NĂ© allemand, converti au judaĂŻsme et habitant de JudĂ©e Samarie: « Un Juif ne peut pas comprendre d’oĂą vient la haine antisĂ©mite »

Uli (Ulrich Ya’akov) Becker (35 ans) est nĂ© et a grandi en Allemagne de l’Est en tant qu’allemand Ă  tous Ă©gards. Il s’est converti en IsraĂ«l et vit Ă  Tekoa. Il est mariĂ© Ă  Oshrat et a trois enfants.

« Allemagne de l’Est, la plupart d’entre eux Ă©taient socialistes, ils disent qu’ils ont Ă©galement combattu les nazis qui, bien sĂ»r est un non-sens, car presque tous Ă©taient des nazis pendant la guerre, » dit-il.

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Son grand-père avait 14 ans à la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais le frère de sa grand-mère a servi pendant un an dans la section SS avant de tomber au combat contre les Russes. « Il n’y a guère de famille en Allemagne qui n’ait pas de racines nazies. »

Il est venu au judaĂŻsme par accident, il cherchait un an de service en dehors de l’Allemagne et avait plusieurs options : il voulait le Portugal ou la France, la troisième option Ă©tant IsraĂ«l. Le dĂ©part pour le Portugal et la France s’est fait par le biais d’organisations chrĂ©tiennes. « Parce que je venais de l’Allemagne de l’Est oĂą nous Ă©tions athĂ©es, comme partout dans le communisme, je suis venu en IsraĂ«l par le biais d’une organisation non chrĂ©tienne.

Ainsi, il se retrouva dans un appartement Ă  Kiryat Ono, faisant du bĂ©nĂ©volat auprès de plusieurs autres Allemands et Danois. Au moment oĂą il a atterri, il s’est senti Ă  la maison. Et ce qui l’impressionnait beaucoup, c’était le groupe de religieuses et de filles des sherout lĂ©oumi qui ont servi au mĂŞme endroit. «Il semblait y avoir quelque chose de spĂ©cial en elles, des valeurs, une douceur, une colonne vertĂ©brale et le fait de savoir ce qu’elles attendaient que d’elles-mĂŞmes. Au contraire, nous Ă©tions confus en tant qu’Allemands. « 

De lĂ , il a peut-ĂŞtre fait un chemin intellectuel avec le peuple juif, et c’est de lĂ  que vient sa critique de l’antisĂ©mitisme dont l’expression meurtrière Ă©tait dans l’Holocauste nazi. « Le peuple juif a des valeurs profondes dĂ©finies dans la Torah… Les Allemands vivent le fait qu’ils sont en rĂ©alitĂ© le peuple Ă©lu, mais il existe un autre peuple qui prĂ©tend ĂŞtre le peuple Ă©lu et qui a plus de succès dans de nombreux domaines, notamment dans le domaine moral. C’est aussi dans notre culture, mĂŞme quand on parlait de Juifs, mĂŞme quand ils disaient du bien, leur attitude envers les Juifs est diffĂ©rente, ce n’est pas comme si vous parliez des Français ou de toute autre personne.

Il est difficile pour les Juifs de comprendre les raisons profondes de l’antisĂ©mitisme.
Dans les vidĂ©os, vous voyez les nazis sourire, beaucoup d’entre eux tuant des juifs avec un sourire, ils ont Ă©tĂ© relâchĂ©s, un aspect de la moralitĂ© morale dans l’assassinat d’un juif. Il est difficile pour les Juifs de comprendre cela – les raisons profondes de l’antisĂ©mitisme. Ils y pensent comme le pensent les Juifs, plus rationnels, plus humains. Et inversement, l’exemple allemand s’attendrait Ă  beaucoup plus de dĂ©sir de vengeance de la part des Juifs.

J’ai entendu le tĂ©moignage d’une des survivantes d’Auschwitz, Giselle, qui a racontĂ© qu’après la libĂ©ration du camp, elle avait vu leur garde chercher ses chaussures et que quelqu’un les lui avait volĂ©es et elle s’Ă©tait sentie dĂ©solĂ©e pour tout ce qu’il lui avait fait.

Tout le monde pense que l’autre pense la mĂŞme chose, ce qui n’est pas vrai. Tout comme les IsraĂ©liens pensent aux Iraniens ou au Hamas qui disent vouloir dĂ©truire le peuple juif, ils parlent de problèmes Ă©conomiques internes et non du fait qu’ils veulent vraiment nous dĂ©truire pour une raison et un besoin matĂ©riel profond et non Ă©motionnel. « 

Peut-ĂŞtre qu’il raconte que lorsqu’il s’est approchĂ© du judaĂŻsme, l’Holocauste n’Ă©tait pas lĂ  du tout, du moins pas consciemment. Mais au fil des annĂ©es, il entre dans l’histoire, dĂ©couvre des tĂ©moignages de mĂ©moire dans le salon et sert mĂŞme d’interprète allemand pour l’organisation Amcha : lettres que les gens reçoivent des autoritĂ©s allemandes pour les indem-niser de ce qu’ils ont vĂ©cu pendant l’Holocauste.

En Allemagne, c’est l’Ă©ducation qui construit l’enfant en le brisant. Il n’y a pas d’enfants allemands, il y a de petits adultes. NĂ©anmoins, lors de la sirène qui sonne la JournĂ©e de la Shoah, je pleure », dit-il.