L’implication de Netanyahu dans la rĂ©forme ne montre plus de crainte de conflit d’intĂ©rĂŞts

Le discours du Premier ministre Benjamin Netanyahu, jeudi soir, a non seulement annoncĂ© son implication directe dans la rĂ©forme judiciaire, mais a Ă©galement signalĂ© qu’il se sentait protĂ©gĂ© par la loi sur l’incapacitĂ© contre son accord sur les conflits d’intĂ©rĂŞts .

Netanyahu a Ă©tĂ© soumis Ă  un accord sur les conflits d’intĂ©rĂŞts de 2020 qui conditionnait sa formation d’un gouvernement Ă  des restrictions sur les pouvoirs et les actions qui pourraient avoir un impact sur ses procès pour corruption en cours. L’accord, organisĂ© par l’ancien procureur gĂ©nĂ©ral Avichai Mandelblit , a Ă©tĂ© confirmĂ© en effet par une dĂ©cision de la Haute Cour de justice de 2021.

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L’accord sur les conflits d’intĂ©rĂŞts stipulait que Netanyahu ne pouvait pas s’impliquer dans les nominations des autoritĂ©s judiciaires et d’application de la loi. La crainte Ă©tait que le Premier ministre puisse avoir un impact sur ses procès pour corruption Ă  son avantage par le biais de ceux qu’il avait aidĂ©s Ă  accĂ©der Ă  des postes de pouvoir.

La procureure gĂ©nĂ©rale Gali Baharav-Miara a annoncĂ© fin janvier que l’accord organisĂ© par son prĂ©dĂ©cesseur Ă©tait toujours en vigueur. Quelques jours plus tard, Baharav-Miara a envoyĂ© une lettre Ă  Netanyahu l’informant qu’il ne pouvait pas s’impliquer dans la lĂ©gislation et le processus des rĂ©formes judiciaires. Netanyahu aurait demandĂ© Ă  ĂŞtre impliquĂ© dans les nĂ©gociations, mais le procureur gĂ©nĂ©ral l’a refusĂ©.

Fonction et composition du comité de sélection des juges
Un Ă©lĂ©ment clĂ© de la rĂ©forme judiciaire modifierait la composition et la fonction du comitĂ© de sĂ©lection des juges. Les critiques soutiennent qu’un projet de loi sur le panel crĂ©erait une majoritĂ© de coalition automatique qui serait en mesure de nommer des juges et des juges politiquement alignĂ©s sur la coalition.

Alors que Netanyahu a contestĂ© et pestĂ© contre la dĂ©cision de Baharav-Miara, au cours des trois derniers mois, il s’est largement conformĂ©. Netanyahu n’a pas Ă©tĂ© le visage public de la rĂ©forme, bien qu’il s’agisse de la politique la plus importante et la plus controversĂ©e de son gouvernement .

Netanyahu n’a jamais Ă©tĂ© timide devant les camĂ©ras. Ses dĂ©clarations ont abordĂ© des situations autour de la rĂ©forme – les protestations, la rhĂ©torique, l’impact sur l’Ă©conomie et l’armĂ©e – mais c’est le ministre de la Justice Yariv Levin et plus encore le prĂ©sident de la commission de la Constitution, des lois et de la justice Simcha Rothman qui doit diriger le les efforts de nĂ©gociation de la coalition et ont dĂ©battu de la substance et du contenu des projets de loi et des dispositions induviaux.

Le discours de Netanyahu sur la rĂ©forme judiciaire est en contradiction directe avec l’opinion de Baharav-Miara selon laquelle il ne devrait pas s’impliquer dans la rĂ©forme. Il a explicitement dĂ©clarĂ© jeudi soir qu’il reprendrait les nĂ©gociations, et serait impliquĂ© dans la rĂ©forme. Il a passĂ© en revue les dĂ©tails du projet de loi sur la sĂ©lection des juges et d’autres dispositions, plaidant ouvertement pour la loi, et a fait pression pour sa poursuite dans le processus lĂ©gislatif.

Après trois mois Ă  se cacher dans l’ombre de la rĂ©forme, ce serait une grande coĂŻncidence si la grande annonce d’implication de Netanyahu interviendrait le lendemain de l’adoption de la loi sur l’incapacitĂ© sans aucun lien.

Les mĂ©dias israĂ©liens ont rapportĂ© fin janvier que le bureau du procureur gĂ©nĂ©ral envisageait de dĂ©clarer le Premier ministre inapte au service en raison de son conflit d’intĂ©rĂŞts . L’AG a niĂ© ces rapports, qui soutenaient qu’une loi fondamentale: la disposition du gouvernement sur la dĂ©claration du Premier ministre inapte serait utilisĂ©e comme base de la dĂ©cision. Certains experts juridiques ont soutenu que le fondement juridique de cette dĂ©cision est faible, car la disposition est largement utilisĂ©e pour des situations mĂ©dicales, bien qu’elle ne soit pas dĂ©taillĂ©e de manière exhaustive dans la loi.

La coalition semblait croire qu’il y avait une probabilitĂ© que la loi soit utilisĂ©e de cette manière. Il a Ă©tĂ© demandĂ© Ă  la Haute Cour d’empĂŞcher le procureur gĂ©nĂ©ral de dĂ©clarer Netanyahu inapte Ă  servir de cette manière. La pĂ©tition n’a pas Ă©tĂ© purement et simplement rejetĂ©e. En consĂ©quence, la coalition a soumis la loi d’incapacitĂ©, qui a Ă©tĂ© adoptĂ©e mercredi soir.

La loi sur l’incapacitĂ© modifie la Loi fondamentale d’un gouvernement prĂ©cisant qu’un Premier ministre ne peut ĂŞtre dĂ©mis de ses fonctions que s’il Ă©tait physiquement ou mentalement incapable d’occuper le poste. La dĂ©cision est Ă©galement placĂ©e entre les mains des ministres et de la Knesset, par opposition au procureur gĂ©nĂ©ral.

Il n’est pas immĂ©diatement clair si le conflit d’intĂ©rĂŞts ne peut pas vraiment ĂŞtre appliquĂ© ou si sa violation est portĂ©e devant la Haute Cour, mais le moment de l’adoption de la loi et l’annonce par Netanyahu de l’implication de la rĂ©forme montrent clairement que le Premier ministre et sa coalition se croient protĂ©gĂ©s.