Le commentateur politique du New York Times, Thomas Friedman, a assurĂ© aux dĂ©mocrates amĂ©ricains et Ă l’opposition israĂ©lienne que le prĂ©sident Biden n’avait pas « choyĂ© » Netanyahu lors de sa rĂ©union Ă New York, mais a proposĂ© au Premier ministre israĂ©lien « le choix le plus difficile de toute sa vie ». » « – brisez votre coalition et crĂ©ez un gouvernement « normal » ou perdez l’opportunitĂ© unique de normalisation avec le monde arabe.
Un vĂ©tĂ©ran bien informĂ© du journalisme amĂ©ricain, disposant de sources fiables Ă la Maison Blanche, écrit que Biden « a travaillĂ© comme un magicien » – « il a serrĂ© Netanyahu dans ses bras avec sa main droite et a mis un morceau de papier avec ses devoirs dans sa poche avec sa gauche ». Selon Friedman, il s’agissait d’un « cours de maĂ®tre pour prĂ©senter une dĂ©cision fatidique au dirigeant israĂ©lien ».
Friedman a formulĂ© les termes de ses « devoirs » avant la rencontre du 19 septembre entre Biden et Netanyahu. Il a Ă©crit que le prĂ©sident devrait utiliser les nĂ©gociations avec l’Arabie saoudite comme moyen de pression sur le Premier ministre israĂ©lien – et après la rĂ©union, il s’est dit convaincu que c’Ă©tait exactement ce qui s’Ă©tait passĂ©.
Les « devoirs » sont énoncés par le journaliste comme suit :
« Bibi, vous voulez que cet accord normalise les relations entre IsraĂ«l et l’Arabie saoudite. Je veux aussi ça. Mais pour obtenir cet accord, je devrai faire quelque chose de très difficile : signer un accord de dĂ©fense mutuelle avec l’Arabie saoudite et peut-ĂŞtre accepter une version quelconque d’un programme nuclĂ©aire civil sous contrĂ´le strict. Le dirigeant saoudien, le prince hĂ©ritier Mohammed ben Salmane, devra Ă©galement faire quelque chose de vraiment difficile : normaliser les relations entre la patrie des principaux sanctuaires de l’Islam et l’État juif. Et maintenant, tu dois vous devez aussi faire quelque chose de vraiment difficile.
Vous devrez accepter des conditions de normalisation avec l’Arabie Saoudite, qui vous obligeront Ă freiner l’expansion des « colonies juives en Cisjordanie », Ă amĂ©liorer les conditions de vie et la libertĂ© de mouvement des Palestiniens, Ă donner davantage de zones peuplĂ©es sous contrĂ´le palestinien conformĂ©ment Ă l’accord d’Oslo et accepter gĂ©nĂ©ralement des actions qui prĂ©servent la possibilitĂ© d’une solution Ă deux États, mĂŞme si vos accords de coalition parlent d’annexion.
Les mĂ©dias israĂ©liens ont rapportĂ© ces derniers jours que les nĂ©gociations avec l’Arabie saoudite Ă©taient limitĂ©es dans le temps et avaient un « dĂ©lai » – quelques mois seulement sont accordĂ©s pour conclure un accord. Friedman Ă©crit que Biden a donnĂ© Ă Netanyahu un dĂ©lai de « plusieurs semaines » pour accomplir la « tâche » : briser de ses propres mains la « coalition folle mise en place pour le sauver de la prison » et la remplacer par une coalition d’unitĂ© nationale. Ou « faire exploser les chances d’un accord avec l’Arabie Saoudite », que Netanyahu a dĂ©jĂ annoncĂ© depuis la tribune de l’ONU comme Ă©tant presque rĂ©alisĂ©.
Le chroniqueur de Maariv, Ben Caspit, a fait Ă©tat dans sa chronique de samedi de la pression que la Maison Blanche exerce sur le leader du « camp du statut » Benny Gantz – c’est lui, selon les AmĂ©ricains, qui remplacera les partis de Smotrich et Ben- Gvir dans la coalition « unitĂ© nationale » . Caspit souligne que pour Gantz, accepter de rejoindre le gouvernement de Netanyahu sera un « deuxième suicide » (il sera, comme en 2020, maudit par ses propres Ă©lecteurs), et il sera extrĂŞmement difficile pour l’homme politique de franchir Ă nouveau un tel pas, Ă©tant dĂ©jĂ convaincu de l’incapacitĂ© totale de Bibi Ă nĂ©gocier. La possibilitĂ© d’un « suicide » politique de Netanyahu au nom des intĂ©rĂŞts nationaux n’est mĂŞme pas Ă©voquĂ©e par quiconque comme un scĂ©nario manifestement fĂ©erique.





