L’indignation Ă©gyptienne vient de la crainte que l’activitĂ© militaire dans une zone extrĂŞmement dense (selon les estimations, environ 1,4 million de Gazaouis, dont la plupart ont Ă©tĂ© contraints de se dĂ©placer vers le nord et le centre de la bande de Gaza depuis le 7 octobre) puisse causer de graves dommages Ă la population et, accroĂ®tre les critiques intĂ©rieures contre le rĂ©gime Ă©gyptien en tant que quelqu’un qui prĂŞte main-forte Ă l’activitĂ© israĂ©lienne et intensifier les pressions sur lui pour permettre des motivations humanitaires au-delĂ de la population.
Les informations faisant Ă©tat d’une activitĂ© israĂ©lienne imminente Ă Rafah provoquent de vives rĂ©actions non seulement en Égypte, mais aussi dans d’autres pays arabes ainsi qu’aux États-Unis et en Europe. Par exemple, le ministère saoudien des Affaires Ă©trangères a Ă©mis un avertissement sur les consĂ©quences dangereuses de l’activitĂ© israĂ©lienne Ă Rafah.
Attaque contre une infrastructure terroriste du Hamas Ă Gaza (photo : porte-parole de Tsahal)
Selon diverses informations, le régime lui-même a récemment renforcé ses mesures de surveillance dans la région de Rafah pour empêcher les tentatives des Gazaouis de franchir le passage. La paix avec l’Égypte est l’un des atouts stratégiques les plus importants pour l’État d’Israël et un pilier central de la sécurité nationale.
L’Égypte, comme la Jordanie, a été contrainte depuis le début de la guerre de jongler entre contraintes internes de la population et intérêts stratégiques, fondés sur la volonté d’Israël de réussir à renverser le régime du Hamas à Gaza. Ceci, étant entendu qu’il s’agit d’une vaste campagne entre le camp dirigé par les États-Unis et l’axe radical dirigé par l’Iran, et que les résultats de la guerre auront de vastes conséquences régionales.
En outre, l’Égypte joue un rĂ´le clĂ© dans les nĂ©gociations visant Ă formuler de nouveaux plans pour le retour vivant des personnes enlevĂ©es. L’Egypte est mĂŞme censĂ©e ĂŞtre un acteur majeur dans la recherche d’une solution infrastructurelle Ă long terme pour empĂŞcher la poursuite de la contrebande sur la route de Philadelphie et pour restaurer la bande de Gaza le « jour d’après ». Dans ce contexte, il est Ă©galement Ă©vident que l’Égypte s’aligne sur la conception du prĂ©sident Biden concernant le rĂ´le de l’AutoritĂ© palestinienne dans la rĂ©habilitation de Gaza et la solution Ă deux États.
Dans cette perspective, le gouvernement israĂ©lien devrait prendre en compte les intĂ©rĂŞts de l’Égypte et tenter d’y rĂ©pondre dans le discours discret entre les pays. Ceci, tout en poursuivant l’activitĂ© militaire dĂ©terminĂ©e Ă vaincre le Hamas.
Dans ce contexte, les dĂ©clarations et les idĂ©es inutiles et futiles visant Ă embarrasser le rĂ©gime Ă©gyptien et Ă nuire au tissu dĂ©licat des relations entre les pays et Ă l’architecture de sĂ©curitĂ© d’IsraĂ«l doivent ĂŞtre Ă©vitĂ©es.
Le Premier ministre devrait donc prĂ©ciser qu’il est opposĂ© aux mesures unilatĂ©rales et que la possibilitĂ© de motiver la population et/ou de prendre des mesures unilatĂ©rales qui nuiraient Ă la souverainetĂ© Ă©gyptienne n’est pas Ă l’ordre du jour. La capacitĂ© d’IsraĂ«l Ă atteindre les objectifs de la guerre sera largement influencĂ©e par la combinaison de la puissance et de la dĂ©termination militaires avec la sagesse politique.
L’auteur est responsable du domaine international et du Moyen-Orient Ă l’Institut de politique et de stratĂ©gie de l’UniversitĂ© Reichman.
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