Elle avait suivi les consignes à la lettre. Elle est sortie de sa voiture, s’est allongée sur le bas-côté de la route. Cela n’a pas suffi. Nouriel Dubin est morte là, au bord d’un carrefour de Haute Galilée, à six mois de son mariage.
Nouriel Dubin, 27 ans, originaire du moshav Margaliot et résidente de la communauté de Bnei Yehuda sur le plateau du Golan, a été tuée dans la soirée du mardi 24 mars par une roquette qui a percuté le carrefour de Machanyim, en Haute Galilée. Deux autres personnes ont été légèrement blessées par des éclats et ont été prises en charge sur place par les équipes du Magen David Adom avant d’être évacuées vers l’hôpital Ziv.
Elle avait tout pour elle. Un fiancé qui l’attendait, Yedid, avec qui elle devait se marier dans six mois. Des parents, Yoram et Shoshana, et deux frères et sœurs, Aviram et Sapir. Un travail qu’elle aimait — conseillère auprès des jeunes et enseignante en maternelle dans la communauté de Bnei Yehuda. Un engagement au service de son pays aussi, puisqu’elle servait en parallèle comme soldate dans la réserve militaire. C’est cette femme-là qu’une roquette a fauchée au bord d’une route, dans le fossé où elle s’était allongée pour se protéger, conformément aux directives du Commandement du Front intérieur.
Les dernières secondes
Le secouriste du MDA, Oren Neeman, a raconté ce qu’il a trouvé en arrivant sur les lieux. Dans un fossé en bordure de route, une jeune femme inconsciente, gravement blessée par des éclats d’obus, présentant de multiples lésions aux organes vitaux. Après examen, les médecins n’ont eu d’autre choix que de constater son décès sur place. Un homme d’une vingtaine d’années, blessé à la tête par des éclats, a expliqué aux secouristes qu’il s’était lui aussi arrêté sur le bas-côté au moment de l’alerte, et qu’un projectile était tombé à proximité. Il a été transporté à l’hôpital dans un état stable.
La tragédie de Nouriel Dubin illustre une réalité cruelle que vivent les habitants du Nord d’Israël depuis des mois : même ceux qui suivent scrupuleusement les consignes de sécurité ne sont pas à l’abri. Les roquettes ne font pas la distinction entre ceux qui courent et ceux qui s’allongent.
Un deuil communautaire
Le Conseil régional du Golan a exprimé ses condoléances à la famille en des termes qui disent toute la proximité de cette communauté avec la douleur de ceux qu’elle a perdus. L’école Mitzpe Golan, où la mère de Nouriel, Shoshana, enseigne en CP, pleure à la fois une élève et une ancienne de la maison. La communauté de Bnei Yehuda perd l’une de ses animatrices, celle qui guidait ses jeunes et berçait ses tout-petits.
Dans la même journée, d’autres drames ont endeuillé le pays. Plus tôt, un médecin issu de la communauté bédouine a été grièvement blessé — avec sa femme et ses deux jeunes enfants, légèrement touchés — par un missile tiré depuis l’Iran qui a frappé le Néguev. Le médecin, rentré chez lui après une longue journée à l’hôpital Soroka de Beer-Sheva, a été évacué en état critique. Les trois membres de la famille ont été pris en charge et transférés au même hôpital où il travaillait quelques heures plus tôt.
Avant-hier, c’est Ofer Moskowitz, habitant du kibboutz Misgav Am, qui a été tué — par des tirs d’artillerie israéliens mal calibrés en direction du Liban, selon les conclusions de l’enquête de Tsahal. Une batterie d’artillerie stationnée à proximité avait mal évalué les distances, et plusieurs obus avaient atterri sur le territoire du kibboutz.
Nouriel Dubin n’aurait jamais dû mourir ce soir-là. Elle avait fait ce qu’on lui avait dit de faire.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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