L’armĂ©e israĂ©lienne (Tsahal) est retournĂ©e cette nuit Ă Rafah, bien que tout au long de la guerre, les forces aient dĂ©jĂ opĂ©rĂ© de manière significative dans cette ville du sud de la bande de Gaza, obtenant des rĂ©sultats importants. Pourquoi cette opĂ©ration est-elle relancĂ©e prĂ©cisĂ©ment Ă cet endroit ? Et comment les services de sĂ©curitĂ© Ă©valuent-ils les actions de Mohammed Sinwar ?
L’armĂ©e israĂ©lienne intensifie ses frappes sur Rafah
Les forces de Tsahal ont attaquĂ© cette nuit (mercredi) par des tirs d’artillerie et des frappes aĂ©riennes dans le sud de la bande de Gaza, en mettant particulièrement l’accent sur la ville de Rafah. Les cibles Ă©taient des infrastructures et des membres du Hamas ainsi que d’autres organisations terroristes. Dans le mĂŞme temps, le Commandement sud de l’armĂ©e israĂ©lienne a dĂ©ployĂ© d’importantes forces d’infanterie et de blindĂ©s dans la rĂ©gion de Rafah et de Khan Younès afin d’exercer une pression supplĂ©mentaire sur le Hamas.
Selon des rapports en provenance de Gaza, au moins dix personnes ont été tuées lors des frappes, et les forces israéliennes ont pris le contrôle de plusieurs points stratégiques dans la région.
Pourquoi une offensive sur Rafah ?
Depuis le dĂ©but de la guerre, les forces israĂ©liennes ont menĂ© des opĂ©rations au cĹ“ur de la ville, dĂ©mantelant des rĂ©seaux souterrains, y compris ceux reliant le territoire Ă©gyptien via le corridor de Philadelphie. Rafah s’est retrouvĂ©e presque entièrement dĂ©pourvue de leadership et avec une infrastructure terroriste largement dĂ©mantelĂ©e après des dĂ©cennies de construction.
Malgré ces succès, Tsahal a choisi de relancer son action à Rafah pour deux raisons principales :
- Le contrôle du poste-frontière de Rafah
L’armĂ©e israĂ©lienne renforce sa prĂ©sence pour empĂŞcher le Hamas de reprendre le contrĂ´le du passage de Rafah ou d’y accĂ©der pour transporter les marchandises et les stocks accumulĂ©s ces derniers mois, notamment de la nourriture, du carburant (dont 50 % des rĂ©serves restantes) et du gaz, qui est presque totalement Ă©puisĂ©. La direction du Hamas comprend que pour rouvrir ce passage ou obtenir de l’aide humanitaire via le poste-frontière de Kerem Shalom, elle devra revenir Ă la table des nĂ©gociations. - Rafah, un corridor de contrebande
La rĂ©gion de Rafah a toujours Ă©tĂ© une plaque tournante pour la contrebande de toutes sortes, y compris d’armes, de munitions et mĂŞme de combattants qui ont suivi des formations Ă l’Ă©tranger avant de revenir sous le nez des autoritĂ©s Ă©gyptiennes.
Les perspectives de Mohammed Sinwar
La grande question reste de savoir si Mohammed Sinwar, l’un des chefs du Hamas, continuera Ă combattre IsraĂ«l jusqu’au bout, Ă l’image de son frère, ou s’il finira par cĂ©der sous la pression militaire. Les services de sĂ©curitĂ© israĂ©liens estiment que Sinwar commencera bientĂ´t Ă dĂ©voiler ses intentions et Ă clarifier sa position.
Ă€ ce stade, Sinwar bĂ©nĂ©ficie encore d’un soutien dans le monde arabe, ainsi que dans certains campus universitaires aux États-Unis et en Europe. Un responsable de la sĂ©curitĂ© israĂ©lienne a dĂ©clarĂ© que « l’opinion publique en Europe et aux États-Unis est plus importante pour la direction du Hamas qu’un missile lancĂ© par les Houthis ».
L’Ă©volution de la situation
- Tsahal a lancé hier une opération militaire à Rafah.
- Le porte-parole de l’armĂ©e israĂ©lienne en arabe a ordonnĂ© aux habitants du sud de Gaza d’évacuer vers la zone humanitaire d’Al-Mawasi.
- Le ministre Katz a appelĂ© les Gazaouis Ă renverser le Hamas et Ă libĂ©rer les otages, affirmant que c’Ă©tait « la seule manière de mettre fin Ă la guerre ».
- Tsahal déploie des chars à la frontière et prépare une manœuvre militaire plus large.
Alors que les tensions augmentent, l’avenir de la bande de Gaza et du Hamas reste incertain. La réaction de la population locale face aux opérations israéliennes et à la gouvernance du Hamas pourrait être un élément clé dans l’évolution du conflit.





