Donald Trump a prĂ©sentĂ© ses Ă©changes avec l’Iran comme « solides et très productifs ». La rĂ©alitĂ© qui se dessine entre TĂ©hĂ©ran, Washington et les capitales mĂ©diatrices est bien plus chaotique, plus contradictoire — et rĂ©vĂ©latrice d’un dialogue de sourds oĂą chaque camp parle avant tout Ă ses propres opinions publiques.
D’un cĂ´tĂ©, Trump affirme que des discussions sĂ©rieuses se tiennent avec « la personne la plus respectĂ©e d’Iran, pas le Guide suprĂŞme » — une formule Ă©nigmatique que les sources israĂ©liennes interprètent comme une allusion au prĂ©sident du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf. Ce dernier est prĂ©sentĂ© par certains cercles diplomatiques comme l’interlocuteur de facto dans les contacts qui se dĂ©roulent via des canaux indirects, notamment turcs, pakistanais et possiblement Ă©gyptiens.
De l’autre cĂ´tĂ©, le ministère iranien des Affaires Ă©trangères a niĂ© catĂ©goriquement toute nĂ©gociation, affirmant que la RĂ©publique islamique « maintient sa position rejetant tout type de pourparlers avant d’atteindre ses objectifs de guerre ». Et Qalibaf lui-mĂŞme a postĂ© sur X : « Il n’y a eu aucune nĂ©gociation. » Une contradiction frappante avec le rĂ´le qu’on lui prĂŞte dans les coulisses.
Le jeu de Qalibaf : menacer en public, parler en secret ?
Le profil de Qalibaf sur les rĂ©seaux sociaux dessine en tout cas celui d’un homme qui a fait de la provocation son langage privilĂ©giĂ©. Il a raillĂ© les dĂ©clarations amĂ©ricano-israĂ©liennes affirmant que 320 % des lanceurs iraniens avaient Ă©tĂ© dĂ©truits — « et pourtant l’Iran continue Ă tirer Ă cadence Ă©levĂ©e » — et a annoncĂ© qu’il planifie de « dĂ©truire 500 % supplĂ©mentaires ». Il a Ă©galement menacĂ© Ă plusieurs reprises que le dĂ©troit d’Ormuz « ne reviendra jamais Ă son Ă©tat d’avant-guerre ».
Pourtant, selon des sources israĂ©liennes, c’est bien avec cet homme que les AmĂ©ricains conduiraient l’essentiel de leurs Ă©changes sur une sortie de crise. Cette dualitĂ© — discours de guerre en public, contacts prudents en coulisse — est caractĂ©ristique de la façon dont le rĂ©gime iranien gère les moments de pression maximale : il ne peut pas se permettre d’apparaĂ®tre comme capitulant, mais il ne peut pas non plus ignorer la menace d’une destruction de ses infrastructures Ă©nergĂ©tiques.
Pakistan, Turquie, Égypte : une diplomatie à plusieurs relais
Les nĂ©gociations, si tant est qu’on puisse les appeler ainsi, ne se tiennent pas entre AmĂ©ricains et Iraniens face Ă face. Elles transitent par au moins trois intermĂ©diaires : le Pakistan, dont le gĂ©nĂ©ral Asim Munir joue un rĂ´le de premier plan malgrĂ© les pressions internes de sa population chiite ; la Turquie ; et l’Égypte. Des sources amĂ©ricaines ont confirmĂ© que les trois ministres des Affaires Ă©trangères de ces pays ont tenu des contacts avec l’envoyĂ© de la Maison Blanche Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires Ă©trangères Abbas Araghchi.
Une rencontre directe entre des hauts responsables amĂ©ricains et iraniens Ă Islamabad Ă©tait Ă©voquĂ©e pour la fin de semaine. Mais la logique de cette diplomatie fragmentĂ©e est aussi sa faiblesse : elle laisse ouverte Ă chaque partie la possibilitĂ© de nier, d’interprĂ©ter, ou de faire marche arrière sans perdre la face formellement.
Dans ce contexte, la phrase d’Ibrahim Zolfiqari — « il nĂ©gocie avec lui-mĂŞme » — prend tout son sens. Ce n’est pas simplement une provocation. C’est une façon pour TĂ©hĂ©ran de signifier qu’il n’a pas encore officiellement acceptĂ© d’entrer dans un processus de nĂ©gociation et qu’il refuse de laisser Trump dĂ©finir seul la rĂ©alitĂ© de ce qui se passe entre les deux capitales.
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Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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