À peine quelques heures après que le président américain Donald Trump eut annoncé solennellement la conclusion d’un accord avec la République islamique d’Iran, Téhéran a envoyé un signal sans ambiguïté : l’accord ne sera pas mis en œuvre tel quel. Dans un développement dramatique qui approfondit la crise diplomatique, le régime iranien a formulé des conditions entièrement nouvelles, dont la satisfaction est présentée comme un préalable indispensable à toute application concrète des engagements signés.
Selon des informations en provenance de Téhéran, l’Iran conditionne désormais l’exécution du mémorandum à deux exigences majeures : un retrait israélien complet du sud du Liban, et le déblocage immédiat d’environ 12 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés dans des banques occidentales.
Une annonce unilatérale de Trump, des engagements que Téhéran élargit
Dans son allocution, Trump avait mis l’accent sur la réouverture du détroit d’Ormuz et la levée du blocus naval américain, présentant ces éléments comme les acquis centraux de l’accord. Il s’était en revanche abstenu de détailler l’ensemble des engagements américains contenus dans le mémorandum.
C’est l’agence de presse iranienne Mehr qui a pris soin de combler ce vide, en publiant le texte intégral des dispositions telles que Téhéran les interprète. Selon ce document, l’accord prévoirait une cessation totale des activités militaires sur tous les fronts, un retrait des forces américaines des zones proches des frontières iraniennes, et l’engagement des États-Unis à ne pas intervenir dans les affaires intérieures de la République islamique. Sur le plan économique, la suspension immédiate des sanctions et le gel des avoirs iraniens seraient actés dès l’entrée en vigueur du mémorandum. Téhéran réclame à présent que ces fonds soient débloqués intégralement — sans attendre la conclusion d’un accord nucléaire définitif.
Le régime islamique se paie la tête de Trump
La scène sur les chaînes de télévision officielles iraniennes a frappé les observateurs. Les porte-parole du régime ont accueilli l’annonce de l’accord avec des déclarations qui sonnaient moins comme un soulagement que comme une victoire proclamée sur l’adversaire. « L’Amérique a été contrainte de signer un accord pour mettre fin à la guerre contre la République islamique d’Iran et le front de la résistance », ont-ils déclaré. Le mot « contrainte » n’était pas anodin.
Ces mêmes porte-parole ont affirmé que Trump avait demandé aux Iraniens de faire preuve de « retenue » concernant la frappe israélienne sur Beyrouth, et se serait en outre engagé à obtenir un retrait israélien du Liban — une affirmation que Washington n’a pas confirmée.
Cette séquence s’inscrit dans la dégradation spectaculaire des relations entre Washington et Jérusalem. Dans un entretien accordé au New York Times, Trump avait vertement critiqué le Premier ministre Netanyahu, déclarant : « C’est un homme très difficile, et franchement il devrait nous être reconnaissant. Parce que si l’Iran avait eu l’arme nucléaire, Israël n’aurait pas survécu deux heures. »
Ce que le régime iranien semble avoir parfaitement compris, c’est que la tension entre Trump et Netanyahu constitue une fenêtre d’opportunité. En posant de nouvelles conditions au lendemain même de la signature, Téhéran teste la solidité de l’accord, évalue jusqu’où Washington est prêt à aller pour préserver le texte — et mesure si Israël représente encore un facteur de blocage réel dans l’équation américaine.
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