Pourquoi Google pense-t-il que les Israéliens sont des citoyens de seconde zone ?

Un matin, vous vous levez et dĂ©couvrez que votre nom sur Internet est liĂ© Ă  des accusations criminelles. En effet, il se trouve que chaque citoyen israĂ©lien peut se rĂ©veiller un matin et se retrouver, ou plutĂ´t trouver son nom liĂ© Ă  des informations d’une autre personne avec le mĂŞme nom que le votre avec un passĂ© pas très noble sur le moteur de recherche Google.

En ce qui concerne le nom d’une personne sur Internet, il semble que Google n’ait pas encore intériorisé le besoin d’égalité entre les citoyens de différents pays, tout en niant les droits des utilisateurs d’Israël contrairement à ceux d’Europe, ce qui semble constituer une politique internationale déraison-nable.

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Entre-temps, au siège de Google IsraĂ«l, le droit d’effacer des informations pouvant vous causer du tord n’est pas adoptĂ© comme c’est le cas pour tous les citoyens europĂ©ens. Ainsi, contrairement Ă  l’Europe, oĂą chaque citoyen a le droit de lancer un appel rapide et numĂ©rique Ă  Google et lui demander de supprimer des informations sur le moteur de recherche des informations non pertinentes, et bien pour Google IsraĂ«l 2018, ce n’est pas le cas !

Pour chaque citoyen europĂ©en qui le souhaite, Google peut Ă©galement le contacter en ligne et demander la suppression des informations relatives Ă  son nom si ces informations ne sont plus pertinentes. Ce droit pour toute personne respectĂ©e par Google en Europe est empĂŞchĂ© pour les citoyens d’IsraĂ«l et d’autres pays, de manière discriminatoire.

Il y a une absurditĂ© et une lĂ©gislation sĂ©vère concernant le dĂ©lai de prescription pour les crimes et le manque d’informations sur les crimes commis par les autoritĂ©s locales, par opposition Ă  l’absence d’ obsolescence dans les crimes sur Internet et au dĂ©ni du droit Ă  ĂŞtre oubliĂ© par les citoyens israĂ©liens.

Dans un certain nombre de cas en IsraĂ«l, des rĂ©sultats absurdes ont Ă©tĂ© publiĂ©s, selon lesquels de nombreux citoyens israĂ©liens, souvent des avocats ou d’autres professionnels, sont confrontĂ©s Ă  des rĂ©sultats de recherche problĂ©matiques en tapant leurs noms sur Google, dans une impasse et dans une situation dĂ©formĂ©e par rapport Ă  leur vie de tous les jours.

L’avocat Ami Savir, par exemple, a reprĂ©sentĂ© le barreau israĂ©lien dans une procĂ©dure disciplinaire contre un avocat, Yoram Leonello Arbiv. Ce dernier a Ă©tĂ© condamnĂ© dans cinq affaires diffĂ©rentes par le tribunal disciplinaire du barreau du district de Tel-Aviv, et le verdict a Ă©tĂ© publiĂ© sur COURT.ORG.IL.

Un procès intentĂ© par l’avocat Ami Savir, entre autres, contre Google, montre qu’une recherche dans le moteur de recherche Google des mots « Ami Savir » ou « Ami Savir Advocate » fait apparaĂ®tre le titre sur la page de rĂ©sultats de recherche : « Il s’agit d’un avocat qui a Ă©tĂ© condamnĂ© dans cinq affaires diffĂ©rentes. Lorsque le contenu de la publication est trompeur et qu’il en ressort, pour ainsi dire, que bien qu’il ne reprĂ©sente que le cas et l’autre partie, il apparaĂ®t toujours dans les rĂ©sultats de la recherche comme s’il avait Ă©tĂ© condamnĂ© dans cinq affaires diffĂ©rentes par le Tribunal disciplinaire de l’Association du barreau israĂ©lien tout comme  sa rĂ©putation d’avocat.

Si cet avocat  Ă©tait un citoyen europĂ©en,  Google corrigerait le rĂ©sultat de la recherche ou l’Ă©liminerait entièrement en fonction des critères de recherche en question, tels que le droit de Google d’ĂŞtre oubliĂ© en Europe, mais pas en IsraĂ«l.

Comme indiqué, en Israël, Google a refusé de retirer les résultats contre l’avocat Savir, même après une audience.

Un autre avocat qui s’est retrouvĂ© dans une bataille longue et coĂ»teuse contre les principaux sites d’informations et contre Google est l’avocat Jonathan Miller, dont le seul pĂ©chĂ© est qu’une autre personne, beaucoup plus âgĂ©e que lui et qui n’est plus un avocat, porte son nom.

En 2005, un avocat du même nom que Jonathan Miller a été reconnu coupable de sept chefs de vol par un détenteur de licence, condamné à une peine de prison et à une amende. Son inscription au barreau israélien a été refusée dans la couverture de The Marker.

En 2014 ou peu de temps après, il a dĂ©couvert que parmi les premiers liens obtenus lors de la recherche de la phrase « Jonathan Miller » sur Google, il y avait des liens vers des articles publiĂ©s sur les sites Web des plus puissants sites d’informations en IsraĂ«l, dĂ©crivant les poursuites engagĂ©es contre l’avocat reconnu coupable. La lĂ©gende sur ces liens, qui est en rĂ©alitĂ© une expression des titres des articles tels qu’ils apparaissent sur les sites de nouvelles, se lit comme suit : « 46 mois de prison pour l’avocat Yonatan Miller qui a volĂ© 2 millions de NIS de mon argent… » (« La prolongation de la dĂ©tention de l’avocat Yonatan Miller, extradĂ© vers IsraĂ«l par les         autoritĂ©s… »)

L’avocat Miller a Ă©crit par courrier Ă©lectronique pour demander Ă  supprimer les articles des sites et de Google, car le fait de lier son nom Ă  des actes criminels porte atteinte Ă  sa rĂ©putation et Ă  son gagne-pain. Lorsque les sites d’informations ont rĂ©pondu que « pour des raisons de principe et en raison de l’importance de l’intĂ©gritĂ© de l’archive », Haaretz et YNET n’ont pas l’intention de supprimer les articles.

Google a Ă©galement refusĂ© la demande et refusĂ© d’aider.

Toutefois, les trois sites d’informations ont suggĂ©rĂ© que l’avocat Miller ajoute un commentaire dans le corps de l’article, ce qui indiquerait clairement aux lecteurs que la publication ne lui Ă©tait pas destinĂ©e.

En IsraĂ«l 2018, Google est toujours discriminatoire et ne donne pas aux citoyens israĂ©liens le droit de choisir de protĂ©ger leur vie privĂ©e, comme on pourrait s’y attendre de Google – comme peut-ĂŞtre les citoyens europĂ©ens.

Texte (partie de texte) de l’avocat Noam Koris, LL.B. de l’UniversitĂ© Bar-Ilan, du cabinet d’avocats Noam Koris & Co. exerce le droit depuis 2004.