Les discussions au sein du Likoud autour des listes électorales et les rumeurs persistantes sur la possibilité que Benjamin Netanyahu crée une nouvelle formation politique ont conduit le site Maariv à poser la question frontalement à ses lecteurs. Le résultat de ce sondage en ligne est un signal d’alarme pour le Premier ministre.
À la question de savoir combien de sièges obtiendrait le Likoud sans Netanyahu, les réponses sont convergentes vers le bas : 36,4 % des personnes interrogées estiment que le parti tomberait entre 10 et 20 mandats, et 33,9 % pensent qu’il passerait sous la barre des 10 sièges. Autrement dit, près de 70 % des participants au sondage jugent que le Likoud sans Netanyahu serait incapable de dépasser 20 mandats — soit moins de la moitié de ce qu’il obtient actuellement.
L’homme et le parti : une équation impossible à séparer
Cette donnée résume une réalité que les dirigeants du Likoud connaissent mais évitent de formuler à voix haute : le parti est devenu, au fil des années, l’extension personnelle de Netanyahu bien plus qu’une structure idéologique autonome. Les électeurs ne votent pas Likoud — ils votent Netanyahu. Ce qui était une force considérable pendant deux décennies est devenu une vulnérabilité structurelle : si Netanyahu disparaît de la scène, que reste-t-il ?
La question des « armures » — les garanties de position sur les listes électorales accordées à certains membres — empoisonne actuellement les débats internes du parti. Dans un contexte pré-électoral tendu, chaque député défend sa place, et le Premier ministre se retrouve à devoir arbitrer des conflits qui fragilisent sa propre base.
Une nouvelle formation : solution ou précipice ?
L’autre scénario qui circule — la création d’un nouveau parti sous la direction de Netanyahu lui-même — n’est pas perçu comme une solution miraculeuse. Le sondage indique que même une formation nouvelle dirigée par Netanyahu ne serait pas forcément en mesure de lui garantir une large majorité. Les électeurs israéliens, selon ces données, semblent fatigués de l’instabilité chronique, et une nouvelle rupture institutionnelle risque d’être perçue comme une fuite en avant plutôt que comme un projet politique cohérent.
Le paysage politique israélien reste profondément fragmenté. Les élections qui se profilent s’annoncent comme l’une des plus imprévisibles depuis des années — dans un pays qui, depuis 2019, a enchaîné cinq scrutins sans parvenir à une stabilité durable.
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