L’Iran se vante «de ces villes souterraines qui abritent des navires et des missiles» et qui seront « un cauchemar pour les ennemis ».

Dans le manuel de la rhĂ©torique iranienne, chaque Ă©chec doit ĂŞtre confrontĂ© Ă  une revendication Ă©gale et opposĂ©e Ă  une certaine forme de succès. L’incapacitĂ© de l’Iran Ă  protĂ©ger les infrastructures critiques, ainsi qu’une sĂ©rie d’explosions dans une usine de missiles et un site nuclĂ©aire au cours de la dernière semaine et demie, ont conduit TĂ©hĂ©ran Ă  dĂ©signer de nouvelles «villes de missiles» dans le cadre de son arsenal qui en fait un «Cauchemar» pour les ennemis. Qu’est-ce qu’une «ville des missiles» et pourquoi l’Iran en parle-t-il maintenant ?

Les commentaires ont Ă©tĂ© faits dimanche par le brigadier-gĂ©nĂ©ral Alireza Tangsiri, qui a dĂ©clarĂ© que l’Iran a «des villes souterraines qui abritent des navires et des missiles». L’ensemble du littoral du sud de l’Iran possède ces armes, a-t-il affirmĂ©. La plupart de ces systèmes d’armes sont entre les mains du Corps des gardiens de la rĂ©volution islamique, et non de la marine iranienne rĂ©gulière. Ils sont constituĂ©s de diverses forces marines, y compris des unitĂ©s des Basij, selon les mĂ©dias iraniens. Ils comprennent 428 flottilles sur 2 200 km du littoral. Les systèmes sont concentrĂ©s dans des zones clĂ©s le long du golfe Persique et face au golfe d’Oman.

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L’Iran a effectuĂ© des tests dans le passĂ© avec ces flottes de bateaux rapides et ses missiles. Dans l’ensemble, le programme semble liĂ© aux commentaires formulĂ©s en octobre 2019 par Ali Hajizadeh de la force aĂ©rospatiale du CGR sur divers sites de missiles souterrains. Les «villes» de missiles sur la cĂ´te ont Ă©tĂ© construites sur le littoral ou dans des installations au large des cĂ´tes sur des Ă®les et d’autres rĂ©gions. Les dĂ©tails complets sur la façon dont ils sont exĂ©cutĂ©s et si les Ă©lĂ©ments de la Marine ou du Corps aĂ©rospatial de l’IRGC les exĂ©cutent ne sont pas clairs.

La vantardise sur les «villes de missiles» intervient Ă  la suite d’un test Ă  la mi-juin d’un missile de croisière iranien qui a Ă©tĂ© tirĂ© en mer , qui aurait une portĂ©e de 280 km. L’Iran a Ă©galement dĂ©clarĂ© en avril qu’il avait augmentĂ© la portĂ©e de ses missiles navals Ă  700 km.

Cependant, l’Iran a tirĂ© un missile en mai qui a heurtĂ© par erreur l’un de ses propres navires, tuant plus d’une douzaine de marins. C’est l’autre face du programme militaire iranien. Dans le but d’augmenter ses capacitĂ©s et de se montrer, l’Iran a commis de nombreuses erreurs et pris des raccourcis. Il a abattu un avion de ligne civil ukrainien en janvier. Il convient de rappeler qu’au dĂ©but du mois de juin, les photos satellites ont Ă©galement montrĂ© que l’Iran avait reconstruit une maquette Ă  grande Ă©chelle d’un porte-avions amĂ©ricain pour s’entraĂ®ner Ă  le dĂ©truire.

L’Iran est de plus en plus agressif en mer. Il a menĂ© un exercice massif «vers al-Quds» au dĂ©but de 2019 Ă  l’aide de dizaines de drones et de motomarines. Le nom du jeu de guerre Ă©tait censĂ© Ă©voquer le «chemin de JĂ©rusalem», comme si l’Iran frappait IsraĂ«l. En fait, l’Iran menaçait les navires qui traversaient le golfe Persique. En mai et juin, il a minĂ© six de ces navires. Il a Ă©galement abattu un drone de surveillance amĂ©ricain qui volait près des cĂ´tes iraniennes. Il a harcelĂ© les navires amĂ©ricains en avril 2020, comme il l’avait fait Ă  plusieurs reprises auparavant.

C’est le contexte de l’histoire des «villes missiles». L’Iran peut ressentir le besoin de se dĂ©chaĂ®ner, car il est sous la pression des sanctions amĂ©ricaines et semble avoir subi de nouveaux revers dans son programme nuclĂ©aire et de missiles. TĂ©hĂ©ran a donc fustigĂ© septembre dernier, attaquant les raffineries de pĂ©trole d’Abqaiq en Arabie saoudite Ă  l’aide de drones et de missiles de croisière.