RĂ©cemment, la Haute Cour de justice a Ă©tĂ© confrontĂ©e Ă deux reprises Ă un phĂ©nomène nouveau : des avocats ont dĂ©posĂ© des recours auprès de la Cour avec des donnĂ©es dĂ©libĂ©rĂ©ment fausses et simplement fictives, y compris des rĂ©fĂ©rences Ă des dĂ©cisions de justice qui n’ont jamais Ă©tĂ© rendues. La raison est que les avocats rĂ©digent des recours Ă l’aide de robots d’IA et font aveuglĂ©ment confiance Ă leurs informations.Â
Le premier cas de ce type a Ă©tĂ© signalé le 24 fĂ©vrier par la correspondante de TheMarker, Yifat Neuman. Lors de l’examen de l’appel contre la dĂ©cision du tribunal de la charia, les juges de la Haute Cour Gila Knafi-Steinitz, David Mintz et Yosef Elron ont Ă©tĂ© surpris de trouver des rĂ©fĂ©rences Ă des « prĂ©cĂ©dents judiciaires » fictifs.Â
L’avocate a expliquĂ© avoir « utilisĂ© un site qui lui avait Ă©tĂ© recommandĂ© par des collègues » et a demandĂ© aux juges d’examiner l’appel sur le fond, mais compte tenu de l’ampleur croissante de l’utilisation de l’IA, les juges ont estimĂ© nĂ©cessaire de prendre une dĂ©cision pour l’avenir : dans de tels cas, les tribunaux ont le droit de rejeter les demandes sans examiner le fond et de punir les avocats nĂ©gligents en leur imposant des frais de justice.
La dĂ©cision judiciaire , qui fait jurisprudence, explique que l’IA dite gĂ©nĂ©rative, qui alimente de grands modèles linguistiques comme ChatGPT, est capable « d’halluciner » – de produire des textes d’apparence plausible qui n’ont aucun lien avec la rĂ©alitĂ©, ainsi que de produire des informations erronĂ©es, obsolètes et dĂ©libĂ©rĂ©ment dĂ©formĂ©es. Et les avocats, utilisant les technologies de l’IA dans leur travail, sont obligĂ©s de vĂ©rifier soigneusement tous les faits reçus des robots IA, contre lesquels le Barreau les a dĂ©jĂ officiellement mis en garde.
Moins d’une semaine plus tard, la Haute Cour de justice a de nouveau été confrontée à des « hallucinations d’IA » dans un appel déposé par un groupe de défense des droits des chiens contre le ministre de l’Agriculture. Cette fois, les juges ont rejeté l’appel sans examen et ont ordonné à l’association de payer les frais de justice à hauteur de 7 000 shekels.





