ©fugiĂ©s qui a procĂ©dĂ© Ă plusieurs tirs de roquettes et a tentĂ© de s’infiltrer en IsraĂ«l, y compris dans la guerre actuelle.
De hauts responsables israĂ©liens ont dĂ©clarĂ© Ă plusieurs reprises dans le passĂ© qu’Al-aruri Ă©tait un mortel. Il y avait dĂ©jĂ de nombreuses raisons de l’Ă©liminer, mais après l’attaque du 7 octobre, il est devenu une cible d’Ă©limination – selon les dĂ©clarations ouvertes de l’Ă©lite politique et sĂ©curitaire en IsraĂ«l – aux cĂ´tĂ©s de ses amis de la direction du Hamas Ă Gaza et Ă l’Ă©tranger. Dans le passĂ©, Nasrallah avait prĂ©venu que l’Ă©limination d’Al -aruri ou d’autres hauts responsables entraĂ®nerait une rĂ©ponse directe du Hezbollah.
Nasrallah est dĂ©sormais confrontĂ© Ă la dĂ©cision la plus complexe Ă laquelle il a Ă©tĂ© confrontĂ© dans la campagne en cours : l’Ă©limination perpĂ©trĂ© au cĹ“ur du bastion chiite de Beyrouth justifie-t-il l’ Ă©largissement du cercle de combat jusqu’Ă tirer sur le centre d’Israel ? Sachant, qu’ il a dĂ©clarĂ© dans le passĂ© que la loi de Beyrouth est la loi de Tel-Aviv, sachant que cela pourrait conduire Ă une vaste campagne, tous les signes tĂ©moignent que le Hezbollah ne s’y intĂ©resse pas. D’un autre cĂ´tĂ©, Ă©viter de tels tirs ou se contenter d’une rĂ©ponse symbolique apprendra que Nasrallah a peur d’IsraĂ«l, qu’il n’a aucun intĂ©rĂŞt Ă unifier les fronts avec le Hamas et qu’il laisse le Hamas seul dans la campagne en tournant aussi le dos Ă son bienfaiteur : l’Iran.
Bien qu’Israël n’ait pas assumé la responsabilité de cet assassinat, personne n’a le moindre doute quant à savoir qui en est responsable. De là , nous pouvons également évoquer le dilemme : l’assassinat d’Al-aruri a une signification non seulement dans le contexte de la vengeance et des dommages causés aux dirigeants du Hamas, mais aussi dans les cercles plus larges du rétablissement de la dissuasion. Réaliser une telle élimination en temps de guerre nécessite un excellent renseignement et une grande capacité d’exécution sur une cible problématique et dangereuse, dont seuls quelques services de sécurité dans le monde disposent, et il existe une peur constante de se retrouver dans la même situation.
D’un autre côté, Israël n’est pas non plus intéressé actuellement par une campagne de grande envergure au Liban, du moins pas tant que la campagne à Gaza sera menée avec une haute intensité. Son élimination augmente considérablement les chances que cela se produise et que toutes les régions soient unies, y compris la Judée et la Samarie avec lesquelles Al -aruri a des liens étendus (principalement dans le secteur judéen).
Le défi israélien sera désormais d’empêcher cela et de dissuader le Hezbollah. Si cela se produit, Israël pourra respirer un peu d’air pour la première fois depuis le 7 octobre sachant que le Hamas a commencé à payer la facture seul et que, espérons-le, cela sera achevé dans un avenir très proche.






