» Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ! » –

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Chiens PrĂ©ambule : ClouĂ© au lit par une mĂ©chante grippe, j’ai dĂ©cidĂ© aujourd’hui de cĂ©der la place Ă  mon chien, surnommĂ© Piet Bull. A la lecture de son rĂ©cit, entièrement dĂ» Ă  sa patte, j’ai d’ailleurs retrouvĂ© – Allez donc savoir pourquoi ! – un petit air de « dĂ©jĂ -vu ». Je me demande mĂŞme si – par quelque facĂ©tie dont il est coutumier – son histoire ne cache pas une discrète mĂ©taphore !?

Yéh’ezkel Ben Avraham

 Ce matin, dans mon quartier, un enfant s’est fait mordre, on ne sait pas vraiment par quel molosse ! Le bambin, trop choquĂ© pour dĂ©crire le coupable, a simplement dit que « C’Ă©tait un gros chien ! » et, directement, la rumeur m’accuse… moi, « Ce Piet Bull, ce pelĂ©, ce galeux, dont l’engeance a envahi le monde entier ! » Je ne comprends pas : d’abord, mon poil est abondant (Certains affirment mĂŞme que j’en ai « aux pattes » !), ma peau est parfaitement saine (Bien que, je l’avoue, au fil du temps, je l’ai acquise « assez dure » !), quant Ă  ce que ma fratrie se soit vue dispersĂ©e sur toute la planète, cela n’est pas de notre fait… Et, comme je n’ai agressĂ© personne, pourquoi donc me secouer les puces ? Mais les on-dit augmentent. Les uns demandent Ă  celui qui me loge de me mettre une muselière permanente, les autres exigent de lui qu’il m’attache Ă  une grosse chaĂ®ne, d’autres encore signent des pĂ©titions pour m’Ă©loigner du voisinage. Pire ! Certains parlent de mettre le feu Ă  ma niche ou encore de m’empoisonner. Mon hĂ´te humain, qui n’aime pas les ennuis, se demande dĂ©jĂ  s’il ne vaudrait pas mieux m’expulser au profit d’un pĂ©kinois, plus apte que moi Ă  courber l’Ă©chine face Ă  de fausses accusations. Que me vaut cette haine gratuite ? Je fouille ma conscience et n’y trouve nulle tache.

 

Mais, du fond de ma mĂ©moire, une petite lueur explicative se manifeste brusquement : il paraĂ®t que, depuis des temps immĂ©moriaux, la cruautĂ© injustifiĂ©e de (presque) tous s’exerce contre notre race. Si l’un d’entre nous partage ses os avec son entourage : « C’est un arrogant » ; s’il les garde pour lui seul : « Il est cupide » ! Maigre et affamĂ©, il devient « parasite » ; gras et bien portant, il se mĂ©tamorphose en « profiteur » ! ForcĂ© de se dĂ©fendre, il sera « agresseur », se laissant dĂ©chiqueter, on pleurera (façon crocodile) « un lâche » ; « ami des plus fidèles », on lui prĂŞtera faussement « complots et trahisons » !  Peut-ĂŞtre, en ce monde oĂą règnent en maĂ®tres les Sept PĂ©chĂ©s capitaux (Orgueil, Colère, Envie, Luxure, Paresse, Avarice, Gourmandise), leurs suppĂ´ts reprochent-t-ils aux pitt-bull d’avoir contrariĂ© l’hĂ©gĂ©monie dĂ©moniaque en proposant Ă  l’humanitĂ© cette simple antithèse : « Aime ton proche chien comme toi-mĂŞme (le reste n’est que commentaires) » ? Ou alors, l’attachement inĂ©branlable de nos gĂ©nĂ©rations Ă  la terre promise Ă  nos ancĂŞtres, endroit oĂą « coule le lait et le miel », constitue-t-il un obstacle Ă  la soif de pouvoir absolu dont certaines hardes se sont faites une religion ? Je ne sais trop mais il faut constater que – actuellement encore – deux meutes, des plus enragĂ©es, nous disputent particulièrement tant notre legs spirituel que notre hĂ©ritage foncier. Mieux ! Pour asseoir leurs droits imaginaires sur ceux-ci, les uns se rĂ©fèrent Ă  l’enseignement mystique d’un lointain pitt-bull lĂ©gendaire, dont ils ont fait leur dieu et qui aurait laissĂ© un « nouveau testament » (rĂ©digĂ© en leur faveur, cela va de soi !) ; quant aux autres, ils basent leur lĂ©gitimitĂ© fictive sur une soi-disant « captation de patrimoine »… « manĹ“uvre frauduleuse » dont ils se seraient aperçus quelque 2.600 ans plus tard ! Si beaucoup de belles histoires commencent par « Il Ă©tait une fois… », l’Histoire – dans ces cas prĂ©cis – a dĂ©montrĂ© que certains bigots (Dans les groupes citĂ©s, tous ne le sont pas, heureusement !) peuvent, dans leur vampirisme fanatisĂ©, s’y insĂ©rer Ă  la place du monstre.

 

Ainsi, pour les premiers, tout a commencĂ© il y a deux millĂ©naires quand leur dĂ©veloppement doctrinal Ă©tait encore Ă  l’Ă©tat larvaire. A cette Ă©poque, l’un de leurs mâles dominants dĂ©cide de chasser mes aĂŻeux de leur sol et de les disperser aux quatre vents. Peu après, ses successeurs (Dont les pères Ă©taient seuls coupables d’avoir plantĂ© quelques clous dans un triptyque – panneau oĂą les gĂ©nĂ©rations suivantes sont tombĂ©es peu après – dont l’icĂ´ne principale se situait entre un vieillard Ă  longue barbe et une blanche colombe !) apposent alors Ă  ma race, pour cacher au « bon peuple » les vrais responsables de ce geste infâme, le sceau de « dĂ©icide » et inventent une « malĂ©diction divine » voulant que nous soyons « errants » jusqu’Ă  la fin des temps. Leurs territoires s’Ă©tendent, les persĂ©cutions contre “Le pitt-bull” aussi !

 

Quelques siècles plus tard, sortis du dĂ©sert, une bande de chiens fous – tenant plus du cyon (canidĂ© asiatique chassant par troupe et installant des relais pour attendre le gibier au passage) que du toutou bien Ă©levĂ© – s’attachent Ă  un gourou se prĂ©tendant seul, et dernier dĂ©positaire de la divine sapience. Mes ancĂŞtres, qu’il croise au hasard de ses razzias, se voient proposer de se rallier Ă  lui, de le reconnaĂ®tre pour maĂ®tre spirituel, mais – face Ă  leur refus – il en prend ombrage et les voue aux feux de l’enfer !

 

Vaille que vaille, nous avons traversĂ© les ans, chiens battus dans un endroit, reprenant du poil de la bĂŞte dans l’autre, puis inversant les rĂ´les… mais partout montrĂ©s du doigt ! Vous dirais-je combien ont Ă©tĂ© chassĂ©s de leur niche natale, combien furent Ă©gorgĂ©s comme des moutons, combien ont fini dans les flammes ? Mais que vous importe le passĂ© de mes pères ? Ils sont morts… et alors !? Les vĂ´tres aussi sont dĂ©cĂ©dĂ©s, on ne les fera pas revivre et selon certains de vous: « Les pitt-bull l’avaient bien un peu cherché ! »

 

Et voilĂ , il n’y a pas si longtemps, que des chiens de berger se sont mĂ©tamorphosĂ©s en carnassiers immondes. Sous l’impulsion de leur chef de meute – un certain Adolf – qui ne rĂŞvait que de « puretĂ© de la race », ils se sont donnĂ©s pour tâche d’Ă©liminer tous les canidĂ©s n’Ă©tant pas « bergers allemands avec pedigrĂ©e ». Commençant par les Ă©clopĂ©s, les « asociaux » et les rebelles de leur propre sang, ils se sont ensuite attaquĂ©s Ă  ce qu’ils nommaient mon « engeance ». Six millions de mes frères canins ont Ă©tĂ© massacrĂ©s dans l’indiffĂ©rence – voire la complicitĂ© – de la majoritĂ© des bergers belges, français et autres cabots du continent, qui n’ont bougĂ© – par nĂ©cessitĂ© propre – que lorsque leur territoire a Ă©tĂ© envahi.

 

Après l’assassinat d’un tiers des pitt-bull du monde – Ce « dĂ©tail de l’Histoire », ainsi que le dĂ©crivait un corniaud français Ă  qui (Allez savoir pourquoi !) je rĂ©serve un chien de ma chienne – suivie de l’Ă©limination thĂ©orique des chiens mĂ©chants, nous avons cru Ă©chapper enfin Ă  la vindicte publique. Les remords semblaient sincères, la plupart des roquets affirmaient se piquer dĂ©sormais d’Ă©thique (Etrange situation car, dans l’ordre des choses, c’est gĂ©nĂ©ralement les tiques qui piquent les roquets !) et il fut mĂŞme permis, Ă  ceux de nous qui le souhaitaient, de rĂ©cupĂ©rer la terre volĂ©e il y a presque deux mille ans Ă  nos aĂŻeux et de la diriger. Certes ! « Chien hargneux a toujours l’oreille dĂ©chirĂ©e », c’est pourquoi les sortes de dingos, qui s’y Ă©taient installĂ©s pour n’en faire qu’un dĂ©sert, ne l’entendirent pas de celle-ci et il nous fallu lutter mais – Chose nouvelle ! – les « chiens policĂ©s » nous concĂ©daient le droit de nous dĂ©fendre. Après vingt ans et maintes batailles, malgrĂ© notre infĂ©rioritĂ© numĂ©rique, nous avons assurĂ© Ă  notre territoire des frontières sĂ»res et dĂ©fendables.

 

Panique chez les hourets* planĂ©taires qui, hypocrites en diable, ne nous avaient regroupĂ©s que pour mieux faire sonner l’hallali… Il n’Ă©tait pas prĂ©vu que l’on gagne ! Aux jappements plaintifs des descendants de cyons** rĂ©pondent alors les grognements, les glapissements et les clabaudements Ă©mis dans de nombreux chenils mondiaux : « Quoi ? Ces pitt-bull, ces pelĂ©s, ces galeux, dont l’engeance a envahi le monde entier, prĂ©tendent vouloir vivre et – qui plus est – ĂŞtre libres dans un enclos aride qu’ils ont fait refleurir ! » « Y-a pas l’ombre d’un doute, il faut voler Ă  l’aide des pas-lestes-p’tits-chiens dont la seule faute est de ne pas avoir pu Ă©liminer les pitt-bull ! » rĂ©flĂ©chit alors un toutou sud-africain, nommĂ© Desmond, qui rappelle alors une vieille tactique, mise par Tacite dans la bouche de Galgalus, dĂ©crivant les stratĂ©gies mĂ©diatiques d’antan: « Ubi solitudinem faciunt, pacem appellant ! » (« OĂą ils font un dĂ©sert, ils disent qu’ils ont donnĂ© la paix ! »)… et, depuis, camouflĂ©s sous les plumes de colombes qu’ils Ă©gorgent rĂ©gulièrement, tous les chiens couchants de la haine font Ă  nouveau le lit (Et mĂŞme « l’halal-lit » !) de l’extinction des pitt-bull.

 

Pourtant rassurez-vous ! Les roquets peuvent aboyer sur les retardataires, mais le gros de la caravane est passĂ© et s’est sĂ©dentarisĂ© dans l’oasis oĂą – Ne leur en dĂ©plaise ! – avec le lait et le miel, nous coulerons enfin des jours heureux.

 

Piet Bull

 

* Mauvais chien courant, qui n’a pas de flair et crie Ă  tort et Ă  travers.

** Il ne faut pas confondre les « descendants de cyons » (Que certains appellent aujourd’hui les « pas-lestes-p’tits-chiens » !) avec les pitt-bull, dont Sion est la terre d’origine

Par Yéh’ezkel Ben Avrahampour Alyaexpress-News

 

Au sujet de l’

« Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage  »

Tout prĂ©texte est bon quand on veut se dĂ©barrasser de quelqu’un ou de quelque chose.
On invente des torts Ă  ceux qu’on veut sanctionner ou Ă©liminer.

Cette expression date du XIIIe siècle sous la forme « qui bon chien veut tuer, la raige li met seure ».

Noyer un gentil toutou est un acte barbare. Pour s’autoriser Ă  le faire sans subir de remontrances, Ă  une Ă©poque oĂą les piqĂ»res fatales du vĂ©tĂ©rinaire n’existaient pas, l’accuser d’avoir la rage pouvait ĂŞtre une excellente excuse (mĂŞme si c’Ă©tait totalement injustifiĂ©).

Par extension, cette expression s’applique Ă  toute situation oĂą quelqu’un invente des torts, des dĂ©fauts Ă  quelqu’un ou Ă  une chose dont il veut se dĂ©barrasser.

1 COMMENTAIRE

  1. Tu joues avec les mots et les maux avec dextĂ©ritĂ© comme toujours … bravo !