Prince saoudien : « Il faut aussi faire payer Ă  IsraĂ«l la reconstruction de Gaza, c’est lui qui l’a dĂ©truit »

Le prince saoudien Turki al-Faisal a dĂ©clarĂ© ce week-end qu' »il n’y aura pas de normalisation entre l’Arabie saoudite et IsraĂ«l tant qu’un État palestinien indĂ©pendant ne sera pas Ă©tabli ». Le prince, ancien chef des renseignements du royaume, a tenu ces propos lors d’une confĂ©rence de l’institut « Chatham House » en Grande-Bretagne.

Plus tard, dans une interview accordée à la chaîne britannique Channel 4, Al-Faisal a déclaré que la reconstruction de la bande de Gaza devrait être sous la responsabilité du monde, financée par les Nations Unies. Il a ajouté : « Nous devons également forcer les Israéliens à payer une partie de la reconstruction de Gaza, car ce sont eux qui ont détruit ses infrastructures ».

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Normalisation ? Seulement lorsqu’un État palestinien sera créé

Au cours de la confĂ©rence, le prince a soulignĂ© que « les États-Unis souhaitent reprendre les nĂ©gociations entre IsraĂ«l et l’Arabie saoudite afin de renforcer la sĂ©curitĂ© rĂ©gionale et de crĂ©er des liens Ă©conomiques, mais la position de Riyad est que s’il existe un État palestinien qu’IsraĂ«l accepte de crĂ©er, – ( seulement) alors nous pourrons parler de normalisation. »

Al-Faisal a ajoutĂ© : « Avant le 7 octobre… les pourparlers n’ont pas progressĂ© dans cette direction, mais le royaume a invitĂ© une dĂ©lĂ©gation palestinienne Ă  venir discuter directement avec les AmĂ©ricains de ce qui pourrait conduire Ă  un Etat palestinien. »

Il a admis : « Je ne connais pas le contenu de ces pourparlers, donc je ne sais pas ce qui s’est passĂ© entre les Palestiniens et les AmĂ©ricains, mais la position du Royaume a toujours Ă©tĂ© que nous ne parlons pas au nom des Palestiniens. Ils doivent le faire eux-mĂŞmes. Malheureusement, (l’attentat du) 7 octobre a mis fin Ă  ces pourparlers ».

« Un Etat palestinien est la condition première de l’Arabie saoudite pour une normalisation avec IsraĂ«l, mais… du cĂ´tĂ© israĂ©lien, l’ensemble du gouvernement dit qu’il n’y a pas d’Etat palestinien », a dĂ©clarĂ© Al-Faisal. Il a dĂ©clarĂ© que pour lui, un tel État devrait ĂŞtre Ă©tabli Ă  l’intĂ©rieur des frontières de 1967, y compris JĂ©rusalem-Est.

« Cela ne sert à rien de construire Gaza sans un Etat palestinien »

Dans ce contexte, le prince saoudien a critiquĂ© les États-Unis et d’autres pays occidentaux pour ne pas avoir exercĂ© suffisamment de pression sur IsraĂ«l pour mettre fin Ă  la guerre Ă  Gaza : « J’aimerais voir la Grande-Bretagne faire plus, je pense qu’elle aurait dĂ» reconnaĂ®tre un État palestinien depuis longtemps. il y a. » Il a exprimĂ© son espoir parce que le gouvernement britannique actuel le fera.

Le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Abdullah bin Zayed, E.P.
Le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Abdullah bin Zayed, photo : AP

Les propos d’Al-Faisal coĂŻncident avec les propos du ministre Ă©mirati des Affaires Ă©trangères selon lequel son pays ne soutiendrait pas le plan d’après-guerre sans l’existence d’un État palestinien. Anwar Gargash, conseiller du prĂ©sident des Émirats arabes unis, a dĂ©clarĂ© Ă  ce sujet : « La dĂ©claration du (ministre des Affaires Ă©trangères) Abdallah ben Zayed selon laquelle les Émirats arabes unis ne sont pas prĂŞts Ă  soutenir (le plan) aujourd’hui après la guerre Ă  Gaza, sans l’existence d’un État palestinien reflète notre ferme position de soutien aux frères palestiniens et notre position selon laquelle il n’y aura pas de stabilitĂ© dans la rĂ©gion sans une solution Ă  deux États. Les Émirats arabes unis continueront de se tenir aux cĂ´tĂ©s du peuple palestinien et de leur soutien. leur droit Ă  l’autodĂ©termination.

Saif A-Dari, rĂ©dacteur en chef d’un journal Ă©mirati, a dĂ©clarĂ© dans ce contexte : « Il ne sert Ă  rien de construire Gaza sans construire un État palestinien. Ce qui s’est passĂ© maintenant se rĂ©pĂ©tera après la reconstruction, comme les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. La communautĂ© internationale devrait faire pression sur les États-Unis et IsraĂ«l doit reconnaĂ®tre un futur État palestinien et sa pleine souveraineté ».