Macron encore « encaisse » : la compagnie maritime française CMA CGM confirme qu’un de ses navires a Ă©tĂ© attaquĂ© dans le dĂ©troit d’Ormuz

Il y a un mois, le CMA CGM Kribi franchissait le dĂ©troit d’Ormuz sans une Ă©gratignure, au moment prĂ©cis oĂą la France bloquait Ă  l’ONU une rĂ©solution autorisant l’usage de la force pour rouvrir le passage. La coĂŻncidence avait fait couler beaucoup d’encre. L’Iran rĂ©compensait ceux qui ne cherchaient pas Ă  le contraindre. La France, en retour, rĂ©coltait le fruit de sa neutralitĂ© complaisante.

Ce calcul vient de voler en éclats.

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La compagnie maritime française CMA CGM a confirmĂ© que l’un de ses porte-conteneurs, le San Antonio, a Ă©tĂ© touchĂ© lors d’une attaque dans le dĂ©troit d’Ormuz. Selon des responsables amĂ©ricains citĂ©s par CBS, le navire aurait Ă©tĂ© atteint par un missile de croisière. Plusieurs membres d’Ă©quipage ont Ă©tĂ© blessĂ©s dans la frappe.

La fin du traitement de faveur

Comme d’autres navires opĂ©rant dans le dĂ©troit ces derniers jours, le CMA CGM San Antonio a coupĂ© son transpondeur AIS pour des raisons de sĂ©curitĂ©. Sa dernière position connue Ă©tait au large de DubaĂŻ.

L’attaque s’inscrit dans une sĂ©quence d’une densitĂ© rare. Le Project Freedom amĂ©ricain — le corridor de sĂ©curitĂ© maritime destinĂ© Ă  escorter les navires commerciaux piĂ©gĂ©s dans le Golfe Persique — venait Ă  peine d’ĂŞtre lancĂ© depuis deux jours lorsque plusieurs navires, participants ou non au dispositif, ont Ă©tĂ© pris pour cibles par l’Iran. C’est prĂ©cisĂ©ment cette attaque contre le San Antonio qui a prĂ©cipitĂ© l’annonce par Trump de la suspension temporaire du Project Freedom, quelques heures après que le Pentagone l’avait encore qualifiĂ© de « cadeau fait au monde ».

La géométrie française se complique

Le timing est brutal pour Paris. La France avait choisi une ligne de crĂŞte dĂ©licate depuis le dĂ©but de la crise : opposĂ©e Ă  l’usage de la force militaire pour rouvrir Ormuz, plaidant pour la diplomatie, et bĂ©nĂ©ficiant — objectivement — d’un traitement de faveur iranien qui permettait Ă  ses navires de circuler lĂ  oĂą les autres Ă©taient bloquĂ©s ou frappĂ©s.

La coĂŻncidence avait Ă©tĂ© jugĂ©e trop parfaite pour ĂŞtre innocente : le CMA CGM Kribi, appartenant au troisième armateur mondial, avait traversĂ© le dĂ©troit pratiquement bloquĂ© par l’Iran — sans encombre, sous la bienveillance tacite de TĂ©hĂ©ran — au moment mĂŞme oĂą la France bloquait Ă  New York une rĂ©solution du Conseil de sĂ©curitĂ© autorisant l’usage de la force pour rouvrir le dĂ©troit.

Aujourd’hui, un navire du mĂŞme armateur est touchĂ© par un missile iranien. Soit l’Iran a dĂ©cidĂ© de mettre fin au traitement prĂ©fĂ©rentiel accordĂ© aux Français — peut-ĂŞtre parce que la suspension du Project Freedom ouvre une nouvelle fenĂŞtre diplomatique oĂą TĂ©hĂ©ran n’a plus besoin d’acheter la neutralitĂ© de Paris. Soit le San Antonio a simplement Ă©tĂ© pris dans une frappe non ciblĂ©e. Dans les deux cas, la position française dans cette crise devient plus difficile Ă  tenir.

Macron, qui avait jusqu’ici rĂ©ussi Ă  maintenir la France Ă  l’Ă©cart des coups, vient d’en recevoir un directement dans la cale.


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