Quatre personnes, trois soldats de Tsahal et un civil inculpĂ©s pour avoir livrĂ© des secrets militaires Ă  l’Iran

Quatre personnes — trois soldats de Tsahal et un civil — doivent ĂŞtre inculpĂ©es ce vendredi par le parquet du district de HaĂŻfa pour espionnage au profit de l’Iran. L’annonce a Ă©tĂ© faite conjointement par Tsahal, le Shin Bet et la police israĂ©lienne, dans une affaire qui illustre de façon saisissante l’ampleur et la sophistication de la pĂ©nĂ©tration iranienne au sein de la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne.

Le dĂ©tail le plus troublant de ce dossier tient Ă  la chronologie du recrutement. Selon les autoritĂ©s, les trois militaires Ă©taient dĂ©jĂ  en contact avec leur recruteur iranien avant leur enrĂ´lement dans l’armĂ©e — c’est-Ă -dire alors qu’ils Ă©taient encore mineurs. Ils ne sont donc pas devenus espions après avoir accĂ©dĂ© Ă  des informations sensibles : ils ont Ă©tĂ© recrutĂ©s Ă  l’avance, puis orientĂ©s vers une Ă©cole technique de l’armĂ©e de l’air israĂ©lienne, oĂą ils ont pu accĂ©der Ă  des donnĂ©es et Ă  des installations de valeur stratĂ©gique.

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Ce qu’ils ont transmis

Une fois en service, les suspects auraient photographiĂ© des installations militaires Ă  la demande de leur agent traitant iranien. Les autoritĂ©s prĂ©cisent Ă©galement qu’ils ont documentĂ© des lieux publics — gares, centres commerciaux, camĂ©ras de surveillance — fournissant ainsi Ă  TĂ©hĂ©ran une cartographie de cibles civiles potentielles. Selon les Ă©lĂ©ments de l’enquĂŞte, les suspects auraient Ă©galement Ă©tĂ© sollicitĂ©s pour acheter des armes, sans que les autoritĂ©s prĂ©cisent si cette demande a Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©e.

Ce mode opĂ©ratoire est rĂ©vĂ©lateur d’une doctrine iranienne bien documentĂ©e par le Shin Bet : cibler des profils vulnĂ©rables ou influençables avant leur service militaire, cultiver la relation sur le long terme, puis exploiter l’accès que confère l’uniforme. En recrutant des mineurs, les services iraniens s’assurent une loyautĂ© construite sur la durĂ©e, difficile Ă  dĂ©tecter par les contrĂ´les de sĂ©curitĂ© standards au moment de l’enrĂ´lement — puisque le recrutement est antĂ©rieur Ă  tout accès Ă  des informations classifiĂ©es.

Une multiplication des tentatives

Cette affaire s’inscrit dans un contexte d’intensification dramatique des opĂ©rations clandestines iraniennes contre IsraĂ«l depuis le dĂ©but de la guerre rĂ©gionale. Depuis plusieurs mois, les services de renseignement israĂ©liens signalent une multiplication des tentatives de recrutement d’IsraĂ©liens via les rĂ©seaux sociaux, les applications de messagerie chiffrĂ©e, ou Ă  travers des intermĂ©diaires positionnĂ©s dans des pays tiers. Les profils ciblĂ©s sont souvent jeunes, financièrement fragiles, ou socialement isolĂ©s — des caractĂ©ristiques qui facilitent la manipulation et rĂ©duisent le risque de signalement.

Les services israĂ©liens ont dĂ©jouĂ© au cours des dernières annĂ©es de nombreux rĂ©seaux : couples binationaux recrutĂ©s depuis l’AzerbaĂŻdjan, femmes israĂ©liennes approchĂ©es via de faux profils Facebook, citoyens de diverses villes contactĂ©s via Telegram. L’Iran y multiplie les vecteurs, les profils et les approches, dans une stratĂ©gie de saturation qui accepte un taux d’Ă©chec Ă©levĂ© pourvu que quelques recrutements aboutissent.

Le fait que des soldats servant dans une Ă©cole technique de l’armĂ©e de l’air — c’est-Ă -dire dans un environnement particulièrement sensible sur le plan des renseignements — aient pu ĂŞtre recrutĂ©s avant mĂŞme leur incorporation soulève des questions sĂ©rieuses sur les procĂ©dures de vĂ©rification des antĂ©cĂ©dents et des contacts Ă©trangers lors du processus de sĂ©lection militaire.

Les quatre suspects seront formellement inculpĂ©s ce vendredi Ă  HaĂŻfa. La nature prĂ©cise des informations transmises Ă  TĂ©hĂ©ran reste pour l’heure couverte par le secret de l’instruction.


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