L’hĂ´pital Ziv de Safed se prĂ©pare Ă  transfĂ©rer ses activitĂ©s sous terre

L’hĂ´pital Ziv de Safed se prĂ©pare Ă  transfĂ©rer l’ensemble de son activitĂ© mĂ©dicale vers un complexe souterrain. La dĂ©cision, prise en amont des directives officielles du Commandement du front intĂ©rieur, tĂ©moigne d’une dĂ©gradation prĂ©occupante de la situation sĂ©curitaire dans le nord d’IsraĂ«l face Ă  l’intensification des tirs du Hezbollah.

La nuance est importante : les instructions en vigueur du Commandement du front intĂ©rieur ne contraignent pas encore l’hĂ´pital Ă  cette mesure, Safed n’Ă©tant pas classĂ©e comme ville de première ligne. Mais la direction de l’Ă©tablissement a jugĂ© prudent d’anticiper. La raison est simple : le Hezbollah a Ă©largi ces dernières semaines la portĂ©e et la frĂ©quence de ses tirs, atteignant des localitĂ©s jusqu’ici Ă©pargnĂ©es — dont Safed. Des roquettes ont rĂ©cemment touchĂ© ou alertĂ© la ville, justifiant cette mise en Ă©tat de prĂ©paration prĂ©ventive.

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Cette initiative de l’hĂ´pital Ziv intervient dans un contexte oĂą son homologue de Nahariya, l’hĂ´pital GalilĂ©e — situĂ© Ă  une dizaine de kilomètres de la frontière libanaise, celui-lĂ  directement en zone de front — a pour sa part reçu une directive formelle du ministère de la SantĂ© lui ordonnant de descendre sous terre. L’hĂ´pital de Nahariya est passĂ© maĂ®tre dans cet exercice depuis le dĂ©but du conflit. Ses sous-sols ont Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©s il y a plus de vingt ans prĂ©cisĂ©ment pour cette Ă©ventualitĂ© : accueillir l’intĂ©gralitĂ© des services hospitaliers — blocs opĂ©ratoires, maternitĂ©, urgences — derrière des portes blindĂ©es et Ă  l’abri des frappes.

L’hĂ´pital Ziv a lui-mĂŞme une longue expĂ©rience de la gestion des crises sĂ©curitaires. Depuis le dĂ©but du conflit avec le Hezbollah, il accueille rĂ©gulièrement des blessĂ©s civils et militaires Ă©vacuĂ©s depuis des localitĂ©s plus proches de la frontière. Des soldats touchĂ©s lors de frappes Ă  Kiryat Shmona et dans d’autres secteurs du nord ont Ă©tĂ© pris en charge dans ses services. Mais le fait que Safed elle-mĂŞme devienne une cible constitue un palier supplĂ©mentaire dans l’escalade.

La dĂ©cision de prĂ©parer le transfert souterrain en amont des ordres officiels reflète une logique de responsabilitĂ© mĂ©dicale : dans un hĂ´pital, le dĂ©lai est un facteur critique. Une fois la directive d’Ă©vacuation Ă©mise, il faut ĂŞtre en mesure de dĂ©placer patients, Ă©quipements et personnel en quelques heures. Les exercices rĂ©alisĂ©s lors des conflits prĂ©cĂ©dents ont montrĂ© que les Ă©tablissements qui anticipent ce basculement s’en sortent bien mieux que ceux qui attendent l’ordre officiel pour commencer Ă  planifier.

Le tableau d’ensemble est celui d’un nord d’IsraĂ«l placĂ© sous pression croissante. Depuis la reprise des hostilitĂ©s avec le Hezbollah en mars 2026, plus de 3 500 roquettes, missiles et drones ont Ă©tĂ© tirĂ©s sur le territoire israĂ©lien. Le 30 mai encore, des alertes ont retenti pour la première fois depuis plusieurs semaines Ă  Karmiel et Safed, et des roquettes sont tombĂ©es en mer au large de Nahariya. Le Commandement du front intĂ©rieur a durci ses consignes de protection dans l’ensemble de la rĂ©gion.

Pour les habitants du nord, cette actualitĂ© hospitalière rĂ©sonne de manière particulière. Elle signifie que mĂŞme les infrastructures mĂ©dicales — dernier rempart civil — ne s’estiment plus Ă  l’abri d’une frappe directe, et qu’elles s’organisent en consĂ©quence.

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