Quarante ans. C’est le temps qui s’est Ă©coulĂ© depuis que le navigateur Ron Arad a Ă©tĂ© capturĂ© au Liban après l’explosion de son F-4 Phantom lors d’une mission dans le sud du pays, le 16 octobre 1986. Sa famille attend toujours. IsraĂ«l attend toujours. Et selon les dĂ©clarations d’un ancien haut responsable du renseignement, un horizon commence Ă se dessiner.
Eyal Tzir Cohen, ancien directeur du dĂ©partement « Tevel » au Mossad et haut responsable du Shin Bet, s’est exprimĂ© sur la radio 103FM dans un entretien avec AmichaĂŻ Atali et Guideone Oku, et a directement Ă©voquĂ© la question du retour de Ron Arad dans le cadre d’un futur accord entre IsraĂ«l et le Liban. Son message Ă©tait mesurĂ© mais chargĂ© de sens.
Une hypothèse dominante, une vérité difficile à atteindre
Tzir Cohen, qui a eu directement en charge le dossier des soldats disparus et prisonniers au fil des annĂ©es, a indiquĂ© que les efforts dĂ©ployĂ©s par les services de renseignement pour retrouver les restes du navigateur ont Ă©tĂ© considĂ©rables. « La question de Ron Arad a Ă©tĂ© l’une des plus lourdes que nous ayons traitĂ©es au fil des ans. Des efforts impossibles Ă dĂ©crire en termes d’investissement de ressources et de mise en danger des actifs du Mossad et de l’ensemble du système de dĂ©fense ont Ă©tĂ© consentis pour tenter de retracer ce qui lui Ă©tait arrivĂ©. »
Il a prĂ©cisĂ© qu’il existe une hypothèse dominante quant au destin de Ron Arad, sans en rĂ©vĂ©ler la teneur, et que le principal obstacle a toujours Ă©tĂ© d’accĂ©der physiquement, sur le terrain, aux points oĂą les renseignements estimaient qu’il y avait une forte probabilitĂ© de retrouver ses restes.
L’accord avec le Liban comme facteur dĂ©terminant
C’est lĂ que l’entretien prend tout son relief. Si des pourparlers en vue d’un accord entre IsraĂ«l et le Liban sont actuellement rapportĂ©s dans la presse israĂ©lienne comme incluant une exigence de restitution des restes du navigateur Ron Arad, Tzir Cohen n’a pas infirmĂ© cette information. Au contraire, son analyse de la dynamique rĂ©gionale actuelle — notamment sa lecture du mĂ©morandum d’entente entre l’Iran et les États-Unis — laisse entendre qu’une normalisation du statut du Liban pourrait ouvrir pour la première fois des possibilitĂ©s d’accès au terrain libanais que les dĂ©cennies prĂ©cĂ©dentes n’avaient pas permis.
Le nom de Ron Arad rĂ©sonne depuis mars 2026, date Ă laquelle un commando d’Ă©lite israĂ©lien avait menĂ© une opĂ©ration nocturne dans le cimetière de Nabi Chit dans la Bekaa, fouillant des tombes en quĂŞte de ses restes — en vain. Cette opĂ©ration, coordinĂ©e avec un renseignement pointant vers un lieu prĂ©cis, avait illustrĂ© Ă la fois la dĂ©termination inchangĂ©e d’IsraĂ«l et la difficultĂ© persistante Ă obtenir des preuves tangibles sur le sol libanais.
La famille d’Arad suit de près ces dĂ©veloppements. Sa veuve Tami avait exprimĂ© Ă plusieurs reprises que les recherches ne devaient pas mettre en danger la vie des soldats — mais que l’État se devait de continuer Ă chercher. Un accord de paix avec le Liban pourrait, pour la première fois depuis quatre dĂ©cennies, transformer cette quĂŞte de l’ombre en dĂ©marche officielle et lĂ©gitimĂ©e.






