Les esclaves en libertĂ© – Par Rony Akrich

Un film, un livre, un spectacle, une musique, un travail, cela se consomme rapidement car c’est soit flippant, enivrant, soit rĂ©pandu au milieu de ce qui est assommant et sans valeur. Aujourd’hui nous favorisons les verdicts expĂ©ditifs et sans appel, sceau d’une prompte jouissance, relevant d’une rĂ©action, plus que d’une attention.

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Observez votre entourage, en tout lieu vous apercevrez ce penchant à sustenter un plaisir inapaisable grâce aux substances de consommation instantanée, vouloir encore et toujours du dérivatif.

Le dressage des masses par « l’avoir » commence dès leur plus jeune âge et les transforme en consommateurs obĂ©issants, devenus influençables, commodes Ă  convaincre pour tout ce qui relève de la fĂ©licitĂ© des plaisirs. La famille humaine contemporaine n’a guère la capacitĂ© de prendre ses distances face Ă  ces perversions, tant s’en faut, elle prĂ©fère s’y noyer.

Notre ordinaire affectionne les semblants et les artifices qu’on lui suggère, il n’entend rien Ă  la profondeur et au SacrĂ©, il s’abandonne au culte de l’image, il vĂ©nère le fantastique et le maintenant. Il aime aller se faire-voir, se faire-valoir, vivre dans la chimère, le plagiat et l’esthĂ©tique. En rĂ©sumĂ©, nul tourment quant Ă  son devenir bien pâle.

On ne dialogue plus, on ne communique plus.

Par contre nous suivons la même émission ou la même leçon des savants-amuseurs publics !

On savoure en famille ou entre amis un enthousiasme soporifique identique et il nous semble pourtant bien partager quelque chose. Ensuite nous adopterons les balivernes et les radotages avec contentement, puisque avec la stupidité et la fadaise, on reste dans le «commun», on «communique», on est avec les autres.

Dans le vide Ă©motionnel de nos rapports, la non-communication, il est toujours possible de faire un  repli sur soi pour symboliser la carence d’un rĂ©el contact par une image virtuelle. « Tchatter » sans fin avec des anonymes et prĂ©tendre converser pour supplĂ©er au manque de dialogue.

On est bien malhabile pour engager une discussion avec la jeune fille du palier, saisir le rire d’un gamin ou s’Ă©tonner devant l’envol d’un oiseau, nĂ©anmoins on prĂ©fère ĂŞtre « branché » Ă  l’ensemble des rĂ©seaux et Ă©viter tout contact avec la rĂ©alitĂ©.

Cet archĂ©type de sociĂ©tĂ© imposĂ© Ă  la planète Terre est rudimentaire, il n’est pas du tout l’Ă©cho de la sociĂ©tĂ© rĂŞvĂ©e.

Il traduit une comprĂ©hension primitive de la Vie. Les valeurs de l’existence ne sont nullement proportionnelles aux volumes de nos avoirs.

Limiter notre vie au consumĂ©risme ce serait vouloir l’abĂ®mer en vain. Lorsque l’existence percevra l’apanage de son intĂ©gritĂ©, elle s’animera Ă  la vie pour concevoir et se rĂ©gĂ©nĂ©rer dans un univers Ă  son image.

La situation n’est pas mirobolante, l’image est consternante, les terriens parviendront-ils Ă  s’extirper de cette Egypte dans laquelle ils se sont fourvoyĂ©s.

Certes ils se sont dotĂ©s des savoir-faire les plus rĂ©volutionnaires mais leur conduite ne tĂ©moigne pas d’une très grande maturitĂ© d’ĂŞtre, ni mĂŞme d’une mansuĂ©tude pour autrui.

Ils taisent l’apartĂ© de leur corps et prĂ©fèrent ingurgiter journellement une somme effarante d’arsenics.

Leurs loisirs se prĂ©lassent et se traĂ®nent dans les dĂ©jections mĂ©diatiques, ils ne reconnaissent pas le nĂ©cessaire utile et se plaisent Ă  amasser l’inutile. Ils luttent et se dĂ©battent sans cesse pour atteindre un soi-disant sommet d’oĂą il serait possible de dominer leurs alter ego.

Nulle notion d’harmonie ni mĂŞme de la dĂ©raison des scissions ne les traversent foncièrement. Ils n’octroient qu’un intĂ©rĂŞt relatif Ă  l’éducation de leurs enfants car concourir aux diplĂ´mes reste prĂ©fĂ©rable du seul fait de l’avoir quantitatif.

On reste sidĂ©rĂ© mais guère Ă©tonnĂ© par tant de bestialitĂ© et tant de brutalitĂ© qui domine aujourd’hui nos sociĂ©tĂ©s.

Malgré une telle ambiance, ils souhaiteraient se réjouir et festoyer à la pérennité de la suprématie du spécimen, louer et encenser la société de consommation!

Ils voudraient diviniser ce qu’ils nomment la nouvelle « liberté », bien que cette dernière se passe aisĂ©ment de sa propre responsabilitĂ©.

Si ma vie est rĂ©flĂ©chie, j’en suis le garant, c’est uniquement moi qui possède les brides de mon destin. Perfidie que de penser se dĂ©douaner au dĂ©pend d’autrui.

Nul autre que moi ne dĂ©cide, n’aime, ne s’engage et ne s’investit dans quoi que ce soit, sans revendiquer que la responsabilitĂ© demeure sous ma propre autoritĂ©.

J’ai la volontĂ© de soutenir ma vie.

Je suis l’obligĂ© de mes actes, je ne dĂ©tiens pas simplement la dĂ©termination de mes rĂ©solutions, mais plus que cela, j’en assume les effets inhĂ©rents.

La vie est un don fabuleux qui nous offre l’opportunitĂ© de dĂ©couvrir notre ĂŞtre sensible et notre responsabilitĂ© vis Ă  vis d’un monde qui est nĂ´tre. Nous sommes redevables Ă  la vie qui guette notre implication, car elle nous donne un prĂ©sent magnifiant nos existences, nous octroyant sa lumière intĂ©rieure, sa plĂ©nitude et son sens.

L’ĂŞtre humain accompli, l’ĂŞtre humain parvenu Ă  son plein Ă©panouissement apprĂ©ciera cette responsabilitĂ© du devenir Humain.

Par Rony Akrich

 

 

1 COMMENTAIRE

  1. Oui bien sur des olives sur la table du Ceder, mais des olives dediĂ©s au arabes qui occupent la JudĂ©e Samarie des olives qui Ă  la fin du Ceder doivent etre ecrasĂ©es du talon… une coutume qui pourait devenir un joli rituel