L’avertissement sans prĂ©cĂ©dent lancĂ© par les forces de sĂ©curitĂ© concernant le danger immĂ©diat d’un attentat Ă Istanbul est liĂ© Ă la pression exceptionnelle que subissent les mĂ©canismes de sĂ©curitĂ© iraniens. Il y a eu rĂ©cemment une sĂ©rie d’assassinats en cours en Iran attribuĂ©s Ă IsraĂ«l, et ce fait a créé le fort dĂ©sir de TĂ©hĂ©ran de se venger.
Les tentatives d’attentats terroristes ont Ă©galement Ă©chouĂ© Ă plusieurs reprises ces dernières annĂ©es – y compris en Asie de l’Est et en Afrique, et ce fait ne fait qu’augmenter leur pression. Comme la capacitĂ© de l’Iran dans ces pays est limitĂ©e et compte tenu du fait qu’ils n’ont aucun intĂ©rĂŞt Ă commettre des attentats terroristes en Europe au milieu des pourparlers nuclĂ©aires, la Turquie, qui a une longue frontière avec l’Iran et a une prĂ©sence de dizaines de milliers de touristes israĂ©liens, est devenu la rĂ©gion prĂ©fĂ©rĂ©e.
Bien que les Turcs aient commencĂ© Ă construire une clĂ´ture Ă leur frontière avec l’Iran, celle-ci est toujours brisĂ©e et dans l’est du pays, l’influence iranienne est considĂ©rable. La crise Ă©conomique vĂ©cue par la Turquie et l’effondrement du taux de change de la livre turque ont fait du pays une destination encore moins chère et plus attractive pour les IsraĂ©liens, et donc dans les conditions actuelles, le gouvernement israĂ©lien aurait dĂ» interdire les vols vers le pays et ne pas se contenter de recommandations. L’Ă©vitement de cela peut ĂŞtre liĂ© Ă une tentative israĂ©lienne de marcher entre les gouttes dans les relations sensibles avec la Turquie, qui se sont rĂ©cemment amĂ©liorĂ©es de manière significative.
Une autre faiblesse est le fait que dans le passĂ©, il y avait une coopĂ©ration de renseignement très fructueuse avec les Turcs, mais pendant les annĂ©es du règne d’Erdogan, elle s’est complètement dissipĂ©e. Cela a créé des lacunes importantes dans l’image du renseignement concernant ce qui se passait Ă l’intĂ©rieur de la Turquie. Il faut Ă©galement en conclure qu’il peut y avoir d’autres menaces importantes en Turquie dont IsraĂ«l n’est tout simplement pas au courant.
Cependant, dans le contexte de la dĂ©cision d’Erdogan d’apporter un changement positif dans les relations avec IsraĂ«l, la coopĂ©ration en matière de renseignement concernant les alertes ponctuelles pendant la tension actuelle est très bonne. Les Turcs ne sont en aucun cas intĂ©ressĂ©s par une attaque iranienne sur leur territoire, qui nuirait gravement non seulement au tourisme en provenance d’IsraĂ«l mais aussi du reste du monde, car d’autres pays pourraient Ă©mettre un avertissement de voyage Ă la Turquie. En pĂ©riode de crise Ă©conomique profonde, cela pourrait ĂŞtre un coup extrĂŞmement dur pour Ankara.
De plus, il faut rappeler que la Turquie sunnite est un rival stratĂ©gique de l’Iran chiite. Alors qu’Erdogan aspire Ă faire revivre l’Empire ottoman et Ă faire de la Turquie la puissance hĂ©gĂ©monique de la rĂ©gion, l’Iran aspire Ă faire exactement la mĂŞme chose et Ă Ă©tablir une hĂ©gĂ©monie chiite sous sa direction au Moyen-Orient. En fin de compte, il y a un intĂ©rĂŞt turc clair Ă ce que les Iraniens Ă©chouent Ă mener une attaque.
MalgrĂ© la motivation turque, il est important de rappeler que de nombreux attentats ont eu lieu dans le pays au fil des ans, tant par la clandestinitĂ© kurde que par al-QaĂŻda puis par ISIS. Les capacitĂ©s des forces de sĂ©curitĂ© turques et des services de renseignement locaux ne sont pas claires, et il est conseillĂ© aux IsraĂ©liens sĂ©journant dans le pays de ne pas s’y fier. En fin de compte, s’il y avait suffisamment de renseignements, nous aurions dĂ©jĂ entendu parler de l’arrestation des terroristes, et cela ne s’est pas encore produit – du moins pour certaines escouades.
Par consĂ©quent, le message aux milliers d’IsraĂ©liens qui sont encore en Turquie est clair : Sortez du pays immĂ©diatement. Risquer sa vie, pour des vacances, ça n’en vaut pas la peine.




